Le Colnago G4-X occupe une place assez claire dans la gamme de la marque italienne : celle du gravel orienté performance. Pas le vélo de voyage. Pas le gravel utilitaire bardé d’inserts. Pas non plus le vélo pensé pour aller se perdre dans des singles trop engagés.
Non, le G4-X vise autre chose : rouler vite, longtemps, sur des parcours gravel plutôt roulants, avec cette frontière toujours plus fine entre vélo de route et vélo tout-terrain léger.
Et forcément, depuis le titre mondial de Florian Vermeersch en 2025 sur ce modèle, le vélo a gagné une forme de légitimité supplémentaire. Ce n’est pas juste un gravel “race” de catalogue. C’est un vélo qui a gagné au plus haut niveau de la discipline.
Les points forts :
- Comportement très sain à haute vitesse
- Bon équilibre entre rigidité, confort et stabilité
- Coloris profond et très réussi
- Transmission Campagnolo Super Record X parfaitement cohérente avec le vélo
À améliorer
- Pas de stockage interne
- Support GPS perfectible
Le modèle essayé ici reprend le coloris de celui vu sur le vélo champion du monde. Un vert profond, vraiment réussi, avec de petits sapins sur la fourche et les haubans arrière. C’est joli, bien exécuté, et ça donne au vélo une vraie présence.
En revanche, je reste un peu partagé sur le lien avec l’identité Colnago. L’effet montagne / gravel fonctionne visuellement, mais on ne retrouve pas forcément cette patte italienne historique que l’on associe spontanément à la marque. C’est un détail, mais sur un Colnago, les détails comptent.


Un cadre bien pensé, mais pas aussi complet qu’attendu
Sur le cadre, le G4-X propose l’essentiel pour un gravel sportif moderne. On retrouve deux points de fixation sur le top tube, joliment dissimulés sous un petit cache très propre. Sous le tube diagonal, deux inserts supplémentaires permettent d’ajouter un porte-bidon ou une petite solution de transport.
Et ensuite, ça s’arrête presque là.


Pas de stockage interne. Pas de multiples positions de porte-bidons pour ajuster précisément l’emplacement selon les sacoches ou la taille du cadre. Pas d’ancrages sur la fourche. Sur ce dernier point, ce n’est pas vraiment choquant : le G4-X n’est pas conçu pour le bikepacking engagé, et lui ajouter des inserts partout aurait brouillé son positionnement.
Le plus regrettable reste l’absence de rangement interne. En 2026, même sur un vélo performance, ce type de solution a du sens. Pas pour transporter sa maison, mais pour loger une chambre, une mèche tubeless, une cartouche CO2 ou un mini-outil sans multiplier les accessoires visibles.


Ce n’est pas rédhibitoire. Mais sur un vélo de ce standing, on aimerait que Colnago pousse un peu plus loin l’intégration pratique.
Le boîtier de pédalier T47 est en revanche une très bonne chose. C’est cohérent, moderne, mécaniquement rassurant, et plutôt bienvenu sur un vélo destiné à encaisser des contraintes mixtes entre route rapide et chemins.


Un cockpit très route, mais cohérent avec le programme
Le G4-X est livré avec un cockpit Colnago maison qui tire davantage vers la route que vers le gravel aventure. La largeur reste contenue, la position est sportive, et l’ensemble correspond bien au programme du vélo.
Ce n’est pas le poste de pilotage le plus rassurant pour aller chercher du technique à basse vitesse, mais ce n’est pas ce qu’on demande ici. Sur route, sur piste rapide, sur chemin roulant, cette approche prend tout son sens.
On retrouve cette idée de vélo passerelle : un gravel capable de parler aux routiers sans les sortir brutalement de leurs repères.


Un point m’a toutefois déçu : le support GPS a tendance à glisser. Là encore, ce n’est pas dramatique. Mais ce sont précisément ces petits détails qui font la différence sur un vélo premium. Quand on achète un Colnago, on n’attend pas seulement un bon cadre. On attend aussi cette somme de finitions et de petites attentions qui justifient l’aura de la marque.
Même remarque pour l’absence d’indication claire de serrage au couple sur certaines zones. Sur un vélo carbone haut de gamme, ce genre d’information devrait être évident, visible, rassurant.


