Derrière Q36.5, il y a une idée assez simple sur le papier : maintenir le corps à sa température optimale de fonctionnement, autour de 36,5°C. Toute la marque est construite autour de ce principe, avec des produits pensés pour réguler la chaleur, quelle que soit l’intensité ou les conditions.
Avec la Dottore Clima, cette philosophie est poussée jusqu’à la chaussure. L’objectif est clair : maximiser la respirabilité et le confort, sans tomber dans une chaussure trop permissive.
Les points forts :
- Respirabilité très marquée et réellement perceptible
- Confort élevé grâce au mesh sans couture
- Double BOA Li2 précis et ajustable en roulant
- Très bon maintien du talon
- Réglage des cales bien pensé
À améliorer
- Design Gris glacier assez chargé visuellement
- Prix élevé
Dès la sortie de boîte, on comprend que l’on n’est pas sur une chaussure classique.
La construction en mesh tricoté donne immédiatement cette sensation de légèreté et de souplesse. On est dans une logique de chausson, avec une structure sans couture et des zones de densité variable pour gérer à la fois le maintien et la ventilation.


Ce type de construction n’est pas totalement nouveau. On l’a déjà vu chez certaines marques avec des approches similaires autour du tricot. Mais ces modèles font souvent des compromis sur le système de serrage, avec des configurations plus minimalistes.
Ici, Q36.5 fait un choix différent : conserver cette construction en mesh tout en ajoutant un double BOA Li2. Et dans la pratique, cela apporte des bénéfices, notamment le fait de pouvoir ajuster précisément le serrage en cours de route.
Visuellement, le modèle “Gris glacier” est assez chargé. Entre les différentes textures et couleurs, les multiples logos et les BOA aux mécanismes apparents, l’ensemble manque un peu de sobriété.


Dans le même registre, le rendu avec des chaussettes blanches n’est pas forcément le plus heureux. Sur le coloris Gris glacier, qui mélange déjà plusieurs nuances (gris, beige), l’ajout d’un blanc plus franc vient encore complexifier l’ensemble. On se retrouve avec trop de tons différents, et un rendu visuel qui manque un peu de cohérence.
Côté finition, en revanche, le niveau est là. Le talon est très bien maintenu avec un renfort légèrement moelleux, et l’ensemble respire le produit haut de gamme.


Prise en main
Premier point concret : l’enfilage.
Q36.5 fournit un chausse-pied, et il est loin d’être optionnel. Avec la construction en mesh, enfiler la chaussure peut devenir pénible. Le tissu accroche un peu la chaussette et crée des plis… alors qu’avec le chausse-pied, tout devient simple et fluide.


Une fois le pied en place, la sensation est immédiate : on est dans un chausson. Même sans serrer, le pied tient déjà bien, notamment grâce au maintien du talon et à l’enveloppement du cou-de-pied.
Les BOA Li2 apportent ensuite le niveau de précision attendu. Le serrage est facile à ajuster en roulant, ce qui est loin d’être un détail sur ce type de chaussure où l’on peut rapidement sous-estimer le besoin de maintien.


Même en serrant correctement, on garde une certaine liberté liée à la construction en mesh. La chaussure épouse parfaitement le pied, mais elle l’accompagne plus qu’elle ne le verrouille. On peut toujours incliner le pied, sentir que la structure suit le mouvement (ce qui est beaucoup moins le cas avec des modèles plus rigides).
Sous la semelle, le système de rails pour les cales est bien pensé. Le fait que les trois points de fixation soient solidaires simplifie les réglages. C’est un bon point puisque ce n’est pas le cas sur toutes les chaussures haut de gamme. Aussi, la possibilité de reculer les cales assez loin s’inscrit dans les approches actuelles d’études posturales.


Côté sizing
En suivant le guide des tailles de la marque, j’étais entre le 38 et 39, mais j’ai finalement opté pour une paire en 38 (bien que je fasse du 39 chez Shimano et S-Works).
À la sortie de la boite, cela m’a clairement fait douter : la chaussure paraît très petite, et surtout très fine. Mais dans les faits, le 38 est bien la bonne taille. Le mesh joue énormément ici : il permet de ne pas se sentir compressé même si nous n’avons pas un pied particulièrement fin. On n’a ni douleur, ni sensation d’écrasement, ce qui peut surprendre au vu du volume réel de la chaussure.


