Gravel Burn : 7 jours de course et une aventure hors norme en Afrique du Sud

Sept jours de course, environ 750 kilomètres, 8 500 mètres de dénivelé positif et des paysages que je n’avais encore jamais traversés à vélo. Fin octobre 2026, j’ai participé à la seconde édition du Nedbank Gravel Burn, une épreuve gravel par étapes organisée en Afrique du Sud. Une expérience sportive, mais surtout humaine, qui mérite bien plus qu’un simple compte rendu de course.

Tout a commencé en février 2026, lorsque Matériel-Vélo.com m’a proposé de rejoindre un groupe d’invités pour participer à cette nouvelle épreuve.

Je n’ai pas mis longtemps à répondre. Quelques heures, tout au plus.

Pourtant, ce genre de proposition, j’ai plutôt tendance à le refuser. Partir à l’autre bout du monde, voyager en groupe, évoluer dans un environnement inconnu, parler anglais quotidiennement… Autant de situations dans lesquelles je ne suis pas particulièrement à l’aise.

Mais cette fois, j’ai accepté.

Sans trop savoir pourquoi, j’avais le sentiment que cette opportunité ne se représenterait pas forcément. Et surtout, j’avais envie de sortir un peu de ma zone de confort.

Dix mois plus tard, me voilà en Afrique du Sud, prêt à prendre le départ de l’une des aventures sportives les plus marquantes de ma vie.

12 personnes ne se connaissant pas... Devenus 12 copains !

Voici mon retour d’expérience, sans filtre, sur cette seconde édition du Gravel Burn. De la préparation au matériel, en passant par les camps, les difficultés de la course, la vie locale et les nombreux détails qu’il est difficile d’imaginer avant de prendre le départ.

Une aventure qui a commencé bien avant le départ

Entre février et octobre, j’ai eu largement le temps de penser à cette échéance.

Au départ, elle paraît lointaine. On imagine les paysages, on regarde les premières informations sur le parcours, on réfléchit au matériel… Mais tant que la date n’approche pas, tout cela reste assez abstrait.

Et puis, mon année sportive a connu deux petits contretemps.

Une première chute en juin, suivie d’une seconde fin août. Rien qui m’empêche définitivement de rouler, heureusement, mais suffisamment pour perturber ma préparation et, surtout, entamer un peu ma confiance.

Après deux chutes en quelques semaines, difficile de ne pas se poser certaines questions. Était-ce vraiment raisonnable de partir disputer sept jours de gravel à plusieurs milliers de kilomètres de chez moi ?

Heureusement, les mois de septembre et d'octobre m'ont permis de retrouver de bonnes sensations.

Sur le plan physique, j'étais rassuré. Même si ma préparation n'avait pas été parfaite, je savais que j'avais suffisamment de fond pour enchaîner les étapes.

En revanche, il me manquait clairement du travail technique. Et j'allais rapidement comprendre à quel point ce paramètre pouvait compter.

Direction le Karoo, loin de tout

Pour rejoindre le départ, il fallait d'abord traverser une bonne partie de la planète.

Direction Johannesburg, puis Port Elizabeth, avant de poursuivre par la route jusqu'à Graaff-Reinet, une ville historique située dans la région du Karoo.

C'est ici que commence véritablement le Gravel Burn.

Le principe est assez simple : traverser pendant sept jours une partie de l'Afrique du Sud, principalement sur des pistes, en changeant régulièrement de campement, jusqu'à rejoindre la réserve privée de Shamwari.

Au programme : des pistes interminables, de longues ascensions, quelques portions techniques, de la chaleur et surtout beaucoup de poussière.

Le Gravel Burn 2026 en quelques chiffres

  • 7 jours de course, du 25 au 31 octobre 2026.
  • Environ 750 km et 8 500 m de D+.
  • Plus de 400 participants, professionnels et amateurs confondus.
  • Des étapes allant de 60 à 140 km.
  • Des hébergements en Burn Camps, installés dans des endroits particulièrement isolés.
  • Une arrivée à Shamwari, dans une réserve naturelle privée.
  • Le parcours initial a connu quelques adaptations, notamment en raison des intempéries qui ont rendu certaines pistes dangereuses. La dernière étape a d’ailleurs été neutralisée après une cinquantaine de kilomètres.

Mais une chose n'a pas changé : nous allions passer sept jours dans un environnement assez éloigné de ce que nous connaissons en Europe.

