Depuis quelques années, le bikefitting (ou étude posturale) s’impose dans le monde du vélo. Longtemps considéré comme un service réservé aux coureurs et coureuses élites, il s’est largement démocratisé. Et c’est une excellente nouvelle.
Car être bien positionné.e sur son vélo n’a rien d’un caprice de performance. C’est la base pour rouler longtemps, sans douleur et avec efficacité.
Si vous ressentez la moindre gêne quand vous roulez, cet article devrait vous intéresser. 👇
🚀 En bref :
Le bikefitting est essentiel pour ajuster sa position sur le vélo, améliorant confort et efficacité.
Prisé par tous les cyclistes, il corrige les inconforts dus aux composants standards souvent non adaptés, notamment pour les femmes.
Le bikefitting allie approche clinique et données techniques pour des ajustements personnalisés et précis.
Les tarifs varient de 80 à 300 €, selon la méthode utilisée, garantissant une pratique vélo sans douleur et durable.
Pourquoi faire une étude posturale ?
Beaucoup de cyclistes roulent avec une position correcte… Jusqu’à ce qu’elle ne le soit plus. Sur la durée, les petites approximations deviennent des tensions, puis des douleurs (genoux, dos, cervicales, périnée), jusqu’à parfois provoquer de vraies blessures.
Le bikefitting vise à ajuster votre vélo en fonction de votre morphologie, de votre pratique et de votre volume d’entraînement. L’objectif est simple : que votre vélo devienne un espace confortable et efficace, quelles que soient vos ambitions.
Quand c’est bien fait, le résultat est évident : moins de douleurs, plus de confort, et une position qui tient la route dans le temps.
Qui peut faire un bikefit ?
Tout le monde !
Dès que vous faites environ trois heures de vélo par semaine, le bikefitting prend du sens. Peu importe si ces trois heures sont faites en vélotaf, en gravel, en VTT ou sur home trainer. Peu importe aussi que vous rouliez avec des pédales plates ou automatiques.
Un bikefit ne vise pas à transformer quelqu’un en cycliste élite. Il vise à adapter votre vélo à qui vous êtes, à ce que vous faites et à ce que vous voulez faire.
Femmes, hommes, débutants, experts, coursiers et coursières ou simples passionné.e.s : tout le monde est concerné.
Aujourd’hui, les femmes ont encore plus intérêt à faire un bikefitting, car l’industrie du cycle propose rarement des vélos réellement adaptés à leur morphologie (hors sur-mesure et marque Liv).
Un exemple simple : la plupart des marques continuent d’équiper leurs vélos en taille XS ou XXS avec des manivelles de 170 mm ou plus. C’est l’équivalent de donner des chaussures en taille 44 à quelqu’un qui fait du 38…
Résultat : des manivelles trop longues provoquent une instabilité du bassin à chaque coup de pédale, qui se traduit très souvent par des douleurs (lombaires, aine, inconfort sur la selle…).
Même problème du côté des cintres. Ils sont encore majoritairement pensés pour des épaules masculines et donc trop larges pour beaucoup de cyclistes femmes. Cela modifie le confort et le pilotage.
Bref, les composants “standards”, parce qu’ils sont conçus autour de données masculines, génèrent davantage d’inconforts et de douleurs chez les femmes.
Le bikefitting permet de corriger ces écarts et de rééquilibrer complètement la position. Mais il faut aussi le dire : ces corrections passent souvent par des changements de composants, ce qui représente un coût supplémentaire que les femmes subissent plus que les hommes.
Quand faire un bikefit ?
Plusieurs situations méritent un passage chez un ou une bikefitter :
- Avant et après l’achat d’un nouveau vélo
- Avant l’achat : inutile de faire un bikefit complet, mais il est intéressant de se renseigner auprès d’un bikefitter (qui a une approche différente d’un vendeur) pour savoir quel type de vélo et quelle taille vous conviendront réellement.
- Après achat : pour profiter immédiatement d’une position cohérente et confortable.
