Il existe des produits qu’on teste parce qu’ils promettent plus de puissance, plus d’autonomie ou un meilleur rapport poids/lumens. Et puis il y a ceux qu’on teste parce qu’ils proposent autre chose.
Les lampes Bookman Volume™ 800 et Volume™ 1500 font clairement partie de cette deuxième catégorie.
Les points forts :
- Power Wheel ultra intuitive
- Design abouti et cohérent
- Autonomie excellente
- Recharge USB‑C, même en roulant
À améliorer :
- Faisceau trop large, manque de portée centrale
- Extinction intempestive lors de gros chocs
Dès le premier regard, on comprend que le design n’est pas un simple habillage marketing. Les lignes sont travaillées, la forme interroge, la fonction saute aux yeux. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Bookman a décroché un Red Dot Design Award : ici, le design sert réellement l’usage. Et rien que pour ça, ces lampes méritaient un test terrain approfondi.
Design, packaging & premières impressions
- un adaptateur Garmin → GoPro (idéal pour un montage sous compteur ou sur casque),
- un support cintre plat avec deux lanières rigides selon le diamètre, accompagné d’une petite clé Allen,
- et un câble USB-C tressé, épais, qualitatif, avec une touche de couleur violette sur les connectiques qui rappelle l’ADN visuel de la marque.
Qualité de construction & durabilité
Côté construction, Bookman fait clairement les choses proprement. Les lampes affichent un design très épuré : aucune vis apparente, aucun capot disgracieux, rien qui donne une impression d’assemblage approximatif. La seule vis visible est celle de l’interface quart de tour, et ce n’est pas un détail anodin : cela signifie que cette interface est interchangeable, donc remplaçable en cas d’usure.
C’est un vrai bon point en matière de durabilité et d’éco-conception, surtout pour une pièce fortement sollicitée au quotidien. L’ensemble respire le produit bien pensé, solide et abouti, avec un vrai souci du détail.
Finitions & conception : deux philosophies
Les deux lampes partagent le même ADN, mais pas la même approche matérielle.
La Volume™ 800 adopte un corps en plastique, léger, décliné en plusieurs coloris. Elle donne immédiatement une impression de compacité et de simplicité, parfaitement cohérente avec un usage urbain ou vélo-taf.
Les deux lampes utilisent :
- un système de fixation quart de tour type Garmin,
- un accès arrière à la batterie via un clapet rotatif,
- un port USB-C protégé par un cache silicone bien ajusté (efficace, même s’il a tendance à attraper un peu la poussière, surtout sur les versions claires).
La molette qui change tout
C’est là que Bookman se démarque vraiment.
La fameuse Power Wheel, cette molette latérale inspirée du monde Hi-Fi, n’est pas un gadget. Elle transforme complètement l’expérience d’utilisation. Ajuster la puissance devient instinctif :
- plus de lumière ? On tourne,
- moins de lumière, plus d’autonomie ? On tourne dans l’autre sens.
C’est simple, précis, utilisable avec des gants, et surtout immédiat. Une fois qu’on y a goûté, revenir à un bouton unique qui fait défiler dix modes en boucle devient franchement pénible.
Autre très bon point : l’indicateur de batterie à 4 LED. On ne parle pas ici d’un vague code couleur vert/orange/rouge, mais d’une indication claire du niveau de charge. On sait vraiment s’il reste 75 %, 50 % ou 25 %. Et c’est extrêmement rassurant.
Fixations : solides mais perfectibles
Batteries remplaçables : une excellente idée… partiellement tenue
Sur le principe, Bookman coche beaucoup de cases : batteries remplaçables, formats annoncés comme standards (18650 et 21700), et une vraie promesse de durabilité.
Dans la pratique, ces batteries sont bien basées sur des formats connus, mais elles sont customisées par la marque. Résultat : impossible d’utiliser une batterie générique du commerce, il faut passer par Bookman. L’idée reste pertinente (remplacer la batterie plutôt que toute la lampe), mais elle perd une partie de son intérêt écologique et pratique. Une compatibilité réellement ouverte aurait permis d’aller au bout de la démarche.
Test terrain : performances & sensations
Volume™ 800 : la lampe urbaine intelligente
Avec ses 800 lumens, la Volume™ 800 est parfaitement adaptée :
- au vélotaf,
- à la ville,
- à des zones périurbaines peu éclairées.