Une organisation comme je n'en avais jamais vu

C'est probablement le premier élément que je retiendrai de cette aventure.

En matière d'organisation, le Gravel Burn est tout simplement ce que j'ai vu de plus impressionnant dans le monde du vélo.

On m'a indiqué qu'il y avait davantage de personnes mobilisées dans le staff que de participants. Je n'ai pas vérifié ce chiffre, mais après sept jours sur place, il ne me paraît absolument pas irréaliste.

Il faut imaginer des lieux de vie complets, créés parfois au milieu de paysages désertiques, capables d'accueillir plusieurs centaines de cyclistes.

Des tentes individuelles, des espaces de restauration, des sanitaires, des douches, une assistance médicale, des installations techniques, des zones de repos et même des espaces pour travailler.

Le tout déplacé ou réinstallé au fil de la course.

C'est assez bluffant.

Des camps au confort surprenant

Avant de partir, je m'attendais à une expérience relativement rustique.

Finalement, chaque participant disposait d'une tente assez grande, équipée d'un lit de camp, d'une petite table, d'un éclairage sur batterie et d'une chaise pour s'installer à l'extérieur.

Simple, mais largement suffisant pour passer une bonne nuit après plusieurs heures de vélo.

Le niveau de propreté m'a particulièrement marqué. Les toilettes et les douches mobiles étaient entretenues continuellement, avec notamment un nettoyage des toilettes après chaque passage.

Le personnel était omniprésent, toujours disponible pour nous servir, nous débarrasser ou répondre à nos besoins.

On était très loin de l'image du bivouac spartiate.

Pour chercher un défaut, j'aurais simplement apprécié quelques douches et toilettes supplémentaires, notamment aux heures de pointe après les étapes.

Mais c'est vraiment un détail au regard de la qualité générale des installations.

Une organisation irréprochable, même sur le parcours

Cette qualité ne se limitait pas aux camps.

Sur le terrain, des signaleurs étaient présents aux endroits délicats, notamment pour prévenir les participants des passages dangereux ou des changements de direction.

L’assistance médicale, le suivi de course, les équipes médias et les ravitaillements étaient également très bien organisés.

Malgré l’isolement de certaines zones, nous n’avions jamais vraiment l’impression d’être livrés à nous-mêmes.

Cette organisation a évidemment un coût. Mais elle contribue largement à rendre l’expérience accessible à des cyclistes qui n’ont pas nécessairement l’habitude de voyager ou de participer à des épreuves aussi longues.

Sept jours de course : le gravel dans toute sa difficulté

Venons-en à l'essentiel : le vélo.

Sur le papier, les distances et le dénivelé ne sont pas forcément effrayants pour un cycliste entraîné.

Des étapes d’environ 100 kilomètres et 1 000 à 1 500 mètres de dénivelé positif, cela reste relativement classique.

Mais le problème, ce n’est pas une étape. C’est l’accumulation des sept journées.

Et surtout, la nature du terrain.

Sur la majorité des étapes, nous avons roulé presque exclusivement sur des pistes. Hormis quelques passages routiers, notamment lors de la troisième journée, il n’y avait quasiment aucun répit.

Des pistes rapides, mais particulièrement usantes

Ce qui surprend, c'est la vitesse à laquelle on roule.

Personnellement, je n'ai terminé aucune étape à moins de 25 km/h de moyenne.

On pourrait donc imaginer des pistes parfaitement lisses et roulantes.

Pas vraiment ! Le terrain change constamment : portions caillouteuses, sable, ornières, trous, pierres, tôle ondulée…

Même lorsqu’une piste paraît simple, elle peut devenir particulièrement fatigante après plusieurs heures.

La tôle ondulée, notamment, impose des vibrations permanentes. Le corps encaisse, le matériel aussi, et la fatigue s’accumule jour après jour.

Sur route, il est assez facile de trouver quelques moments pour récupérer, relâcher son attention ou simplement se laisser porter dans un groupe.

En gravel, c’est une autre histoire.

La concentration doit être quasiment permanente, particulièrement lorsque l’on roule dans les roues d’autres participants.

Une pierre mal placée, une ornière invisible ou une trajectoire approximative peuvent suffire à provoquer une chute.

Une course où il faut savoir choisir ses journées

J’ai rapidement compris que vouloir faire la course à fond pendant sept jours n’était pas forcément la meilleure stratégie pour moi.

J’ai donc choisi de cibler certaines étapes.

