J’ai roulé plus de deux ans sur ce Cube Litening Aero C:68X, le modèle le plus abouti de la marque allemande dans sa déclinaison aérodynamique.
Un vélo que l’on croise rarement sur nos routes, et pourtant… Il coche bien des cases. Poids contenu, design travaillé, intégration parfaite, tarif presque raisonnable pour un modèle full Dura-Ace Di2 avec capteur de puissance.
À sa sortie, ce cadre avait un coup d’avance. Plusieurs saisons plus tard, il reste redoutablement efficace, et je pèse mes mots.
Les points forts :
- Poids contenu pour un vélo aéro
- Excellent rapport performance / prix
- Intégration réussie et cockpit très rigide
À améliorer
- Angle de braquage limité
Quel plaisir de voir ce vélo remis sur le devant de la scène : l’équipe TotalEnergies roulera désormais sur des vélos Cube, et c’est une excellente nouvelle à plus d’un titre.
Un design unique et des fintions propres
Le cadre en carbone C:68X (la meilleure fibre développée par Cube) affiche moins de 1000 grammes sur la balance. Pour un modèle aéro, c’est plus que correct.
La finition est impeccable, dans la lignée de ce que propose Cube depuis quelques années : peinture soignée, intégration totale de la câblerie, cockpit monobloc imposant mais cohérent, et tige de selle profilée.


Le design global reste massif sans tomber dans l’excès. Ce n’est plus le vélo le plus racé du marché visuellement, mais il dégage une vraie prestance. Ici, la peinture bleue légèrement pailletée change de visage en fonction de la luminosité. Cube propose désormais des coloris de plus en plus réussis !


Le dégagement officiel des pneus est annoncé jusqu’à 28 mm, mais j’ai roulé en 30 mm sans le moindre souci. Il restait même un peu de marge. Sur ce point, Cube a été visionnaire dès 2020 : ce vélo a clairement été pensé pour la vitesse, mais sans oublier le confort moderne.
Un vélo taillé pour la compétition
Dès les premiers tours de roues, on comprend que le Litening est un vélo taillé pour la compétition.
La géométrie est agressive : tube de selle et angle de direction prononcés, stack bas, reach long. En taille 58, c’est un vélo qui ne pardonne pas les positions approximatives. On se retrouve naturellement allongé, en position aéro, prêt à appuyer.


Le cockpit intégré (ICR Aero System) est rigide, précis, mais impose une légère contrainte : l’angle de braquage est limité à cause du passage interne des câbles. Rien de gênant en roulant, mais un peu contraignant lors des manœuvres à très basse vitesse ou quand on range le vélo dans le coffre.


Petit bémol sur le montage d’origine : en taille 58, le cintre de 44 cm est trop large pour la plupart des coureurs, et les manivelles de 175 mm un peu longues. Heureusement, Cube reste raisonnable sur le prix de ses périphériques si on veut ajuster tout ça par la suite.
Sur la route : une machine à vitesse
C’est simple : ce Cube fait partie des vélos les plus sous-cotés du peloton professionnel.
Sur le terrain, il est diaboliquement efficace. Passé les 40 km/h, on sent clairement le travail aérodynamique. En échappée, seul ou abrité derrière un petit groupe, il maintient la vitesse sans effort excessif.


Avec ses roues Newmen Advanced SLR Stream (65 mm à l’arrière, 50 mm à l’avant), le vélo reste étonnamment stable au vent. J’ai toutefois trouvé l’ensemble un peu souple en relance et j’ai fini par passer sur des DT Swiss 50 mm : moins hautes, mais plus rigides, idéales pour les courses.


Le poids global de 7,4 kg en taille 58 (mesuré) reste bon pour un vélo aéro équipé d’un groupe complet Dura-Ace même si aujourd’hui, de plus en plus de marques arrivent à se rapprocher des 7 kg avec un cadre aéro.
D’ailleurs, le Dura Ace 12 vitesses Di2 reste une référence, même si le capteur de puissance Shimano n’est pas le plus fiable du marché. Son autonomie est faible, et le cache de l’aimant s’est décollé dès la deuxième sortie. Dommage, mais rien de rédhibitoire.


Sur le plat, le vélo est une lame. Dans les bosses, son poids contenu et sa rigidité au niveau du pédalier permettent de ne pas subir tant que l’on met un peu de rythme. Sur les sprints, le transfert de puissance est excellent : le boîtier de pédalier Pressfit fait le job, sans bruit parasite après 12 000 km et une quinzaine de compétitions.


Côté confort, une pression adaptée permettra une meilleure filtration, notamment sur l’avant. Je ne l’utiliserai pas pour faire de l’utra distance, mais sur des courses de 2-3h, j’ai trouvé l’ensemble relativement cohérent.
Quand on regarde la concurrence, le Litening Aero C:68X se positionne très bien.
Un Cervélo S5, un Ridley Noah Fast ou un Van Rysel RCR-F jouent dans la même cour, mais à des tarifs bien supérieurs.
À environ 7700 € pour la version SLT full Dura-Ace Di2, Cube propose un vélo de course complet et performant, sans le vernis marketing qu’on paie ailleurs.
Ce n’est peut-être pas le vélo le plus “sexy” ou le plus exclusif du marché, mais sur la route, il délivre une expérience digne des meilleurs.
Verdict ? Un vélo validé !
Le Cube Litening Aero C:68X SLT est une arme aérodynamique, un vélo complet et remarquablement équilibré.
Il combine vitesse, confort (relatif) et efficacité, sans tomber dans la caricature du “vélo de chrono”. C’est un pur-sang qui s’exprime pleinement au-delà des 40 km/h, mais qui reste exploitable sur les parcours vallonnés.




• Vélo de route en Carbone •
Dans un marché où les tarifs s’envolent, Cube signe ici une machine qui n’a pas à rougir face aux références.
Un vélo qu’on oublie souvent de citer, mais qu’on se surprend à ne plus vouloir quitter.
Un vélo fait pour rouler vite, longtemps, et avec le sourire.



















