Test Hammerhead Karoo 3 : un GPS très convaincant, mais pas sans angles morts

Après plusieurs années à utiliser mon Wahoo Roam V1, il était temps de changer de GPS. Le choix n’est pas simple : le marché est devenu très fourni, avec des modèles à quelques centaines d’euros, d’autres qui dépassent largement les 700 €, et une liste de fonctionnalités qui s’allonge à chaque génération.

C’est dans ce contexte que j’ai testé le Hammerhead Karoo 3. Il se place sur un tarif intermédiaire, mais promet une expérience assez ambitieuse : grand écran tactile, navigation avancée, personnalisation poussée des données, compatibilité avec de nombreux capteurs et possibilité d’ajouter des extensions.

Après plusieurs mois d’utilisation, sur des sorties courtes comme sur de longues distances, la question est simple : est-ce que le Karoo 3 tient vraiment son rôle de GPS complet sans basculer dans les tarifs les plus élevés du marché ?

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GPS Hammerhead Karoo 3
Hammerhead Karoo 3
⭐️ 4/5
« Une interface très lisible, intuitive, mais encore frustrante pour les longues distances »
500€
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Les points forts :

À améliorer

Une finition soignée, un format sérieux

Le Karoo 3 arrive dans un packaging sobre, sans effet inutile. On retrouve l’essentiel pour commencer à l’utiliser rapidement, avec son système de fixation et les accessoires nécessaires à l’installation.

Comme beaucoup de GPS récents, il dispose d’un écran plus grand que mon ancien Wahoo Roam V1. Il affiche aussi un poids supérieur : 120 g contre 99 g pour le Wahoo. Ce n’est pas anodin, mais le format reste suffisamment compact une fois installé sur le vélo.

Visuellement, le Karoo 3 donne tout de suite une impression de qualité. Les finitions sont propres, l’objet paraît dense, bien assemblé, et l’écran occupe une vraie place dans l’expérience.

Hammerhead permet aussi de personnaliser la coque avec plusieurs coloris. J’ai testé la version violette, mais d’autres teintes existent, notamment bleu ou gris. C’est un détail, évidemment, mais il donne au compteur un peu plus de personnalité qu’un simple bloc noir sur le cintre.

L’écran change vraiment l’usage

La première vraie différence avec mon ancien GPS, c’est l’écran. Sa résolution et sa luminosité sont nettement supérieures à celles du Wahoo Roam V1. Les cartes sont plus agréables à lire, les données ressortent mieux, et la consultation reste confortable en plein jour.

Le tactile apporte aussi beaucoup au quotidien. Le GPS est réactif, l’interface se comprend vite, et l’on n’a pas cette impression de devoir passer par trois menus pour modifier un détail.

Le Karoo 3 permet de créer plusieurs profils et d’adapter les données affichées à chacun d’eux. Par exemple, un profil route et un profil gravel, avec des champs différents selon le vélo utilisé.

C’est particulièrement pratique si l’on roule avec un capteur de puissance sur un vélo, mais pas sur l’autre. Le profil évite de se retrouver avec un champ vide inutile lorsqu’on change de configuration.

Le point qui m’a le plus marqué reste la simplicité de personnalisation. Pour modifier un champ de données, il suffit de rester appuyé dessus pour faire apparaître la liste des informations disponibles. C’est rapide, naturel, presque évident.

Il m’est même arrivé de modifier mes pages directement en roulant. Ce n’est pas forcément ce que je conseillerais comme habitude, mais cela dit bien à quel point l’interface est simple. C’est l’un des plus gros écarts avec mon ancien Wahoo.

J’ai aussi apprécié les différentes possibilités d’affichage. Les fonds colorés, notamment, permettent de repérer rapidement une zone de puissance ou de fréquence cardiaque sans devoir lire précisément chaque valeur. Sur une sortie intense ou longue, ce genre de détail compte plus qu’on ne l’imagine.

L’affichage de la distance et du dénivelé restants dans un même visuel est aussi très utile. Sur les longues sorties, cela donne immédiatement une idée de la progression et de ce qu’il reste à encaisser.