En revanche, contrairement à ce qu’annonce la marque, on n’est pas sur une chaussure avec un avant-pied particulièrement spacieux. Le chausson reste globalement étroit. Le mesh s’adapte, mais la base ne change pas. Il n’y a pas de point dur, mais si vous avez le pied large, vous allez donc sentir que vous étirez le chausson (puisque la matière le permet), mais que dessous, la semelle, elle, reste relativement fine.
Sur le terrain
C’est sur le terrain que la logique Q36.5 prend tout son sens.
La respirabilité, d’abord : c’est sans doute l’un des points les plus marquants. L’air circule réellement à travers le mesh à l’avant du pied. En descente, la sensation est très nette, avec un refroidissement immédiat des orteils. On n’est pas sur une ventilation symbolique, mais sur quelque chose de très concret.
Le confort est dans la même lignée. L’absence de couture et la souplesse du mesh font disparaître les points de pression. Même avec un pied qui n’est pas particulièrement fin, on évite la sensation d’écrasement qu’on peut retrouver sur des chaussures très rigides.


Mais cette liberté a une contrepartie.
En usage plus engagé, la sensation de rigidité est en retrait par rapport aux références du marché. Ce n’est pas tant la semelle carbone qui pose question, mais l’ensemble de la structure en mesh. Quand on appuie fort ou que le pied n’est pas parfaitement aligné, on sent que le chausson travaille.
En endurance, cela passe totalement inaperçu et est même très confortable. Mais pour des sprints, par exemple, il sera nécessaire de serrer davantage les BOA pour retrouver une sensation de pied bien maintenu.


Les semelles internes Solestar, elles, se font totalement oublier. Pas de sensation intrusive, ni de correction que l’on sent sous le pied. Tout tombe juste en terme de positionnement.
Enfin, l’entretien est à prendre en compte. Le mesh est agréable à porter, mais il marque vite. Pollens, projections, frottements… surtout sur des coloris clairs, la chaussure se salit rapidement et demande un peu plus d’attention qu’une tige classique.


Face aux modèles très rigides du marché, la Dottore Clima ne joue pas sur le même terrain. Elle privilégie le confort et la ventilation au maintien absolu.
Elle se rapproche davantage des approches en mesh déjà vues ailleurs, mais avec une différence importante : la présence d’un serrage BOA complet, qui permet de conserver un vrai ajustement en roulage. C’est probablement là que Q36.5 apporte quelque chose de plus cohérent pour un usage intensif.
Mon avis sur ces chaussures
La Q36.5 Dottore Clima ne cherche pas à faire comme les autres, et c’est précisément ce qui fait son intérêt.
Elle propose une approche de la chaussure de route beaucoup plus axée sur le confort, la respirabilité et la liberté de mouvement que sur le maintien absolu. Et sur ces points, le résultat est difficile à remettre en question.
Si vous venez de modèles très rigides et très verrouillés, la sensation peut surprendre au début. Le maintien est différent. Mais une fois qu’on s’y habitue, le niveau de confort devient difficile à quitter.
Dans mon cas, c’est simple : revenir sur des chaussures aussi haut de gamme mais plus rigides est devenu compliqué, tant l’écart en matière de confort est marqué.
Ce n’est pas une chaussure accessible, avec un tarif autour de 470 €, au même niveau que les modèles les plus haut de gamme du marché. Le positionnement est cohérent avec d’autres modèles en mesh, mais à ce prix, la comparaison devient inévitable avec des références très performantes, souvent proposées moins cher.
À ce prix-là, le choix est donc assez clair : on ne paie pas ici pour la rigidité maximale ou le rendement pur, mais pour une autre expérience, centrée sur le confort et la régulation thermique.
La Dottore Clima est donc une chaussure chère et assumée, mais qui se défend si le confort devient votre priorité.









2 réponses
Quelle est la vraie différence en ventilation avec la gregarius de Q36.5 également?
Merci
Bonjour Guillaume, Césane n’a pas eu les deux modèles en comparaison directe dans les mêmes conditions, donc difficile de chiffrer précisément l’écart. Mais sur la Dottore Clima, la différence se sent surtout par le flux d’air à travers le mesh à l’avant du pied : en descente ou par temps chaud, c’est très perceptible, presque immédiat sur les orteils. La Gregarius semble davantage pensée comme une chaussure plus polyvalente et plus “classique” dans sa ventilation, donc probablement moins ouverte et moins fraîche, mais aussi un peu plus protectrice. Si la priorité est la ventilation maximale, la Dottore Clima garde clairement l’avantage.