À 79,90 € en prix conseillé, les Mundaka Optic Akila Black / Green arrivent sur un terrain assez délicat : celui des lunettes de vélo accessibles qui veulent rester crédibles face aux modèles premium. Pas simple, parce qu’une paire de lunettes se juge vite. Si elle bouge, serre, ventile mal ou fatigue les yeux, le prix bas ne sauve pas grand-chose.
Les Akila sont conçues à Biarritz et pensées pour une pratique sportive polyvalente, de la route au gravel. Monture en Grilamid TR90, verre polycarbonate catégorie 3, protection UV 100 %, traitement hydrophobe, nez ajustable, inserts silicone sur les branches : la fiche technique répond à la plupart des attentes. Il ne restait plus qu’à voir si tout cela tenait concrètement après plusieurs mois de sorties.
Les points forts :
- Maintien très fiable, même sur terrain dégradé
- Monture légère
- Confort durable, y compris sur un petit visage
- Excellent rapport qualité-prix à moins de 80 €
À améliorer :
- Petit temps d’adaptation possible avec la monture visible dans le champ de vision
- Évacuation de la transpiration perfectible par très fortes chaleurs
Un packaging propre et une vraie impression de sérieux
Dès l’ouverture, les Akila ne donnent pas l’impression d’un produit cheap bricolé autour d’un joli verre miroir. La paire arrive avec un boîtier rigide de protection et une pochette en microfibre recyclée, utile pour le transport comme pour la protection des verres.
La finition est convaincante pour ce niveau de prix. La monture noire mate en Grilamid TR90 paraît légère, mais pas fragile. Les logos gravés au laser et le verre miroir vert donnent un rendu sportif, sans tomber dans une esthétique trop massive ou caricaturale.


J’ai aussi apprécié le format général. La face est large et enveloppante, dans la tendance actuelle, mais elle ne m’a pas semblé disproportionnée une fois portée. Sur un petit visage, c’est souvent là que les lunettes de sport se ratent. Ici, l’équilibre est plutôt bien trouvé.
Akila Black / Green : les détails qui comptent vraiment
La version testée, Mundaka Optic Akila Black / Green CX Full Green Revo, repose sur un verre en polycarbonate de catégorie 3. Il filtre 100 % des UVA, UVB et UVC, avec un traitement miroir vert, un traitement hydrophobe et un traitement anti-buée.
Les dimensions placent la paire dans une taille medium : 140 mm de largeur de monture, 61 mm de hauteur, pont de 17 mm, branches de 132 mm. Le verre mesure 135 mm de large, avec une base 6. Ce ne sont pas des chiffres à réciter pour le plaisir. Ils expliquent en partie la couverture visuelle généreuse, sans basculer dans l’effet masque.


Un maintien qui m’a vraiment surprise
Le premier point qui saute aux yeux, c’est le maintien. Grâce au nez ajustable et aux inserts silicone sur les branches, les Akila restent bien en place, même sur des portions dégradées ou lors de mouvements plus brusques.
Je les ai portées sur route, en gravel, et même sur mes sorties de course à pied. Elles n’ont jamais glissé ou bougé. Pour une paire à moins de 80 €, c’est probablement leur qualité la plus marquante. D’autant plus qu’elles ont été testées par temps chaud voire très chaud (entre 25 et 35 degrés).


