Je teste le GPS vélo Coospo CS600 depuis plusieurs semaines maintenant. On ne va pas se mentir : Coospo est une marque chinoise qui observe très attentivement ce que font les leaders du marché… Et tente d’en proposer une version plus accessible. Parfois avec succès, parfois avec des compromis. La question est simple : jusqu’où peut-on aller quand on vise le haut de gamme… À moins de 120 € ?
Les points forts :
- Écran couleur tactile très réactif
- Autonomie réelle proche des 36 h annoncées
- Poids contenu et format compact
- Rapport qualité/prix extrêmement agressif
À améliorer :
- Cartographie par défaut trop limitée pour le gravel et le VTT
- Pas de recalcul de trace
Sorti début septembre 2025, le CS600 est le GPS le plus ambitieux jamais proposé par Coospo. Premier modèle de la marque avec écran couleur et tactile, cartographie intégrée et autonomie annoncée de 36 heures, il se positionne clairement face aux Garmin Edge d’entrée/milieu de gamme.


Un GPS compact, sobre, et plutôt bien fini
Le Coospo CS600 joue la carte de la compacité. Avec ses dimensions de 84 × 53 × 18 mm et son poids plume de 69 g, il se fait discret sur le cintre. Le design est sobre, sans fioritures, mais l’ensemble ne donne jamais une impression de produit « cheap », ce qui n’est pas toujours gagné dans cette gamme de prix. Personnellement, j’apprécie beaucoup le design avec les lignes de niveau présent sur les bords du GPS.


Dans la boîte, on trouve l’essentiel… Et même un peu plus. Support type Garmin (strictement le même standard, ce qui facilite la compatibilité avec les supports existants), câble USB-C, dragonne de sécurité, notice rapide et surtout une protection d’écran fournie d’origine. Détail ? Peut-être. Mais quand on sait que Garmin n’est toujours pas capable d’en fournir une sur des GPS à plus de 800 €, ça mérite d’être souligné.
L’écran TFT couleur de 2,4 pouces n’est pas immense, mais il est bien exploité. La lisibilité est très correcte, même en plein soleil. Bon, pour être totalement transparent, le soleil s’est fait plutôt discret ces derniers mois sur la côte Atlantique, mais les rares sorties lumineuses n’ont posé aucun souci.
Le rétroéclairage automatique fonctionne bien grâce au capteur de luminosité, et les modes jour/nuit automatiques sont cohérents.


L’ensemble est certifié IPX7. Je peux le confirmer : pluie, routes détrempées, sorties longues sous des conditions franchement peu engageantes… Le CS600 encaisse sans broncher.
Une vraie surprise côté réactivité
Premier démarrage rapide, choix de la langue, des unités, et on est opérationnel. L’interface est claire, lisible, et surtout très réactive. C’est probablement le point qui m’a le plus impressionné sur ce GPS.
L’écran tactile est extrêmement réactif. En comparaison directe avec mon Garmin Edge 1040 Solar, c’est presque le jour et la nuit.
Les appuis sont immédiatement pris en compte, sans latence perceptible. À l’usage, c’est un vrai confort, notamment quand on navigue dans les menus ou qu’on change d’écran en roulant. Je ne m’attendais absolument pas à ce niveau de fluidité à ce prix.


Bonne idée également : le CS600 n’est pas 100 % tactile. Il conserve aussi des boutons physiques.
La personnalisation est très poussée. On dispose de plus de 150 champs de données possibles, avec de nombreux agencements d’écran. Pour le moment, j’ai laissé les écrans par défaut. Mais les possibilités sont bien là et c’est appréciable.
Une navigation efficace, mais encore des limites
Le CS600 est livré avec des cartes couleur globales préinstallées. Sur le papier, c’est séduisant. En pratique, elles sont suffisantes pour une utilisation route, mais clairement trop limitées pour une pratique gravel ou VTT. Beaucoup de chemins sont absents. Il faut donc aller télécharger des cartes cyclables spécifiques par région depuis le site de Coospo.


C’est là que l’expérience se complique. Il faut connecter le GPS à un ordinateur, télécharger manuellement les fichiers, puis les copier sur l’appareil. Pas de téléchargement direct via le GPS, pas de gestion depuis l’application.
Même chose pour les mises à jour de cartes. Et le CS600 n’accepte, a priori, que les cartes officielles Coospo : impossible d’installer des cartes personnalisées comme sur Garmin. Clairement, on est loin de la souplesse des écosystèmes plus matures.


Une fois les cartes installées, le guidage est plutôt précis. Les changements de direction sont annoncés suffisamment à l’avance, avec un bip sonore par défaut. Parfois, un simple virage est interprété comme un changement de direction, ce qui peut perturber si l’on n’est pas sur l’affichage carte. En cas de sortie de trace, pas de recalcul : le GPS indique simplement « hors trace » jusqu’à ce que l’on revienne dessus.


La sélection des parcours est également perfectible. Le GPS affiche essentiellement le nom du fichier GPX. Si vos parcours ne sont pas correctement nommés, c’est vite pénible. Une fois sélectionné, on obtient la distance et un tracé sans fond de carte, ce qui reste assez basique.


Le CS600 enregistre les données à la seconde, sans mode d’enregistrement « intelligent ». Résultat : beaucoup plus de points qu’avec Garmin. Les traces sont globalement similaires, mais le CS600 présente parfois des incohérences au niveau du D+. Pour le reste, les résultats sont très propres.
Entraînement et fonctionnalités avancées
Le CS600 propose des modes d’entraînement, la gestion des capteurs (fréquence cardiaque, cadence, puissance, Di2, home trainer, radar arrière), et une compatibilité ANT+ et Bluetooth solide. De mon côté, aucun souci avec mes capteurs habituels.


En revanche, il manque encore des fonctions clés. Pas de Climb Pro pour l’instant, même si un écran affiche le profil sur les deux kilomètres à venir et le pourcentage instantané. Il n’y a pas d’affichage des notifications du téléphone, pas d’estimation fiable du temps restant sur un parcours prédéfini. Clairement, le logiciel a encore une marge de progression.
Application CoospoRide : fonctionnelle, mais très limitée
L’application compagnon CoospoRide fait le strict minimum. Elle permet de coupler facilement le GPS, de gérer les capteurs, de configurer certains écrans et de synchroniser les sorties, notamment vers Strava ou TrainingPeaks. Mais la synchronisation automatique est capricieuse. Il faut souvent ouvrir l’application et passer par l’onglet « device » pour déclencher la synchro.


On sent que l’application est encore loin du niveau d’un Garmin Connect, et dans les faits, on ne l’utilise que rarement une fois le GPS configuré.
Mon avis sur le GPS Coospo CS600
Le Coospo CS600 n’est clairement pas un GPS parfait. Il lui manque encore des fonctionnalités logicielles, une meilleure gestion de la cartographie et un écosystème plus abouti. Mais à ce niveau de prix, difficile d’être réellement sévère.




🔋 36 h • 🪶 69 g • 🖥️ Écran tactile
Pour un cycliste qui ne souhaite pas entrer dans l’écosystème Garmin / Wahoo, ou pour une pratique route et gravel occasionnelle à régulière, le CS600 offre une combinaison rare : écran couleur tactile réactif, bonne autonomie, compatibilité capteurs solide et fabrication sérieuse, sans sensation de produit bas de gamme.
Ces marques chinoises restent encore confidentielles, mais avec des produits comme celui-ci, elles commencent clairement à poser une question dérangeante aux acteurs historiques : faut-il vraiment dépenser 300 € ou plus pour suivre un parcours et enregistrer ses sorties ?

