Une navigation intuitive, mais un zoom un peu limité

Après plusieurs mois d’utilisation, la navigation est devenue très intuitive. La carte est claire, lisible, et l’on s’habitue rapidement à sa logique.

J’aurais toutefois aimé davantage de niveaux de zoom. Le Karoo 3 en propose trois, là où mon ancien Wahoo Roam V1 allait plus loin. Ce n’est pas bloquant la plupart du temps, mais il m’est arrivé de chercher un niveau intermédiaire, notamment pour mieux comprendre une bifurcation ou une zone un peu dense.

À l’inverse, j’ai beaucoup apprécié la possibilité d’explorer librement la carte. On peut dézoomer, déplacer la carte au doigt, regarder ce qui se trouve autour de soi, un peu comme sur un smartphone.

Cela permet de repérer une route, un village, un point d’intérêt ou un lieu précis sans être prisonnier de la zone autour de sa position. Ensuite, il suffit d’appuyer directement sur un point de la carte pour demander au GPS de calculer un itinéraire jusqu’à cet endroit.

C’est très pratique lorsqu’on cherche un point d’eau, un café, ou simplement une destination non prévue au départ. Dans ces moments-là, le Karoo 3 donne vraiment l’impression d’un outil moderne, pensé pour s’adapter à la sortie plutôt que de rester figé sur une trace.

La sélection des itinéraires est également réussie. Lorsque plusieurs parcours sont enregistrés, on peut retrouver facilement celui que l’on veut grâce au pavé numérique, puis visualiser directement son tracé sur la carte avant de le lancer.

L’ensemble est clair, rapide, lisible. Et cela participe largement à cette impression de produit abouti que donne le Karoo 3 dès les premières utilisations.

Des extensions utiles pour adapter le GPS à sa pratique

Le Karoo 3 fonctionne avec un système d’extensions qui permet d’ajouter des fonctionnalités au GPS.

On peut par exemple installer Epic Ride Weather pour retrouver des informations météo directement sur le compteur, ou ajouter d’autres extensions pour enrichir les données affichées.

Ce système apporte une vraie flexibilité. Il permet d’adapter le GPS à ses besoins, sans dépendre uniquement des fonctions installées d’origine. C’est l’un des éléments qui donne au Karoo 3 cette sensation d’outil évolutif, presque plus proche d’un smartphone que d’un compteur vélo traditionnel.

Shimano Di2 : une compatibilité possible, mais pas native

Les utilisateurs de Shimano Di2 doivent composer avec une contrainte. Hammerhead appartenant au groupe SRAM, il n’existe pas d’intégration native permettant de connecter directement un Shimano Di2 au Karoo 3 pour afficher les rapports engagés.

Il est néanmoins possible de passer par une extension tierce, KI2. La configuration reste relativement simple et permet de retrouver les informations du Di2 sur le GPS.

Il faut simplement garder en tête qu’il ne s’agit pas d’une solution officielle Hammerhead. De mon côté, il m’est arrivé que les rapports ne s’affichent pas correctement sur certaines sorties malgré l’utilisation de KI2.

Ce n’est pas rédhibitoire, mais sur un GPS aussi complet, une intégration native aurait été appréciable.

Une application mobile claire et intuitive

Le Karoo 3 est également accompagné de l’application mobile Hammerhead, qui permet de retrouver au même endroit l’ensemble de ses parcours provenant de différentes plateformes, comme Strava ou Komoot. On peut également y consulter son historique de sorties ou encore importer des entraînements structurés, qui sont ensuite automatiquement transférés sur le Karoo 3.

L’application se veut claire et intuitive. Elle complète efficacement l’expérience du GPS et permet de centraliser facilement ses différentes activités et parcours.

Dans mon cas, je dois toutefois reconnaître que je l’ai très peu utilisée. Le Karoo 3 étant particulièrement simple à utiliser directement depuis le GPS, je n’ai quasiment jamais ressenti le besoin de passer par l’application. La seule fonctionnalité que j’ai réellement utilisée régulièrement est le partage de ma position avec mes proches, notamment lors de mes sorties longues.

Une analyse des données qui reste assez basique

Côté données, l’application permet de retrouver les principales informations liées à chaque sortie : distance, dénivelé, vitesse, puissance, cadence, fréquence cardiaque ou encore calories dépensées. On retrouve également des graphiques permettant de suivre l’évolution de ces différentes données au fil de la sortie.

