Le Pirelli P Zero Race TLR fait partie de ces pneus route qui ne cherchent pas à brouiller leur positionnement : c’est un pneu haut de gamme, tubeless ready (TLR), pensé pour rouler vite, avec beaucoup de grip et une vraie sensation de qualité sur le vélo.
La version testée ici est le 700 x 32 mm, en flanc noir avec écritures blanches. Après plus de 2 000 km, elle permet de se faire une idée assez claire de ce que ce pneu apporte, mais aussi de ce qu’il demande en contrepartie.
Les points forts :
- Grip excellent sur route sèche et mouillée
- Très bon rendement, même en 32 mm
- Très bonne étanchéité tubeless
- Nombreuses sections et finitions disponibles
À améliorer :
- Montage difficile
- Usure arrière assez rapide
Une gamme large, mais un positionnement très performance
Chez Pirelli, la famille P Zero couvre plusieurs usages route : Race, Race TLR, TT, SL-R, RS… Ici, on parle bien du P Zero Race TLR, c’est-à-dire la version tubeless du pneu polyvalent haut de gamme de la marque.
Pirelli le décline dans de nombreuses finitions : flanc noir, flanc marron classique, flanc beige rétro, logos blancs ou noirs selon les versions. C’est un détail esthétique, mais il compte : sur un vélo de route moderne, le pneu participe vraiment à la lecture visuelle du montage. Les amoureux.euses du détail apprécieront d’avoir le choix.


Côté sections, la gamme va de 26 à 40 mm. Le 32 mm testé se place donc dans une zone intéressante : encore route, mais avec suffisamment de volume pour améliorer le confort, surtout sur des roues modernes.
32 mm annoncé, 34,5 mm mesuré
Le premier point à noter, c’est la largeur réelle. Sur mes Newmen Streem Allround, le P Zero Race TLR en 32 mm mesure 34,5 mm.
Ce n’est pas anodin. Sur le terrain, cette largeur réelle participe beaucoup au confort et au grip. Elle impose aussi de vérifier le dégagement disponible sur le cadre et la fourche, surtout sur certains vélos route qui acceptent officiellement du 32 mm, mais avec peu de marge.


La version testée pèse 375 g. C’est cohérent pour un pneu tubeless route performant en 32 mm, même si Pirelli annonce des variations selon les finitions. Détail amusant : à section équivalente, les versions à flancs marrons et beige (version « classique » et « rétro ») sont 30g plus légères.


Montage tubeless : très dur à installer, très bon une fois en place
C’est probablement le point le plus clivant du P Zero Race TLR : le montage est difficile. Il fait partie des pneus les plus exigeants à installer parmi ceux passés entre mes mains.
Il faut une méthode propre et éprouvée : bien commencer à l’opposé de la valve, maintenir les tringles au centre de la gorge de la jante, tirer progressivement le pneu, et parfois s’aider de démonte-pneus pour gagner en prise. Le pneu est très tendu, avec une sensation de gomme qui accroche beaucoup. Si la technique n’est pas parfaite, alors le pneu ne s’insèrera tout simplement pas.
Mon astuce : utilisez un chiffon entre vos mains et le pneu afin de vous permettre de bien tirer sur le caoutchouc. Cela améliore la prise et évite de finir avec des cloques au bout des doigts.


Pour celles et ceux qui changent leurs pneus pour la première fois, ce n’est pas le pneu le plus pédagogique. Avant de se lancer, mieux vaut savoir changer ses pneus dans les règles de l’art, et l’avoir fait plusieurs fois.
Notez que ceci est propre à la version tubeless ready (TLR) des P Zero Race. La version « standard » est plus simple à installer.
La contrepartie est excellente : une fois en place, le pneu se positionne parfaitement. Il peut même tenir l’air plusieurs heures sans liquide préventif, ce qui est un très bon signe côté étanchéité. Avec du liquide tubeless, le montage devient ensuite parfaitement fiable et la pression reste bien stable dans le temps.
Sur la route : beaucoup de grip, sans pénalité
Une fois monté, le P Zero Race TLR se fait vite pardonner. Le comportement est très convaincant, avec une sensation de pneu à la fois rapide et confortable.
Le grip est l’un de ses gros points forts. Sur route sèche, le pneu donne beaucoup de confiance en virage. Sur route mouillée, il est rassurant, avec une accroche élevée pour un pneu aussi orienté performance.