Sur les parcours les plus roulants, ceux qui correspondaient davantage à mes qualités physiques, je pouvais prendre du plaisir à rouler vite, à rester dans les groupes et à me challenger.

À l’inverse, sur les étapes plus techniques ou celles que je jugeais dangereuses, je préférais lever le pied.

Cela permettait de préserver de l’énergie, mais aussi de limiter les risques.

Car il faut en parler : les chutes ont été nombreuses.

D’après ce que j’ai pu observer et entendre, 10 à 20 % des participants ont chuté au cours de la semaine. Une estimation personnelle, pas une statistique officielle.

Dès le premier soir, certaines tentes disparaissaient déjà des camps, leurs occupants ayant abandonné l’épreuve.

356 athlètes classés, 50 « out of race » soit 12%… Un petit côté Koh-Lanta, finalement.

Cela rappelle surtout qu’une course gravel de sept jours ne doit pas être prise à la légère, même lorsque l’on possède un bon niveau physique.

Faire la course ou regarder le paysage ?

C'est probablement mon principal regret de cette aventure.

Je souhaitais profiter de ce voyage pour me dépasser sportivement, mais aussi découvrir un pays et prendre du recul sur certains aspects de ma vie.

Sauf que sur les journées où je roulais à bloc, dans les roues d'un groupe, j'étais incapable de penser à autre chose qu'au terrain.

Et encore moins de profiter réellement des paysages.

À plusieurs reprises, je me suis fait cette réflexion : « Lève les yeux, regarde autour de toi. Tu ne reviendras peut-être jamais ici. »

C'est assez paradoxal.

On traverse des paysages exceptionnels, dans un pays que l'on découvre pour la première fois, mais on peut passer plusieurs heures à fixer uniquement la roue du cycliste devant soi.

C'est aussi pour cette raison que je suis content d'avoir alterné les journées de course et celles où je roulais davantage à mon rythme.

Les deux approches ont leur intérêt.

Mais si vous participez un jour au Gravel Burn, je vous conseille de ne pas négliger cet aspect. Il serait dommage de traverser l'Afrique du Sud sans prendre le temps de la regarder.

Quel matériel pour survivre à sept jours de gravel africain ?

Avant de partir, j’avais consacré beaucoup de temps à la préparation de mon vélo.

Pour cette aventure, je disposais d’un Berria équipé notamment d’une transmission SRAM Red, de roues Corima 50G et de pneus Vittoria Terreno T50.

J’avais détaillé l’ensemble de cette configuration dans un article spécifique, auquel je vous renvoie pour les caractéristiques complètes.

Mais après sept jours de course, voici ce que je retiens réellement.

Des pneus de 50 mm minimum, et 55 mm si possible

C'est ma première recommandation.

Pour cette épreuve, je conseille des pneus d'au moins 50 mm. Et si votre cadre le permet, je n'hésiterais pas à monter en 55 mm.

Dans mon cas, le Berria acceptait cette largeur uniquement à l'avant.

Un choix que je referais sans hésiter.

La largeur supplémentaire m'a apporté davantage de confort, mais aussi de sécurité dans les portions sableuses et les ornières.

C’était particulièrement appréciable sur ce vélo dont l’avant est relativement rigide.

J’avais également privilégié une sculpture assez marquée, avec les Vittoria Terreno T50 à l’avant comme à l’arrière, plutôt que de rechercher à tout prix le rendement.

Et le résultat a dépassé mes attentes. En sept jours : aucune crevaison, aucune perte anormale de pression. Rien.

Sur une épreuve aussi exigeante, c’est une satisfaction assez exceptionnelle.

Autre point que je ne négligerais surtout pas : les porte-bidons.

Chaque jour, nous croisions des dizaines de bidons abandonnés sur les pistes, éjectés par les vibrations et les chocs.

De mon côté, mes porte-bidons Zéfal à dégagement latéral ont parfaitement rempli leur rôle.

Sept jours, des centaines de kilomètres de pistes et aucun bidon perdu !

Si l’on cumule cela avec l’absence de crevaison, j’ai presque envie de dire que je mérite une place sur le podium de la fiabilité ! 😂

Blague à part, ce genre de détail peut véritablement changer une journée de course.

Le sac d'hydratation est presque indispensable

Au-delà des bidons, j'avais également prévu un sac d'hydratation.

Et je le recommande vivement.

La chaleur peut être particulièrement importante. Sur l’une des étapes, nous avons relevé plus de 50 °C au soleil.