Sur le terrain : stable, rapide, mais pas brutal
C’est finalement sur le terrain que le G4-X se rattrape largement.
J’avais une crainte assez simple avant de rouler avec : tomber sur un gravel trop raide, trop exigeant, trop typé course. Un vélo efficace, oui, mais fatigant dès que le terrain se dégrade.
Ce n’est pas le cas.
Le Colnago G4-X est stable à haute vitesse, suffisamment rigide pour répondre franchement quand on appuie, mais il conserve un vrai confort. Ce n’est pas un canapé, évidemment. Mais pour un gravel performance, l’équilibre est très réussi.


Avec les roues Campagnolo Bora X, relativement rigides, le montage testé ne cherchait pourtant pas à adoucir le vélo. Malgré cela, le G4-X reste sain, prévisible et pas aussi exigeant qu’on pourrait l’imaginer.
Il donne envie de rouler vite, mais sans punir à chaque imperfection du terrain.
Sur les portions roulantes, il garde beaucoup de vitesse. Sur route, il se comporte presque comme un vélo d’endurance musclé, surtout si l’on imagine une paire de roues plus routière et des pneus adaptés. Sur chemin, il reste posé, précis, et suffisamment filtrant pour maintenir l’allure sans se crisper.


Un gravel taillé pour l’Europe, pas pour l’extrême
Il faut bien comprendre le terrain de jeu du G4-X. Ce vélo n’est pas fait pour du gravel très engagé, cassant, lent, technique, avec des sections qui flirtent avec le VTT.
Il peut y aller ponctuellement. Mais ce n’est pas là qu’il s’exprime le mieux.
Son domaine, ce sont les parcours rapides, les longues pistes, les chemins blancs, les sections roulantes, les événements européens où l’on alterne route, gravier compact et chemins agricoles. En clair : exactement le type de terrain que l’on retrouve sur beaucoup d’épreuves gravel actuelles, y compris au plus haut niveau.
Sur ce point, son titre mondial prend du sens. Le G4-X n’est pas un gravel spectaculaire sur la fiche technique. Il n’a pas des pneus énormes, une suspension, un cintre ultra-large ou un empilement d’accessoires. Mais il est cohérent pour aller vite sur un gravel moderne et roulant.


Colnago annonce un passage de pneus jusqu’à 45 mm. Ce n’est pas énorme à l’heure où certains gravels dépassent largement cette valeur, mais cela reste suffisant pour l’usage visé. Avec des pneus polyvalents en 45 mm, le vélo garde un comportement très sain. Sur route, le rendement est forcément pénalisé par rapport à des pneus race plus roulants, mais le G4-X conserve une vraie efficacité.
Avec une monte plus rapide, il y aurait probablement encore un cran à gagner.


Campagnolo Super Record X : un montage qui colle parfaitement
Le vélo testé était équipé de la transmission Campagnolo Super Record X, qui a fait l’objet d’un test dédié. Difficile toutefois de ne pas en parler ici, tant le groupe colle bien à l’esprit du G4-X.
Sur un vélo italien, orienté performance, avec une esthétique aussi soignée, l’association fonctionne très bien. La transmission sublime le vélo, autant visuellement que dans l’usage.
Seul vrai regret sur ce montage : le plateau de 38 dents. Pour mon profil et mon terrain de jeu, ce n’est clairement pas adapté. On se retrouve trop souvent sur les deux ou trois derniers pignons dès que la vitesse augmente ou que le terrain devient roulant.


Sur un gravel de ce type, qui incite naturellement à garder de l’allure, un développement plus ambitieux aurait eu davantage de sens. Ce n’est pas un reproche au cadre, plutôt une réserve sur le montage précis essayé.
Pour le reste, rien à redire : le groupe fonctionne très bien et renforce encore le caractère haut de gamme du vélo.