- En cas de douleur persistante : selle, genou, cervicales, mains… Une douleur qui revient est un bon indicateur qu’un réglage est à revoir.
- Après une blessure ou une longue pause : le corps change. Il peut avoir besoin d’une position moins exigeante ou plus progressive.
- Quand le volume d’entraînement augmente ou que les objectifs évoluent : une position adaptée à des sorties typées “course” sur 100 km ne sera pas la même pour de l’ultradistance.
- Lors d’un changement de pratique : route, gravel, bikepacking… Chaque pratique sollicite le corps différemment, et les géométries des vélos diffèrent.
- Lors d’un changement de selle ou de chaussures
- Tous les ans au-delà de 5000 km/an : le corps évolue avec la répétition des charges.
Les tailles de vélos varient énormément d’une marque à l’autre. L’œil d’un professionnel évite les erreurs.
Et puis il y a une raison plus simple : la curiosité de savoir comment votre position pourrait être encore meilleure.
Deux grandes approches du bikefitting
1. L’approche traditionnelle, sans capteurs
Ici, tout repose sur l’analyse humaine : observation du fonctionnement de votre corps (sur et en dehors du vélo), questions pertinentes, écoute et compréhension.
Beaucoup de ces bikefitters sont kinés, ostéopathes ou physiothérapeutes. Leur force : comprendre le corps et ses contraintes, gérer les asymétries, relier une douleur à un mouvement.
C’est une approche plus clinique, plus individualisée, souvent très efficace pour les profils atypiques ou les cyclistes ayant des antécédents médicaux.
2. L’approche instrumentée, avec capteurs et caméras
Retül, Shimano Bikefitting, Morphologics… Ces systèmes analysent votre mouvement en 3D, mesurent les angles et la stabilité, et comparent vos données à des “plages” issues de milliers de cyclistes.
L’intérêt : la rapidité et la précision.
La limite : ces valeurs “idéales” sont basées sur des moyennes, sans certitude sur la diversité du panel (tailles, morphologies, répartition femmes/hommes…). Autrement dit : ce qui est vrai statistiquement ne l’est pas forcément pour vous.
De plus en plus de professionnels mélangent les deux approches : observation clinique et données instrumentées.
Comment se déroule un bikefitting ?
1. Entretien préliminaire
2. Analyse morphologique et fonctionnelle
Tests de mobilité, de souplesse, de stabilité, observation de la posture. Certain.e.s bikefitters le font hors vélo, d’autres directement en dynamique.
3. Analyse sur home trainer
4. Ajustements
Hauteur et recul de selle, potence, cintre, leviers, cales, semelles, choix de selle, longueur des manivelles… Chaque modification doit être discutée en fonction de vos besoins et de votre budget : un fitting n’est jamais unilatéral.
5. Mesures finales et recommandations
Vous repartez avec les cotes, les conseils et parfois des exercices (renforcement, mobilité…).
Un bon fitting ne cherche pas la position parfaite du premier coup : il propose une base solide, à affiner avec l’usage.
Il faut ensuite 6 à 8 sorties progressives pour valider la position et l’ajuster si besoin.
Si, passé ce délai, quelque chose ne va pas, il est normal de retourner consulter votre bikefitter.
« Un.e bikefitter doit prendre le temps de se renseigner sur vous (antécédents médicaux, sports pratiqués, pratique des étirements, etc.) et non pas appliquer bêtement ce qu’une machine lui dit. Si ce n’est pas le cas, fuyez ! »
Diego, bikefitter chez Veloff (Biarritz)
Combien coûte un bikefitting ?
Les tarifs varient selon la formation et les outils utilisés :
- 80 à 150 € pour un bikefit traditionnel
- 150 à 300 € pour un bikefit instrumenté
- 40 à 80 € pour un ajustement de suivi
« Après mon bikefitting, j’ai eu l’impression d’avoir un nouveau vélo. Chaque sortie avait son nouveau lot de records personnels. C’est un vrai cheat-code ! »
Conclusion
Le bikefitting n’est pas un luxe ni un service réservé aux cyclistes élites. C’est un outil simple et efficace pour rendre votre pratique plus agréable, plus durable et plus saine.
