Chamelo Music Shield & Falcon : test complet des lunettes à teinte électronique

Je teste des lunettes toute l’année, et honnêtement, je pensais avoir déjà tout vu : photochromique rapide, verres contrastants, montures ultra-légères, modèles plus ou moins connectés… Puis Chamelo m’a envoyé deux paires un peu « hors catégorie ».

D’un côté, les Music Shield, des lunettes multitâches avec verre à teinte réglable et haut-parleurs intégrés. De l’autre, les Falcon, un modèle ultraléger avec verre électronique alimenté… Par le soleil. Aucun bouton, pas de recharge. 

Deux philosophies, deux usages, et deux technologies vraiment différentes. Voici ce que j’en retiens.

Notre avis (en bref) sur 👇

Les points forts :

À améliorer :

Chamelo Music Shield : du bruit et de la couleur

Design & finitions

Dans ce coloris blanc, les Music Shield sont plutôt réussies esthétiquement, à condition d’aimer le look un peu futuriste. Ça passe particulièrement bien avec un casque blanc ou clair.

La construction est sérieuse, très solide, et on n’a jamais peur de les manipuler ou de les glisser dans un sac. Dans la boîte, Chamelo reste minimaliste : une pochette, une mini-mallette, le câble propriétaire pour la recharge (un Pogo Pin), et c’est tout. Mais honnêtement, on n’a besoin de rien d’autre.

Le Pin n’est pas exactement identique à celui qu’on peut retrouver sur un casque Shokz ou sur une ceinture cardiaque Wahoo… Dommage, un câble de plus à transporter !

Malgré la technologie embarquée (haut-parleurs + lentille électronique), la paire reste raisonnablement légère : 49 g. Une seule taille, unisexe, mais qui m’a parfaitement convenu.

Sur le terrain :

La vraie particularité du modèle, c’est la lentille Dusk™ Tint-Adjustable, réglable d’un simple glissement sur la branche droite.

La transition est immédiate : on passe de 63 % à 17 % de transmission lumineuse en moins de 0,1 s. Autant dire que c’est bien plus rapide que n’importe quel verre photochromique classique.

En pratique, c’est l’une des fonctions que j’ai le plus utilisée, notamment en gravel, quand on alterne entre sous-bois et plein soleil sur une même sortie. Certes, il faut enlever une main du guidon, mais la zone tactile reste suffisamment accessible et grande pour réussir dès le premier geste. 

Le système audio intégré se connecte comme un casque Bluetooth standard. Pas d’application tierce. Pas de friction.

Le son est correct, clairement supérieur à un casque à conduction osseuse, mais un peu en dessous de modèles plus haut de gamme comme les Oakley Vanguard. Jusqu’à 30-35 km/h, je peux entendre sans souci un podcast ou une musique. 

Pour les appels, la qualité est décente, mais l’absence de réduction de bruit se sent : si vous vivez dans une région où le vent aime bien rappeler son existence, votre interlocuteur l’entendra.

⚖️ Et la loi dans tout ça ?

Depuis 2015, le Code de la route français interdit au conducteur d’un véhicule en circulation – cycliste compris – le port à l’oreille de tout dispositif susceptible d’émettre du son. L’infraction est punie d’une contravention de 4e classe, soit 135 € d’amende forfaitaire.

👉 Les casques à conduction osseuse ou “open-ear” ne bénéficient pas d’une exception.

En 2017, le Conseil d’État a justement été saisi par AfterShokz, devenu depuis Shokz. Il a confirmé que l’interdiction s’applique également à un appareil qui laisse le conduit auditif libre mais transmet le son par conduction osseuse à travers le crâne.

👉 En France, l’utilisation d’un casque à conduction osseuse à vélo doit donc être considérée comme interdite, même si ce type de produit permet de mieux entendre son environnement qu’un casque audio traditionnel.

💡 Cela peut sembler paradoxal du point de vue de l’usage et de la sécurité, mais juridiquement, la position est aujourd’hui assez claire.

Globalement, c’est un modèle plaisant à rouler. Le confort est bon, les verres sont résistants aux chocs, la monture tient bien en place.

La magie reste ce contrôle instantané de la teinte. Pour les sorties où la météo change trois fois par heure, c’est spectaculaire d’efficacité.

Côté batterie, Chamelo annonce :

  • 100 h d’autonomie pour la fonction « ajustement de teinte » seule
  • 6 à 6,5 h avec la musique
  • Une recharge 0 → 80 % en 30 min

En pratique, je valide : la gestion de la teinte ne consomme quasiment rien. Même à plat, la paire reste utilisable, simplement avec des verres plus clairs.

Les Music Shield s’adressent clairement à ceux qui veulent une paire de lunettes à tout faire : protection solaire, adaptation instantanée, musique, appels… Le tout dans un format qui reste étonnamment léger et robuste.

Lunettes Chamelo Music Shield
⭐️ 4.2/5
« Une paire de lunettes à tout faire ! »

Pour les amateurs de gadgets utiles c’est honnêtement un produit intéressant !

Chamelo Falcon : légères et uniques !

C'est avant-tout une belle paire de lunettes

C’est le modèle qui m’a le plus surpris… Et probablement mon préféré des deux.

La monture obsidienne est superbe : sobre, sportive, avec une finition très propre. Mais surtout : 34 g. Une plume.

Chamelo a intégré un panneau solaire discret dans le pont pour alimenter les verres électroniques. Pas de bouton, pas de recharge. Une approche très « clean » qui donne au produit un côté presque magique.

Sur le terrain

On est ici sur un système totalement différent : la teinte se règle automatiquement, en continu, en fonction de la luminosité.

La transition est extrêmement rapide : encore une fois moins de 0,1 s, soit plus de mille fois plus rapide que des verres photochromiques.

La transmission passe de 34 % à 8 %, ce qui couvre largement les besoins d’un cycliste, même en plein été. Les lunettes ont une excellente adhérence, très stables, même en danseuse ou sur chemins.

C’est simple : pour la route, j’ai adoré.
La transition est fluide, instantanée et naturelle. On n’a jamais l’impression d’un « saut » de teinte ni d’un retard comme sur certaines photochromiques trop lentes.

En gravel, sur un terrain où la luminosité change toutes les deux secondes (feuillage, trous de lumière, passages ouverts), le système peut paraître un peu trop réactif : les micro-variations déclenchent des ajustements très fréquents.

Mais en dehors de ce cas très spécifique, c’est un régal.

Et le fait de ne jamais avoir à recharger une paire de lunettes électroniques est un confort absolu. On l’oublie tout simplement.

Les Falcon sont probablement les lunettes (non connectées) les plus futuristes que j’ai portées sur un vélo, tout en restant simples, légères et naturelles à utiliser.

Lunettes Chamelo Falcon
⭐️ 4.6/5
« Des lunettes électroniques qui n’ont pas besoin d’être rechargées ! »

Pour un cycliste route ou gravel roulant souvent sur des terrains dégagés, c’est un modèle absolument génial : sans recharge, sans réglage, sans friction.

Conclusion : si vous aimez la tech...

Avec les Music Shield et les Falcon, Chamelo ne se contente pas d’ajouter un nouveau modèle au catalogue : la marque propose de vraies innovations fonctionnelles et bien pensées pour les cyclistes.

Deux lunettes très différentes, deux réussites, et au final un constat simple : ça fait du bien de voir une marque qui ose sortir des sentiers battus dans un marché souvent trop prévisible.

⭐️ 4.3/5
« Deux paires originales sur le marché ! »

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