En revanche, elle n’est pas adaptée :
- aux descentes de cols,
- au gravel nocturne,
- ni à un usage route rapide hors agglomération qui durerait plus de 20 minutes.
Volume™ 1500 : puissante, mais pas parfaite
Avec 1500 lumens, la Volume™ 1500 éclaire suffisamment pour :
- la route de nuit,
- les descentes de petits cols (en mode max),
- les longues sorties hivernales.
Le gain de puissance est réel, tout comme la sensation de robustesse apportée par le corps en aluminium. En revanche, malgré les 1500 lumens annoncés, la portée reste limitée par la forme du faisceau : à rythme élevé, on atteint assez vite ses limites en visibilité lointaine.
En gravel nocturne, elle devra impérativement être complétée par une seconde source de lumière.
Un faisceau large et homogène… Mais une portée perfectible
Les deux lampes Volume partagent une signature lumineuse très reconnaissable. Le faisceau est large, homogène, presque “en bande”, ce qui procure une excellente vision périphérique.
En milieu urbain ou sur chemins roulants, c’est agréable : on voit bien ce qui se passe autour de soi, les bas-côtés, les obstacles latéraux.
En revanche, cette largeur se fait au détriment de la portée. Il manque clairement une zone centrale plus puissante et plus concentrée, capable d’aller chercher loin devant le vélo. Résultat : on voit large, mais pas très loin. Sur le plat, dès que la vitesse dépasse les 25 km/h, la portée devient limite, notamment en usage route ou gravel rapide.
Même en inclinant la lampe, on ne parvient pas vraiment à projeter la lumière plus haut ou plus loin : c’est avant tout une question de forme de faisceau, plus que de puissance brute. Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est un point important à prendre en compte selon sa pratique.
Vibrations et coupures : un point à surveiller
À noter également que si la molette est positionnée sur le mode le plus fort (position identique au mode de verrouillage), le rallumage immédiat en roulant n’est pas possible, ce qui peut surprendre la première fois. Rien de rédhibitoire dans un usage classique, mais un point perfectible pour une lampe pensée comme polyvalente et adaptée aux sorties gravel.
Notre avis sur les lampes Bookman
Les Bookman Volume™ 800 et 1500 sont de très bonnes lampes, mais surtout des lampes bien conçues. Leur vraie force ne réside pas uniquement dans les lumens, mais dans l’ergonomie, la lisibilité et le plaisir d’utilisation.
La Volume™ 800 est une valeur sûre pour la ville, notamment grâce à la fixation quart de tour qui permet de l’enlever en un geste une fois le trajet terminé.
La Volume™ 1500 conviendra aux routiers nocturnes qui aiment les beaux produits, à condition d’accepter un faisceau moins concentré.
🔦 800 lumens • 🔋 Batterie 3200 m Ah • 🔌 USB-C
🔦 1500 lumens • 🔋 Batterie 4000 m Ah • 🔌 USB-C
Reste une vraie frustration : l’usage de batteries standards… Rendues propriétaires. Un choix difficile à défendre sur le plan écologique, et en décalage avec l’intelligence globale du produit.
Malgré cela, Bookman propose ici l’une des expériences utilisateur les plus abouties du marché. Une fois la molette adoptée, il est très difficile de revenir en arrière.














2 réponses
Bonjour ! Le design de cette lampe (surtout sur la fonctionnalité de la molette) semble intéressant. Pourtant j’ai des doutes, après avoir vu un reportage sur la coupure du faisceau lumineux. Ces deux modèles semblent bien adaptés aux chemins mais ni à la ville, ni à la route. Rouler sur une piste cyclable aujourd’hui revient à être sur la route et ne croiser que des véhicules en plein phares permanents. Ces feux sont trop puissants pour la ville et ne possèdent aucune « coupure de faisceaux » pour limiter l’éblouissement des usagers (cyclistes et automobilistes). En existe-t-il d’ailleurs ? Car pour aller sur les chemins de graviers, il faut le plus souvent passer par la ville ou par les routes.
Bonjour Xavier, merci pour ton commentaire. Je laisserai Césane, qui a rédigé le test, répondre puisqu’elle a en grande partie testé ces deux lampes en pleine agglomération de Lyon.