L’analyse est donc suffisante pour revenir sur une sortie et comprendre son déroulement, mais elle reste assez limitée lorsqu’il s’agit de suivre sa progression dans le temps. C’est notamment sur ce point que Garmin va beaucoup plus loin avec Garmin Connect. La plateforme permet de mettre en perspective ses données sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, avec des graphiques dédiés au suivi de la charge d’entraînement, du statut d’entraînement ou encore de la VO₂ max. La Power Curve permet également de suivre ses meilleures puissances sur différentes durées et de les comparer à ses performances récentes.

Ce type de suivi permet de prendre du recul sur ses performances et de voir concrètement sa progression au fil des semaines ou des mois. C’est une dimension que l’on retrouve beaucoup moins dans l’écosystème Hammerhead.

Pour consulter les données essentielles d’une sortie, l’application Hammerhead remplit donc parfaitement son rôle. En revanche, pour les cyclistes qui souhaitent utiliser leurs données comme un véritable outil de suivi de leur entraînement et mesurer leur progression sur le long terme, Garmin propose une analyse nettement plus poussée.

L'avis complémentaire de Césane
L'avis complémentaire de Césane+10 000 km avec le Hammerhead Karoo 3
En tant que designer, je suis particulièrement sensible à l’ergonomie et à la simplicité d’utilisation. Et sur ce point, je trouve que Hammerhead réalise un véritable sans-faute. Ce sont surtout les petits détails du quotidien qui font la différence : la possibilité de partager en quelques secondes un itinéraire par Bluetooth avec un autre utilisateur Karoo, ou même de lui transmettre ses profils de données déjà configurés. J’apprécie aussi énormément la heatmap personnelle, qui permet de visualiser les routes déjà empruntées et de retrouver facilement son chemin sans devoir recréer un itinéraire. Autre fonction particulièrement pratique : depuis Google Maps sur son téléphone, il suffit de sélectionner une destination et de la partager au Karoo pour lancer directement la navigation sur le compteur. Ce sont toutes ces petites attentions, simples et bien pensées, qui rendent l’expérience utilisateur particulièrement agréable au quotidien.

Une autonomie suffisante pour les longues sorties

Côté autonomie, j’ai constaté environ 10 % de batterie consommée par heure avec une utilisation complète : navigation, radar, capteur de puissance et luminosité automatique.

Cela représente environ 10 heures d’utilisation dans ces conditions.

Étant particulièrement adepte des longues distances, c’était un point que je surveillais. Finalement, je n’ai jamais terminé une sortie avec la crainte de tomber à court de batterie. J’ai notamment réalisé plusieurs sorties de 8 heures sans devoir brider l’utilisation du GPS pour préserver l’autonomie.

Le Karoo 3 se met aussi en veille lors des arrêts, par exemple pendant une pause repas, ce qui limite fortement la consommation. Plusieurs modes d’économie d’énergie permettent également de prolonger l’autonomie lorsque c’est nécessaire, avec notamment la mise en veille de l’écran en roulant.

Pour une longue sortie ponctuelle, cette autonomie me paraît donc largement suffisante. Elle peut devenir plus contraignante pour les cyclistes qui roulent très souvent, quatre à six fois par semaine, car il faudra recharger le GPS régulièrement.

Il faut aussi voir cette autonomie comme un compromis. Le Karoo 3 est proposé à un tarif inférieur à certains GPS très haut de gamme, et certains choix techniques participent forcément à cette différence. À mon sens, l’autonomie reste acceptable pour la majorité des utilisateurs.

Ceux qui placent l’autonomie très au-dessus du reste pourront regarder des compteurs construits autour de cette priorité, comme le Coros Dura et son autonomie impressionnante. Le Karoo 3, lui, mise davantage sur l’écran, l’interface et l’ergonomie globale.

Le profil complet de l’itinéraire manque vraiment

Il y a une fonctionnalité qui m’a réellement manqué pendant ce test : l’affichage du profil complet de l’itinéraire.

Sur mon ancien Wahoo, j’avais une page dédiée permettant de visualiser l’intégralité du profil de la sortie, avec les montées, les descentes et les portions plus plates.