Le confort suit la même logique. Les branches tiennent sans comprimer les tempes, ce qui n’est pas si fréquent sur les lunettes sportives à forte accroche. Avec mon visage plutôt petit et fin, j’ai souvent ce problème : soit ça tient, soit ça serre. Ici, les Akila arrivent à faire les deux correctement sans toucher aux réglages. Après plusieurs heures, je n’ai pas eu cette sensation de pression qui finit par agacer. Elles ont su se faire oublier.
Il y a tout de même un détail à signaler. Au début, le bas de la monture apparaissait davantage dans mon champ de vision que sur mes lunettes habituelles. Même chose sur le côté quand je tournais la tête. Je pense que la forme de la monture, son épaisseur et sa couleur noire y sont pour quelque chose. Après quelques sorties, je n’y pensais plus. Mais les premiers kilomètres demandent un petit temps d’adaptation si vos lunettes actuelles n’ont pas de monture sur la partie basse.
Sur route et en gravel : bonne protection, vision agréable
Les verres catégorie 3 se montrent efficaces en plein soleil, que ce soit le matin, l’après-midi ou en fin de journée. La vision reste confortable, sans impression de fatigue immédiate. Le traitement hydrophobe limite aussi la présence d’eau ou d’humidité sur le verre, ce qui aide quand les conditions changent ou quand l’effort devient plus intense.
La forme enveloppante protège bien du vent, de la poussière et des insectes. C’est un vrai point fort en gravel, mais aussi sur route quand on roule longtemps, vite, ou en groupe. On sent que la paire a été pensée pour couvrir largement le regard, pas seulement pour afficher une silhouette sportive.


Face à mes Oakley Sutro Lite Sweep, les Mundaka marquent toutefois une petite différence sur la qualité optique quand la lumière varie vite. Sur un passage de route dégagée vers une zone boisée, par exemple, j’ai eu besoin d’un court temps d’adaptation. Les Oakley gardent une avance assez nette sur ce point, ce qui reste logique vu l’écart de gamme.
La comparaison avec des modèles plus travaillés comme les KOO Alibi ou les BBB Valor Flux montre bien où se situe l’Akila : elle ne cherche pas à dominer les références premium sur la finesse optique, mais elle propose déjà un niveau très honnête pour son prix.
Ventilation correcte, gestion de la transpiration perfectible
Les aérations intégrées dans le verre sont efficaces. La circulation d’air est suffisante pour éviter l’effet cocotte-minute derrière les verres. Je n’ai pas eu de problème particulier de buée.
Lors des journées très chaudes, avec beaucoup de transpiration, les gouttes de sueur avaient en revanche un peu plus de mal à s’évacuer que sur certaines lunettes plus haut de gamme. Rien qui rende la paire pénible à utiliser, mais c’est l’un des rares moments où l’on sent la différence de prix.


Ce point ne m’a pas empêchée de les utiliser longtemps. Il faut simplement être lucide : les Akila font beaucoup de choses bien, mais elles n’effacent pas complètement l’écart avec des lunettes deux ou trois fois plus chères.
Pour qui les Mundaka Optic Akila ont du sens ?
Les Akila s’adressent d’abord aux cyclistes qui veulent une paire sérieuse sans dépasser les 100 €. Pour une première vraie paire de lunettes vélo, elles ont de solides arguments : maintien, confort, protection, finition, look plutôt bien dosé.
Elles peuvent aussi convenir à quelqu’un qui possède déjà une paire premium, mais cherche un second modèle fiable pour l’entraînement, les sorties gravel poussiéreuses ou les journées où l’on préfère éviter de sortir une paire très chère.


Leur limite principale concerne les cyclistes très sensibles aux variations rapides de luminosité. Si les parcours alternent constamment plein soleil, sous-bois et ombre dense, un verre plus haut de gamme ou photochromique gardera l’avantage. Mais pour des sorties lumineuses, estivales, route ou gravel, les Akila tiennent très bien leur rôle.
Ce que je retiens après plusieurs mois
Les Mundaka Optic Akila ne donnent pas l’impression de chercher à imiter maladroitement les lunettes premium. Elles font plutôt un choix simple : proposer l’essentiel, bien exécuté, avec un prix contenu.
Le maintien est excellent, le confort m’a convaincue, et la finition dépasse ce que j’attendais à ce tarif. Oui, les verres sont un cran en dessous des meilleures références quand la luminosité change vite. Oui, la transpiration pourrait s’évacuer un peu mieux lors des grosses chaleurs.
Mais le compromis reste très solide. À moins de 80 €, les Akila prouvent qu’une paire de lunettes vélo accessible peut être vraiment agréable à porter, et pas seulement “correcte pour le prix”.