Dans ces conditions, disposer d’une réserve d’eau suffisante est essentiel. Mais le sac présente un second avantage : pouvoir boire sans lâcher le guidon.

Sur un terrain très changeant, attraper puis remettre un bidon peut devenir une opération délicate, particulièrement lorsque l’on roule vite dans un groupe.

Avec un tuyau accessible à proximité du visage, c’est beaucoup plus simple. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si de nombreux participants utilisaient ce type d’équipement.

Une fourche suspendue, pourquoi pas ?

J’ai également remarqué la présence de plusieurs vélos équipés de fourches suspendues.

À vue d’œil, cela représentait peut-être 10 % du peloton.

Alors que les gros pneus permettent désormais d’améliorer sensiblement le confort des gravels rigides, je comprends parfaitement ce choix sur une telle épreuve.

Après plusieurs journées de vibrations, le supplément de confort peut devenir appréciable.

Pour autant, je ne considère pas la suspension comme indispensable. En revanche, je ne ferais aucune concession sur la largeur et la qualité des pneus.

Un vélo qui n'a jamais failli

Finalement, le bilan matériel est extrêmement positif.

En dehors d'un support GPS cassé lors de la dernière journée, je n'ai connu aucun problème mécanique notable.

Pas de crevaison, pas de bidon perdu, pas de casse sur le vélo.

Si je devais reprendre le départ demain, je conserverais quasiment exactement la même configuration.

Et sur une épreuve aussi exigeante pour le matériel, c’est probablement le meilleur compliment que je puisse faire à ce montage.

La vie dans les Burn Camps : entre confort et déconnexion

Après chaque étape, nous retrouvions notre campement.

C'est une partie de l'expérience que j'ai particulièrement appréciée.

On prend rapidement ses habitudes : retrouver sa tente, se doucher, manger, discuter avec les autres participants, préparer son vélo puis essayer de récupérer avant le lendemain.

Des nuits parfois très fraîches

Il ne faut surtout pas imaginer que l’Afrique du Sud est chaude en permanence.

Dans le Karoo, les amplitudes thermiques sont assez impressionnantes. Lors des premières étapes, à une certaine altitude, les températures nocturnes descendaient aux alentours de 5 à 6 °C.

J’ai d’ailleurs eu un peu froid pendant deux ou trois nuits, malgré mon équipement. Un bon duvet est donc indispensable.

À l’inverse, le réchauffement était extrêmement rapide dès le lever du soleil.

Nous nous levions généralement vers 5 heures du matin. Une heure plus tard, les températures avaient déjà gagné une bonne dizaine de degrés.

Résultat : malgré les départs matinaux, nous avons rarement eu besoin de rouler longtemps avec des vêtements chauds.

Sur la plupart des journées, le départ pouvait même se faire directement en manches courtes.

Des repas à volonté... et trois kilos supplémentaires !

C’est probablement l’une des anecdotes les plus surprenantes de mon séjour.

J’ai pris trois kilos pendant la Gravel Burn.

Oui, malgré sept jours de vélo et une dépense énergétique quotidienne particulièrement importante.

L’explication est assez simple : nous mangions énormément.

Et il faut reconnaître que l’organisation avait mis les moyens.

Au retour des étapes, un grand buffet nous attendait. Même chose le soir, avec des repas variés, copieux et parfois inspirés de la cuisine locale.

Les plats changeaient régulièrement et les quantités semblaient quasiment illimitées. Boissons, collations, repas complets… Tout était prévu.

Même sur les parcours, les ravitaillements proposaient une offre très complète, notamment avec le partenaire nutrition (Amacx) de l’épreuve.

On est loin de certaines organisations où les portions sont minutieusement comptées. Ici, les organisateurs avaient parfaitement compris qu’il fallait nourrir plusieurs centaines de sportifs qui allaient repartir le lendemain.

Et cette abondance avait un véritable intérêt pour la récupération.

Bon, maintenant que je suis rentré en France, il va simplement falloir retrouver des habitudes alimentaires un peu plus raisonnables !

Hygiène, eau potable, électricité : les détails à connaître

Il y a aussi des aspects plus terre à terre auxquels il vaut mieux penser avant de partir.

Le premier concerne l’eau.

Durant mon séjour, j’ai privilégié l’eau en bouteille, y compris pour me brosser les dents. Dans les camps, de l’eau filtrée potable était mise à disposition des participants.

Ces précautions ne m’ont pourtant pas empêché de connaître un petit épisode de troubles digestifs pendant environ 24 heures.