Pour un cycliste habitué aux longues distances, cette information est très utile. Elle permet d’anticiper les difficultés à venir, de gérer son effort et de mieux répartir son énergie sur plusieurs heures.

Le Karoo 3 affiche bien le profil des ascensions lorsque l’on approche de celles-ci, mais il ne propose pas de visualisation complète du profil de l’itinéraire.

Il existe une extension non officielle pour obtenir un profil plus complet, mais son intégration reste moins aboutie qu’une fonction native.

C’est probablement le point qui m’a le plus surpris. Après plusieurs années avec un Wahoo proposant cette fonctionnalité, je pensais naturellement la retrouver sur un GPS aussi complet que le Karoo 3.

La ceinture cardiaque Hammerhead, légère et efficace

J’ai également testé la ceinture cardiaque Hammerhead.

Le premier élément marquant, c’est son poids : 43 g contre 52 g pour ma Garmin HRM-Pro Plus. Je ne pensais pas que quelques grammes pouvaient faire une différence aussi nette, mais la ceinture se fait réellement oublier une fois portée.

Côté données, rien à signaler : les valeurs enregistrées sont cohérentes avec celles de ma ceinture Garmin.

Pour un tarif plus faible que certains modèles concurrents chez Wahoo ou Garmin, elle constitue donc une solution intéressante pour les cyclistes qui recherchent simplement une ceinture fiable pour mesurer leur fréquence cardiaque, sans forcément avoir besoin des fonctions supplémentaires des modèles plus haut de gamme.

Face à la concurrence, un équilibre assez juste

Face aux modèles les plus haut de gamme du marché, le Karoo 3 adopte un positionnement intermédiaire. Il reprend beaucoup de codes d’un GPS premium, tout en restant plus accessible que les références les plus chères.

Son intérêt tient dans l’équilibre entre fonctionnalités, ergonomie et prix.

Un exemple parlant concerne les commandes. Le Karoo 3 combine écran tactile et boutons physiques, avec la possibilité de passer de l’un à l’autre selon les conditions. Sur le vélo, ce choix a du sens. Avec des gants ou sous la pluie, le tactile peut devenir moins agréable, alors que les boutons permettent de garder la main sur les fonctions essentielles.

C’est notamment ce qui le distingue d’un Garmin Edge 1050, qui repose entièrement sur le tactile. Cette approche donne une interface moderne et épurée dans de bonnes conditions, mais elle peut montrer ses limites quand le roulage se complique.

Avec le Karoo 3, Hammerhead conserve les boutons en complément du tactile. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est une décision très vélo. Une décision qui tient compte de ce qui se passe vraiment sur la route, avec des gants, de la pluie, de la fatigue, ou simplement une main moins précise après plusieurs heures.

Ce que je retiens après plusieurs mois

Après plusieurs mois d’utilisation, le Karoo 3 m’a globalement convaincu.

Son écran, la personnalisation des données et l’ergonomie générale sont les éléments les plus marquants. Ce sont des fonctions que l’on utilise à chaque sortie, et qui rendent le GPS vraiment agréable au quotidien.

J’ai été plus surprise par l’absence d’un profil complet de l’itinéraire, que je considère comme très important pour la gestion de l’effort sur longue distance. L’absence d’intégration native du Shimano Di2 est aussi regrettable, même si l’extension KI2 permet de contourner partiellement cette limite.

Hammerhead Karoo 3
⭐️ 4/5
« Une interface très lisible, intuitive, mais encore frustrante pour les longues distances »
500€

Malgré ces réserves, le Karoo 3 propose un très bon équilibre entre fonctionnalités, simplicité d’utilisation et prix. Il me paraît particulièrement adapté aux cyclistes qui roulent régulièrement et veulent un GPS complet, lisible et personnalisable, sans forcément viser le modèle le plus haut de gamme du marché.

Ce n’est pas le compteur le plus endurant, ni le plus complet sur chaque détail. Mais à l’usage, c’est un GPS que l’on prend vite l’habitude d’apprécier.

⭐️ 4/5
« Une interface très lisible, intuitive, mais encore frustrante pour les longues distances »

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