Ce qui ressort surtout, c’est l’équilibre. Le passage du 30 mm au 32 mm apporte un gain de confort très net, sans perte sensible de rendement au ressenti. Le pneu conserve cette impression de roulage rapide, mais avec plus de filtration et plus de marge dans les appuis.
Je l’ai particulièrement ressenti dans une descente que j’emprunte régulièrement. Son revêtement est très abîmé et, avec des pneus plus étroits, je me fais habituellement secouer, au point de devoir arrêter de pédaler pour encaisser les chocs. Avec ces P Zero Race en 32 mm, la différence est nette : l’adhérence est meilleure, et je peux continuer à appuyer sur les pédales pour accélérer là où, auparavant, je subissais simplement l’état de la chaussée.
C’est typiquement le genre de pneu qui montre pourquoi les sections route ont évolué. À pression bien choisie, le 32 mm ne donne pas l’impression de ralentir le vélo. Il donne plutôt l’impression de mieux exploiter la route même lorsque son revêtement est loin d’être parfait.


Confort élevé, mais usure à surveiller
Comme avec n’importe quel pneu route, le choix de la pression influence énormément le comportement. De mon côté, je préfère rouler avec des pressions plutôt basses, qui apportent davantage de confort et de grip sans dégrader le rendement. Avec le P Zero Race TLR, c’est d’ailleurs dans cette configuration que je l’ai le plus apprécié.
En revanche, un point a retenu mon attention : l’usure du pneu arrière apparaît assez rapidement. Après près de 2 000 km, il commence déjà à se marquer nettement plus que le pneu avant.
Ce n’est pas anormal pour un pneu route performance avec une gomme aussi tendre, mais il faut en avoir conscience. Une permutation avant/arrière autour de 2 500 km peut aider à équilibrer l’usure et éviter de finir avec un pneu arrière trop carré.


Résistance : pas renforcé, mais pas fragile
Le P Zero Race TLR n’est pas un pneu renforcé. Si l’objectif principal est la résistance aux coupures, mieux vaut vous orienter plutôt vers la famille Cinturato.
Pour autant, le Race TLR n’est pas fragile. Après près de 2 000 km, les seules traces visibles sont de micro-coupures partielles. Rien de préoccupant dans le cadre de ce test, même avec des passages sur des zones sales ou parsemées de verre.
Il faut simplement garder en tête son vrai cahier des charges : performance route, grip, rendement, confort, mais pas une protection maximale pour un usage très abrasif ou très engagé.
Face au Continental GP 5000 : même terrain de jeu
Le parallèle le plus évident se fait avec le Continental GP 5000 S TR. Même univers, même clientèle, même idée : proposer un pneu route très performant, capable de convenir aussi bien à un usage sportif régulier qu’à des courses amateures.
Le Pirelli P Zero Race TLR se place dans cette catégorie. Il s’adresse à des cyclistes qui ont déjà un vélo ou des roues de bon niveau, et qui veulent un train de pneus cohérent avec ce matériel.
À l’achat, on le trouve d’ailleurs souvent moins cher que son concurrent, en fonction des finitions et des largeurs choisies.


Ce n’est pas le choix le plus pertinent pour débuter, ni pour chercher le meilleur rapport prix/durée de vie. C’est plutôt un pneu pour celles et ceux qui veulent ressentir un vrai niveau de grip et de qualité de roulage.
Mon avis sur ce pneu
Le P Zero Race TLR est pertinent pour les cyclistes route qui roulent régulièrement, qui veulent un pneu performant en tubeless et qui acceptent une usure plus rapide en échange d’un très bon rendement.
Il conviendra aussi à celles et ceux qui roulent vite sur routes variées, et qui cherchent de la performance au quotidien, sans aller vers un pneu de course ultra fragile.
En revanche, il demande un minimum d’expérience. Le montage peut être frustrant, et son tarif le place dans la catégorie des pneus performance.
Au final, le Pirelli P Zero Race TLR en 32 mm laisse surtout une impression très simple : plutôt difficile à monter, mais très facile à aimer.









Une réponse
Je confirme, 1 an que je roule avec et toujours autant de plaisir par contre j’appréhende vraiment le moment où je devrais les changer (très prochainement)et hésite même à me tourner vers un autre modèle tellement le montage a été fastidieux.