Être bien positionné.e, c’est rouler plus longtemps, avec plus de plaisir, et avec un corps qui encaisse mieux les kilomètres.
Que vous rouliez pour aller travailler, explorer en gravel, progresser ou performer, une position adaptée change tout.
Et rouler mieux, c’est souvent commencer par être mieux installé.e.
10 réponses
Bonjour
Avez vous des noms et adresses de professionnels pouvant faire cette étude?
Bonjour Alain,
Dans les prochaines semaines, nous allons tester différentes solutions d’études posturales (ID Labs,…) puis par la suite nous fournirons un annuaire des spécialistes. Merci
Et bien ! Tout arrive. Il y a encore du chemin mais certain s’y aventure, sur celui de la problématique de LA cycliste, dans le monde du cyclisme. Pas de cookie spécial pour gravelpassion, par ce que c’est à mesure des articles que l’on mesure les choses, et puis on attend de voir si c’est juste de l’opportunisme, mais toutefois un sincère merci pour avoir aborder le biais de conception des objets ou les femmes sont quotidiennement confrontées à s’adapter à un monde qui ne tient pas compte de leurs spécificités et sont condamnées à s’adapter à des situations inconfortables, voire dangereuses.
Bonjour Sandra, je vous rassure, c’est tout sauf de l’opportunisme. Césane qui a rédigé ce guide a rejoint l’équipe, notamment pour aborder sur ces sujets. Son expertise en design produit et sa passion pour le vélo vont nous permettre de combler un manque sur le marché : du contenu qui prend en compte vos besoins réels. À bientôt sur Gravel Passion !
Article intéressant mis à part l’utilisation (inutile) de l’écriture i.n.c.l.u.s.i.v.e. !
Sportivement,
Gwenaëlle
Meri Gwenaëlle, on en prend bonne note !
Merci Gwenaëlle pour votre retour positif sur le contenu de l’article 🙂
Ici, le choix d’écrire au féminin ou en écriture inclusive n’est pas anodin : il s’agit de reconnaître l’existence et l’expertise des femmes, y compris lorsqu’on parle de cyclistes ou de professionnel.le.s comme les bikefitters. Ce n’est pas seulement une question de forme, mais une démarche visant à rendre plus visibles des personnes historiquement peu représentées dans les contenus cyclistes.
L’écriture inclusive n’exclut personne et n’enlève rien à celles et ceux qui se sentent représentés par l’écriture traditionnelle. Elle permet en revanche à d’autres publics de se sentir davantage concernés et reconnus. Si vous vous reconnaissez pleinement dans des contenus rédigés au masculin générique, tant mieux : l’écriture inclusive ne remet pas cela en cause 🙂
Je comprends que ce choix puisse ne pas faire l’unanimité, mais il correspond au regard que j’apporte au sein de Gravel Passion : un regard où femmes et hommes sont équitablement représentés et considérés dans le monde du cyclisme.
Au plaisir de vous recroiser sur Gravel Passion !
Salut Hugo,
je suis un partisan total de l’étude posturale ( deux à mon compte ). Le souci c’est comme tu le dis , le choix… à ma grand surprise, lors de la deuxième étude, des « désaccords » sont apparus et notamment sur la largeur de la selle et le choix des pédales. Difficile pour un amateur de s’y retrouver ( entre l’aspect commercial et l’efficience des choix). Dans tous les cas, je suis un convaincu et je rappelle un détails à mes potes de sorties : « quand tu fais le ratio , un réglage optimal des cales est indiscutable à minima.
Merci pour tes articles et éclairages, je suis fan.
Merci beaucoup Denis pour ton commentaire. C’est pourquoi on va essayer de tester la plupart des solutions du marché afin d’avoir différents sons de cloche et essayer de distinguer ce qui ressort du commercial vs la recommandation vraiment utile. Merci pour ta fidélité
Re
Il manque un morceau de la phrase … ratio nombre d’heures de vélo / cadence de pédalage.