Difficile de ne pas lever un sourcil en découvrant les DMT Pogi’s. Pensées pour Tadej Pogačar, ces chaussures haut de gamme misent sur un design épuré, une construction en tissage 3D et un système de laçage à contre-courant des standards actuels. De quoi se demander si elles ne misent pas un peu trop sur l’effet vitrine. Après plusieurs semaines à rouler avec, voici mon retour sans filtre. 👇
Les points forts :
- Confort global excellent, même pour les pieds larges
- Maintien irréprochable, même en danseuse ou en sprint
- Rigidité de la semelle carbone SL parfaite
- Design très réussi
À améliorer :
- Prix très élevé
- Vernis de la semelle qui s’écaille rapidement
Une chaussure fine… Mais étonnamment confortable
J’ai les pieds larges. Et si vous êtes dans le même cas, vous savez que trouver une paire de chaussures de route confortable relève souvent du défi. Dès le premier enfilage, j’ai senti que la base de la chaussure était plus étroite que ce que j’utilise habituellement. Mais la tige, en maille extensible, rattrape tout. Elle enveloppe le pied comme une chaussette sans créer de points de pression, même après plusieurs heures de selle. On est bien loin du carcan rigide qu’on peut parfois craindre sur ce genre de modèle haut de gamme.


Sur le papier, elles sont même 1,5 cm moins larges que mes chaussures Lake en version wide. Et pourtant je suis plus en confort dans les DMT. Par très forte chaleur, comme nous avons eu ces dernières semaines, pas de miracle, mon pied gonfle fortement à l’effort et je ressens une légère gêne, mais qui va s’estomper, voire même disparaître après quelques heures.


Maintien au top, laçage old school… Mais assumé
Pas de molette Boa® ici. Les DMT Pogi’s optent pour un laçage classique, sécurisé par un petit clip qui évite que tout ne bouge pendant la sortie. Clairement, on perd en praticité au moment de chausser, mais une fois les lacets bien ajustés, le maintien est irréprochable. En danseuse, en relance ou lors des sprints de pancarte entre potes, le pied reste parfaitement en place. La semelle carbone est ultra rigide et assure un transfert de puissance net. On comprend vite pourquoi Pogačar les utilise en course.


D’ailleurs nous ne sommes pas sur un laçage classique à proprement parler, mais plutôt sur des lacets qui se rapprochent de ce que l’on peut rencontrer en triathlon sur les chaussures de course à pied.
J’ai effectué mon serrage la première fois et depuis j’enfile juste mes chaussures sans y retoucher. Je resserre légèrement pour les compétitions afin que mon pied soit davantage maintenu sur les très fortes relances ou les sprints. Mais c’est tout !
L’absence de Boa® n’est donc pas problématique puisque je ne ressens pas le besoin de les resserrer pendant la sortie. Les lacets sont relativement longs et on pourrait presque même les couper. Mais toutefois ils trouvent facilement leur place dans le petit cache conçu sur le dessus de la semelle.


Ventilation et respirabilité : rien à redire
L’autre point fort de cette paire, c’est la ventilation. Grâce à la structure tissée de la tige et les larges découpes dans la semelle, l’air circule bien, même en plein cagnard. J’ai eu l’occasion de les porter sur plusieurs longues sorties estivales, et je n’ai jamais eu cette sensation de surchauffe sous la voûte qu’on peut parfois connaître avec des modèles plus fermés. En revanche, si vous roulez avec des semelles personnalisées, elles peuvent venir obstruer une partie des aérations sous la chaussure. Ce n’est pas dramatique, mais à prendre en compte.


Look léché, entretien compliqué
Visuellement, ces DMT en jettent. Le design est épuré, la silhouette très racée. J’ai rarement eu autant de cyclistes qui me demandent ce que je portais aux pieds. Mais ce blanc éclatant, combiné à une matière tissée, rend le nettoyage compliqué. Après quelques sorties, surtout sur routes humides ou poussiéreuses, la chaussure perd de sa superbe. Et ce n’est pas faute d’avoir sorti la brosse à dents. En plus, j’ai été franchement déçu de voir le vernis de la semelle carbone commencer à s’écailler après seulement quelques sorties. À ce niveau de gamme, on s’attend à un peu mieux !