Impossible de savoir précisément ce qui en était responsable.

Heureusement, cela s'est rapidement calmé et n'a pas compromis mon séjour.

Cela rappelle simplement qu'il faut être attentif à son alimentation et à la qualité de l'eau consommée lorsqu'on voyage, sans pour autant considérer que toute l'eau du robinet sud-africain est impropre à la consommation.

Internet et recharge : prévoir le nécessaire

Pour les premiers jours, je conseille également d’emporter un adaptateur électrique compatible avec les prises sud-africaines.

Dans les camps, nous disposions surtout de ports USB pour recharger nos appareils, ce qui était suffisant pour l’essentiel.

Concernant Internet, la connexion Wi-Fi (par satellites) était plus ou moins bonne selon les endroits.

Mais ce n’était pas vraiment un problème.

L’événement encourageait aussi une certaine déconnexion, et je trouvais cela plutôt cohérent avec l’expérience proposée.

De mon côté, j'ai tout de même réussi à travailler la plupart des après-midi grâce aux espaces prévus sur les camps.

Une bonne surprise lorsque l'on doit continuer à gérer une activité professionnelle à distance.

Voyager avec son vélo en Afrique du Sud : finalement assez simple

C'était aussi une partie du voyage que j'appréhendais.

Entre les vols, les correspondances et les transferts terrestres, il y avait largement de quoi imaginer quelques complications.

Pourtant, tout s’est parfaitement déroulé.

Mon vélo est arrivé à destination sans encombre, et il m’a suivi lors de tous les déplacements.

Je recommande néanmoins une précaution toute simple : placer un AirTag dans sa valise vélo et dans son bagage personnel.

Cela ne remplace évidemment pas une bonne organisation, mais permet de garder un œil sur ses bagages, notamment en cas de correspondance.

Autre avantage appréciable : le décalage horaire avec la France était quasiment inexistant.

À notre arrivée, les deux pays partageaient encore la même heure. Le passage à l’heure d’hiver en France, le 25 octobre, a ensuite créé une heure de décalage.

C’est très peu pour un voyage aussi lointain. On récupère donc relativement facilement du trajet, sans subir un véritable jet lag.

L'Afrique du Sud, au-delà de la course

Je ne voulais pas que ce voyage se résume uniquement au vélo.

Et même si le Gravel Burn nous a occupés pendant une bonne partie du séjour, j'ai également apprécié les moments passés à Johannesburg, Port Elizabeth et Graaff-Reinet.

Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les habitants.

Que ce soit dans les hébergements, les commerces ou lors des déplacements, j'ai rencontré des personnes particulièrement accueillantes et serviables.

Toujours prêtes à aider, à trouver une solution ou simplement à échanger quelques mots.

Bien sûr, les personnes travaillant sur l'événement avaient tout intérêt à prendre soin des participants. Mais j'ai retrouvé cette même bienveillance en dehors de la course.

Une sympathie qui m'a parfois surpris, notamment en comparaison avec certaines expériences que l'on peut vivre en France.

Un pays où la sécurité reste un sujet

Il serait toutefois malhonnête de parler de l’Afrique du Sud sans évoquer les questions de sécurité.

Dans les grandes villes comme Johannesburg ou Port Elizabeth, certaines précautions restent nécessaires.

Nous étions un groupe de douze personnes, ce qui m’a permis de ne jamais véritablement ressentir d’insécurité.

Mais je ne me serais pas nécessairement aventuré seul dans certains quartiers, notamment à la nuit tombée.

Un détail m’a particulièrement marqué : lors de certains trajets nocturnes en Uber, le conducteur ne s’arrêtait pas systématiquement aux feux rouges, par précaution.

Cela en dit assez long sur le contexte local.

À l’inverse, pendant les sept jours de course, je n’ai jamais ressenti la moindre inquiétude de ce type.

Nous traversions des zones extrêmement isolées, parfois avec très peu de villages ou d’habitations pendant des dizaines de kilomètres.

Le contraste avec les grandes villes était saisissant.

Une aventure accessible, mais pas à prendre à la légère

Alors, faut-il un niveau physique exceptionnel pour participer au Gravel Burn ? Je ne le pense pas.

Un cycliste correctement entraîné, habitué aux longues distances et capable d’enchaîner plusieurs journées de vélo, peut raisonnablement envisager cette épreuve.

En revanche, il ne faut pas sous-estimer la préparation spécifique.

