Test pédales CyclOptim Combo Classic : le capteur de puissance français

Le capteur de puissance dans une pédale n’est plus une curiosité. Favero a largement installé l’idée, Garmin occupe le terrain depuis longtemps, et les cyclistes qui passent de la route au gravel veulent désormais mesurer leurs watts sans multiplier les standards, les vélos et les compromis.

CyclOptim arrive exactement là. Avec une proposition assez rare : un axe capteur fabriqué en France, capable de passer d’une plateforme route à une plateforme SPD. J’ai suivi le projet depuis plusieurs années, avec ses promesses, ses retards, ses étapes de développement. Et cette fois, les pédales sont bien commercialisées.

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GP. - Capteur cycloptim
Capteur de puissance Cycloptim
⭐️ 4/5
« Une vraie alternative française intéressante ! »
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Les points forts :

À améliorer

Simon, l’un des cofondateurs, m’a envoyé un modèle de test haut de gamme : une version Classic avec mesure des deux côtés, livrée avec les plateformes route et VTT/gravel. En face, difficile de ne pas penser aux Favero Assioma Pro MX-2, qui restent aujourd’hui une référence très solide.

Un produit français qui ne cherche pas seulement à copier Favero

CyclOptim n’a pas simplement repris une recette existante. La marque a construit son produit autour d’une idée précise : placer la technologie dans l’axe, puis rendre les plateformes interchangeables.

Dans le pack Combo Classic, on retrouve deux axes connectés et quatre plateformes : une paire route MACADAM, compatible KEO ou SPD-SL selon l’option choisie, et une paire MASSIF au standard SPD pour le VTT, le gravel ou le cyclocross. Le tarif annoncé est de 890 € pour ce pack.

La gamme existe aussi en versions séparées : MACADAM pour la route à partir de 430 €, MASSIF pour le tout-terrain à partir de 480 €, avec versions Lite ou Classic selon le souhait d’une mesure mono ou double capteur. Ici, l’intérêt du test était surtout de vérifier si le concept Combo tient vraiment debout en usage réel.

Le packaging est propre, sans surcharge. Rien de spectaculaire, mais ce n’est pas forcément ce qu’on demande à ce type de produit. J’aurais simplement aimé un peu plus d’identité visuelle sur les pédales elles-mêmes. Sur la version route, la marque apparaît via un sticker discret. Sur la version SPD, quasiment rien ne permet d’identifier rapidement CyclOptim.

C’est un détail, oui. Mais sur un produit qui veut s’installer face à des références déjà très identifiées, le branding compte aussi.

Installation et connexion : simple, mais encore dépendante du GPS

Le montage se fait à l’aide d’une clé plate de 15. Rien de piégeux, mais votre multi-tool ne vous servira guère ici. Une fois les pédales installées, l’appairage avec le GPS se fait rapidement en ANT+.

Je n’ai pas rencontré de difficulté particulière pour les connecter. Le point important, c’est que les pédales communiquent aujourd’hui via ANT+. Le Bluetooth est annoncé pour une future mise à jour, mais il n’est pas encore disponible au moment de ce test.

Autre limite actuelle : CyclOptim ne propose pas encore d’application propriétaire. Le calibrage passe donc par le compteur GPS. Ce n’est pas bloquant si vous utilisez déjà des capteurs de puissance, mais l’absence d’application se ressent pour les mises à jour, le suivi produit ou certaines opérations de configuration.

La marque m’a indiqué que l’application est en développement. C’est une bonne chose, mais il faut juger le produit dans son état actuel : il fonctionne, il se connecte, il se calibre, mais l’écosystème logiciel n’est pas encore au niveau des acteurs les plus installés.

Côté recharge, le système par pin aimanté est pratique. Le connecteur placé en bout d’axe permet de charger sans démonter les pédales. Dommage, en revanche, que le câble fourni ne permette pas de recharger les deux pédales en même temps. Sur une paire double capteur, un câble doublé aurait été plus logique.

En SPD, une vraie pédale avant d’être un capteur

J’ai commencé par la configuration MASSIF, donc SPD, pour une pratique gravel et tout-terrain. C’est souvent là que les pédales à capteur de puissance doivent convaincre le plus. Parce qu’avant de parler de watts, il faut déjà que la pédale fasse correctement son travail de pédale.

La première impression est bonne. La fabrication inspire confiance, le clipsage est naturel et on retrouve vite ses habitudes si l’on roule déjà avec des pédales SPD. Le déchaussage est franc, sans sensation floue.

Il faut simplement prendre le temps de régler la tension des deux faces. Comme sur beaucoup de pédales SPD double face, l’ajustement doit être fait proprement pour obtenir une sensation homogène à droite, à gauche, et sur chaque côté de la pédale.

Après quelques réglages, je n’ai pas eu besoin de réapprendre quoi que ce soit. Et c’est probablement le meilleur compliment possible pour ce type de produit : on oublie assez vite qu’il y a un capteur de puissance dans l’axe.

Sur plusieurs centaines de kilomètres en gravel, je n’ai pas constaté d’usure excessive. La construction paraît robuste, et l’intégration de l’électronique dans l’axe limite l’exposition directe aux chocs. C’était l’un des défauts historiques des premières générations de pédales capteurs : trop exposées, trop fragiles, pas toujours rassurantes hors bitume.

Ici, CyclOptim fait le bon choix technique. Cela ne transforme pas une pédale en pièce indestructible, mais l’ensemble semble pensé pour un usage réel, pas seulement pour une fiche technique.

Le changement route / gravel est vraiment rapide

C’est la promesse la plus forte de CyclOptim : changer de plateforme sans changer tout le capteur. La marque annonce une opération très rapide. Dans les faits, oui, c’est simple.