Et je ne fais pas de gravel avec ces chaussures. De simples sorties route où je prends le temps de m’arrêter au feu rouge et donc de déchausser ont suffit à éclater le vernis de la chaussure qui sert d’appui quand vous déclipsez. Très frustrant sur une paire à 400€.
Un prix élitiste, mais des performances au rendez-vous
À près de 410 € (mais régulièrement aux alentours des 350€), les DMT Pogi’s ne s’adressent clairement pas à tout le monde. Ce n’est pas une chaussure pour le cycliste occasionnel ou le rouleur du dimanche. Mais si vous cherchez un modèle ultra performant, bien ventilé, avec un vrai ADN course et une finition léchée (à condition d’en prendre soin), elles méritent leur place dans votre shortlist. Dommage que la durabilité esthétique de la semelle ne soit pas au niveau du reste.
Bonus : ces chaussures peuvent vous sauver la vie !
La chaussure gauche contient un dispositif NFC grâce auquel, en cas d’urgence, les secours peuvent immédiatement identifier la personne blessée et obtenir des informations importantes à son sujet (groupe sanguin, allergies, traitements médicamenteux actuels, maladies, etc.). Grâce à une application, on peut entrer ces données personnelles et médicales et télécharger les documents pertinents (pièce d’identité, permis de conduire, etc.). On peut également stocker les numéros des personnes à contacter en cas d’urgence, avec lesquelles vous pouvez partager votre position lorsque vous envoyez un SOS.


C’est une excellente idée mais dans les faits, difficile de penser que les secours prendront le temps de scanner notre chaussure pour vérifier la présence d’une puce NFC. Ce type de dispositif est très intéressant et existe chez d’autres marques sous forme de bracelet ou directement sur certains casques. Mais justement, le fait qu’il n’y ait pas un dispositif commun avec un positionnement unique rend la tâche davantage difficile pour les secouristes.
Mon avis final sur les DMT Pogi’s
Les DMT Pogi’s m’ont surpris. Malgré leur forme fine, elles se montrent bien plus accueillantes qu’il n’y paraît, notamment grâce à leur tige en maille stretch. Le maintien est parfait, la rigidité de la semelle irréprochable, et le confort global excellent même pour les pieds larges. La ventilation est elle aussi au top.




🏷️ Tige 3D • 👟 Semelle carbone • 🧶 Lacets
Mais à ce prix, je suis exigeant. Le vernis qui saute rapidement sur la semelle carbone, c’est un vrai défaut pour moi, et ça entame un peu l’image premium du produit. Si vous êtes soigneux, que vous roulez surtout par beau temps, et que vous voulez des chaussures au look ravageur, vous pouvez foncer.
Si vous êtes du genre à trainer dans la boue ou à enchaîner les kilomètres sans jamais nettoyer votre matos… Il existe des modèles plus tolérants pour votre quotidien. 🙃

















6 réponses
Curieux d’essayer ce genre de chaussures en gravel naturellement dans une couleur plus adapté à la pratique du gravel , j’habite dans le Vaucluse où il fait très chaud l’été ! Sportivement.
Bonjour Serge, je vois peut-être deux petits inconvénients.
1. La fragilité de la chaussure.
2. Son extrême finesse fait que si vous faites du gravel engagé, le moindre caillou ou pierre qui tombe sur l’avant du pied pourrait être problématique.
Il faut aussi prendre en compte que la chaussure n’est compatible qu’avec les cales 3 trous (Même si nous sommes de plus en plus nombreux à faire du gravel avec des cales route)
Quel est l’intérêt de ce type de chaussures pour le Gravel. S’il faut marcher autant se déchausser, on évitera alors de ce faire une cheville.
Amicalement
Philippe
Pour ma part, ce n’est pas de l’usure précoce dû à la marche sur le bitume ou autres, mais plutôt des impacts sur les cales ou de la marche dans les cailloux, gravier. 😉
Merci pour ton article très agréable à lire.
Elles sont en soldes, alors je fonce, et tant pis si le vernis blanc se fait la malle, je penserais à toi!
Bonjour Mika, merci pour ton message !
Ça reste d’excellentes chaussures malgré tout (heureusement vu le prix !)