Mon avis sur ce gravel Colnago
Le Colnago G4-X est un très bon gravel performance. Pas parce qu’il coche toutes les cases du moment, justement. Mais parce qu’il reste cohérent avec son programme.
Il va vite, il reste stable, il filtre mieux que ce que son positionnement laisse imaginer, et il ne demande pas d’être un pilote professionnel pour en profiter. Sur un parcours gravel roulant, sur une épreuve européenne, ou avec une deuxième paire de roues pour alterner route et chemins, il a beaucoup de sens.
Il n’est pas parfait. L’absence de stockage interne, les petits détails de finition fonctionnelle et certaines limites d’équipement rappellent que Colnago aurait pu aller plus loin. À ce niveau de gamme, on attend presque autant les détails que le comportement dynamique.
Mais une fois sur le vélo, l’essentiel est là. Le G4-X roule juste, roule vite, et donne envie d’appuyer.
Ce n’est pas le gravel le plus polyvalent du marché. Ce n’est pas le plus aventureux non plus. Mais pour rouler fort sur les bons terrains, il mérite clairement son statut.










10 réponses
L équivalent d un cervelo aspero 5 ancienne génération?
Est il UDH?
Merci
Bonjour Guillaume, oui, l’idée est assez proche d’un Cervélo Áspero-5 ancienne génération : un gravel très orienté rendement, rapide, plus à l’aise sur les pistes roulantes et les longues portions gravel que dans le cassant technique. Le Colnago m’a semblé toutefois un peu moins “sec” que ce que l’on peut attendre de ce type de vélo, avec une belle stabilité à haute vitesse. Et oui, le G4-X est bien compatible UDH.
Je possède un GX4 et je confirme tes dire , vélo qui peut faire les deux , Gravel et route en changeant les roue avec une paire Gravel et une route …. J en suis pleinement satisfait , il reste confortable et réactif …
Merci pour ton retour, c’est toujours intéressant d’avoir l’avis d’un propriétaire au quotidien. C’est exactement ce qui ressort du G4-X : avec deux paires de roues bien choisies, il peut vraiment jouer ce rôle de passerelle entre route rapide et gravel roulant, sans donner l’impression de faire trop de compromis. Vraiment bluffé par le confort pour un vélo de ce calibre
Même analyse !
Le boîtier T47 est un plus mais la boîte de rangement m’a orientée sur un autre choix de vélo. Pour moi, c’est n’est plus un détail.
Mais ceux que je connais qui ont ce vélo, je roule sur la route et en gravel avec eux sur le même vélo..ils l’adorent.
Merci Fred pour ton retour. Je te rejoins complètement : sur un gravel moderne, surtout à ce niveau de gamme, le rangement interne n’est plus seulement un gadget, c’est devenu un vrai critère de choix pour beaucoup de pratiquants.
Bonjour Hugo.
Après avoir parcouru en 1an 1/2 13 000 km sur mon G4X ( en Campa Ekar et roue Shamal ), je suis très satisfait de sa polyvalence.
Comme tu l’indiques, le G4X est non seulement vif et rapide ( sur chemin roulant comme sur route ) mais il reste également confortable .
En revanche, il n’est pas vraiment à son aise( comme moi d’ailleurs )sur les parcours cassants et techniques ( pneus de 40mm gonflés à 2 bars )
Bonjour, merci beaucoup pour ce retour très solide après 13 000 km. Je te rejoins complètement : le G4-X a cette vraie polyvalence “rapide”, capable de bien rouler sur route et chemins roulants, sans devenir inconfortable pour autant. En revanche, dans le cassant et le technique, surtout en 40 mm à 2 bars, on atteint assez vite les limites du vélo… et parfois celles du pilote aussi !
1 an que je roule avec après 5 ans de Cannondale topstone lefty en 650. Changement radical mais je voulais un gravel un peu plus « racing » qui me permette de faire de la route avec du rendement également. Montage origine en grx 2×12 et tubeless Vittoria Terreno 50 en 45mm sur des fulmcrum rapid red 900. Cintre/potence origine,pas de combo cc.01.
Le ressenti de ton test correspond bien a ce que j’en pense également. Très bon équilibre rigidité/confort/réactivité/precision dans les trajectoires.Une 2ème paire de roues (carbone) est en réflexion pour une utilisation pur route que je chausserais de tubeless en 32mm voir 36mm.
Et cette peinture 🤩😍.
Merci Eric pour ce retour très intéressant, surtout avec le recul d’un an et la comparaison avec un Topstone Lefty, qui est effectivement dans une philosophie très différente. Une deuxième paire carbone en 32 ou 36 mm peut vraiment avoir du sens pour exploiter son côté “route endurance sportive”, sans dénaturer le vélo. Et oui, la peinture fait clairement partie du plaisir sur ce modèle !