Le passage de la plateforme SPD à la plateforme route se fait en quelques minutes quand on a compris le geste. Surtout, il est possible de le faire avec la pédale encore montée sur le vélo. Ce point change pas mal de choses.

Je ne dis pas que je ferais la manipulation tous les matins avant de partir rouler. Mais pour un cycliste qui possède un seul vélo polyvalent, ou qui alterne régulièrement entre pneus route et pneus gravel, l’intérêt est réel. On peut rouler en SPD sur les sorties mixtes, puis repasser sur une plateforme route quand on veut retrouver l’appui, les chaussures et les sensations de la route.

Sur route, l’appui est bon et les bruits absents

Une fois passées en version MACADAM, les CyclOptim donnent une sensation beaucoup plus route. La surface d’appui est satisfaisante, le clipsage tombe naturellement sous le pied, et je n’ai pas eu cette phase de flottement qu’on ressent parfois avec des pédales trop particulières.

J’avais une petite crainte sur les bruits parasites. Certaines pédales route peuvent générer des grincements, notamment selon les cales, l’usure ou la propreté du contact. Ici, rien à signaler pendant le test. Pas de craquement suspect, pas de couinement agaçant.

Le poids est légèrement supérieur à celui de la concurrence italienne la plus connue. Ce n’est pas anodin pour les cyclistes très attentifs au moindre gramme, mais ce n’est pas non plus ce qui domine à l’usage. Cela s’explique en partie par le fait que CyclOptim utilise un axe plus gros, plus rigide et avec des roulements légèrement plus lourds afin de gagner en durabilité. 

CyclOptim annonce une précision de ±1 %, une étanchéité IPX7, une recharge complète en moins de 3 heures, et plus de 1000 cycles de charge avant une perte légère d’autonomie. La batterie est scellée dans l’axe, donc non remplaçable.

Mais l’une des limites est bien là : environ 20h d’autonomie… C’est trop peu sur un accessoire de ce genre. Dans mon cas, c’est une recharge tous les 10 jours environ là où avec Favero, j’oublie complètement ce point (160h d’autonomie).

Données de puissance : pas de dérive visible pendant le test

J’ai comparé les données avec un capteur déjà installé dans le pédalier. L’objectif n’était pas de produire un protocole de laboratoire, mais de vérifier les choses qui comptent vraiment pour un cycliste : cohérence des valeurs, stabilité, pics de puissance, comportement sur les phases d’effort et absence de dérive évidente.

Sur ce point, je n’ai pas vu de valeur aberrante. Les pics de puissance sont bien repris, les phases d’effort sont cohérentes, et aucun élément externe ne m’a semblé perturber les mesures.

La version Classic apporte aussi la mesure gauche / droite, puisque chaque pédale possède son capteur. C’est une donnée intéressante, à condition de ne pas la surinterpréter. Elle prend surtout du sens dans le suivi : évolution avec la fatigue, retour de blessure, changement de position, ou comparaison dans le temps.

Les pédales fournissent également la cadence et des données liées à l’efficacité de pédalage. Là encore, l’essentiel est de garder un regard pratique. Un capteur de puissance sert d’abord à mieux gérer son effort, pas à noyer chaque sortie sous des métriques qu’on ne relit jamais.

Ce que CyclOptim doit encore améliorer

Le produit est déjà convaincant, mais il n’est pas encore totalement mûr autour de la pédale elle-même. L’absence d’application propriétaire est aujourd’hui la limite la plus visible. Tant que tout passe par le GPS, l’expérience reste fonctionnelle, mais moins fluide que chez les acteurs installés.

Le câble de charge et l’autonomie gagneraient aussi à évoluer. Un double câble pour charger les deux pédales simultanément serait plus cohérent avec une paire double capteur. 

Le branding pourrait enfin être plus affirmé. CyclOptim a une vraie histoire, une fabrication française, un concept différenciant. Sur le produit, cette identité reste trop discrète.

Face à Favero, il manque encore un peu de maturité d’écosystème, de notoriété et probablement quelques raffinements d’usage. Mais la comparaison est déjà intéressante, et pas uniquement flatteuse pour l’acteur historique.

Parce que CyclOptim apporte quelque chose de différent : avec une fabrication française et une conception qui ne donne pas l’impression d’être un simple clone.

Pour qui ces pédales CyclOptim ont-elles du sens ?

Ces pédales parlent surtout aux cyclistes qui roulent sur plusieurs types de terrains et veulent éviter d’acheter deux systèmes de mesure. Si vous avez un vélo de route et un gravel, ou un seul vélo que vous transformez régulièrement selon les sorties, le pack Combo devient pertinent.

Si vous roulez uniquement sur route, une paire MACADAM peut suffire. Si vous êtes 100 % gravel ou VTT, les MASSIF seront plus logiques. Mais le vrai intérêt de CyclOptim, à mes yeux, se trouve dans le Combo : c’est là que le concept prend toute sa valeur.

Capteur de puissance Cycloptim
⭐️ 4/5
« Une vraie alternative française intéressante ! »

Il faut accepter quelques limites actuelles : pas d’application propriétaire pour l’instant, Bluetooth annoncé pour plus tard, autonomie faible, identité visuelle discrète. En face, Favero reste une valeur sûre, plus installée, avec une expérience produit très rodée.

Mais CyclOptim réussit l’essentiel : proposer une pédale qui clipse bien, mesure proprement, se transforme vite, et ne donne pas l’impression d’être un prototype tardivement commercialisé. Le produit existe, il fonctionne, et il apporte une vraie alternative française sur un marché qui avait besoin d’être secoué.

⭐️ 4/5
« Une vraie alternative française intéressante »

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