Si je devais recommencer, j'augmenterais légèrement mon volume d'entraînement plusieurs mois avant le départ, puis j'intégrerais davantage de séances spécifiques à l'approche de l'événement.

Mais surtout, je travaillerais beaucoup plus la technique.

C’est clairement le point sur lequel j’ai ressenti mes limites.

Sur les étapes roulantes, j’étais physiquement à l’aise. En revanche, dans les descentes difficiles, je manquais de confiance et de maîtrise.

Et perdre en descente tout le temps gagné en montée peut rapidement devenir frustrant.

Le bagage technique est donc presque aussi important que la condition physique pour ceux qui souhaitent réellement faire la course.

Pour les autres, il reste évidemment possible de prendre davantage son temps et de privilégier la découverte. C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce format.

Près de 4 000 € l'inscription : un tarif justifié ?

L’inscription au Gravel Burn représente un budget de l’ordre de 4 000 €, selon la formule choisie.

Une somme importante, à laquelle il faut potentiellement ajouter le transport jusqu’en Afrique du Sud et certaines dépenses personnelles.

Dans mon cas, j’ai eu la chance d’être invité par Matériel-Vélo.com, et je n’ai donc pas eu à supporter ce coût.

Cela étant dit, après avoir vécu l’épreuve, ce tarif ne me choque pas.

On parle de sept journées de course, de camps entièrement équipés, de repas à volonté, d’une logistique gigantesque et d’un accompagnement particulièrement complet.

Si l’on compare cela aux tarifs pratiqués sur certaines grandes épreuves d’endurance comme les Ironman, la prestation proposée me semble cohérente.

Et au regard de la qualité de l’organisation, je considère que l’expérience justifie largement son prix. C’est évidemment un budget conséquent. Mais le Gravel Burn propose bien davantage qu’une simple inscription à une course de vélo.

150e sur 410, mais ce n'est pas ce que je retiendrai

Au terme de sept jours, j’ai finalement franchi la dernière ligne d’arrivée à la 150e place, sur environ 410 participants, professionnels compris.

Un résultat assez anecdotique à mes yeux.

Je savais que je n’étais pas venu pour jouer les premières places, et ma stratégie consistant à cibler certaines étapes ne me permettait de toute façon pas d’optimiser mon classement général.

Ce que je retiens, c’est surtout d’avoir réussi à enchaîner ces sept journées sans chute, sans crevaison et quasiment sans problème matériel.

J’ai aussi apprécié de retrouver de bonnes sensations physiques et de constater que, même avec une préparation imparfaite, mon endurance était au rendez-vous.

Mais finalement, ce qui restera le plus longtemps, ce ne sont probablement pas les chiffres.

Ce sont les paysages, les personnes rencontrées, les camps installés au milieu de nulle part, les discussions après les étapes et cette sensation assez particulière de se sentir bien dans un environnement pourtant totalement inconnu.

Est-ce que je referais le Gravel Burn ?

Probablement pas.

Et ce n’est absolument pas une critique de l’épreuve.

Au contraire, je suis heureux d’avoir vécu cette seconde édition. L’organisation était remarquable, le terrain de jeu exceptionnel et l’expérience resteront sans aucun doute gravés dans ma mémoire.

Mais je crois que j’aime aussi découvrir de nouvelles choses.

Maintenant que je connais le format, ses contraintes et ses particularités, j’aurais davantage envie de partir vivre une aventure différente plutôt que de recommencer exactement la même.

Je comprends néanmoins parfaitement ceux qui souhaitent revenir, année après année.

Car le Gravel Burn possède quelque chose d’assez rare : il combine une véritable épreuve sportive avec une expérience de voyage complète, dans un environnement que nous avons peu l’habitude de côtoyer.

Et surtout, il oblige à sortir de ses habitudes.

Ce n’est pas seulement une question de kilomètres ou de dénivelé.

C’est aussi accepter de voyager loin, de vivre plusieurs jours avec d’autres personnes, de composer avec une langue étrangère, de découvrir une autre culture et de se confronter quotidiennement à un terrain inconnu.

En février, lorsque j’ai accepté cette invitation, c’était précisément ce que je venais chercher.

Avec le recul, je crois que j’ai trouvé bien davantage.

Alors, si vous avez un jour l’occasion de vivre ce genre d’aventure, et que vous hésitez parce qu’elle vous éloigne de vos habitudes, c’est peut-être justement une bonne raison de vous lancer.

Crédits photos : Gravel Burn & Sportograf

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