Galfer n’est pas une marque sortie de nulle part. Elle traîne déjà une solide réputation en moto, puis en VTT, deux univers où le freinage se juge vite : puissance, résistance à la chauffe, bruit, constance. En vélo de route et gravel, son nom revient de plus en plus souvent dès que l’on cherche un meilleur freinage ou à gagner du poids sur son vélo.
J’ai monté les disques Galfer Wave avec une attente assez précise : résoudre un problème de vibration sur mes roues en carbone, sans perdre en qualité de freinage. Et si possible, gagner un peu de mordant au passage.
Les points forts :
- Suppression immédiate des vibrations dans la configuration testée
- Freinage plus mordant sans sensation brutale
- Disques très légers
- Rodage simple et rapide avec plaquettes organiques
À améliorer :
- Un disque reçu voilé lors du test
- Bruit important sous la pluie
Le point de départ : une résonance pénible avec mes roues carbone
Avant ce montage, j’utilisais des disques SRAM semi-flottants sur mes roues en carbone. Lorsque j’utilisais le frein avant, le vélo se mettait à vibrer. Pas juste un petit bruit discret : une vraie résonance, très perceptible dans le poste de pilotage.
Ce phénomène peut arriver avec des roues carbone très rigides, surtout quand le vélo lui-même transmet beaucoup les vibrations. C’est d’ailleurs un point que l’on avait évoqué dans le test des Newmen Streem Allround VONOA, où la combinaison roues rigides, vélo rigide, et disques semi-flottants pouvait devenir sensible.


Petit point mécanique : qu’est-ce qu’un disque semi-flottant ? 💡
Un disque semi-flottant est un disque constitué de deux parties :
- la piste de freinage en acier (sur laquelle frottent les plaquettes lors du freinage)
- et le « spider » central en aluminium (la partie que l’on vient insérer sur la roue).
Ces deux parties sont assemblées tout en laissant une légère liberté de mouvement à la piste de freinage. Cette construction permet à la piste de se dilater sous la chaleur engendrée par le freinage, sans transmettre toutes les contraintes au spider – et contribue donc à limiter les déformations thermiques du disque.


Les Galfer testés ici sont des disques fixes. C’est à dire qu’il n’y a pas d’interface entre la piste de freinage et un spider central séparé, et aucune liberté laissée à la piste de freinage afin d’atténuer la dilatation.
Cela peut paraitre moins sophistiqué qu’un disque semi-flottant, mais dans mon cas, c’était justement l’intérêt.
Déballage : simple, propre, mais un disque reçu voilé
Les disques arrivent dans un emballage carton, avec un écrou de serrage Galfer et un petit sticker. Rien de très spectaculaire, mais l’ensemble fait sérieux. Le design Wave reste vraiment identifiable : on reconnaît tout de suite un disque Galfer sur un vélo.


Le point noir est arrivé avant même le premier freinage : un des deux disques reçus était légèrement voilé. C’est dommage, parce que ce n’est pas seulement une mauvaise première impression. Plusieurs retours d’utilisateurs évoquent aussi des disques Galfer qui arrivent ou deviennent voilés assez facilement.
Dans mon cas, le disque a pu être repris, mais c’est une limite à avoir en tête. Quand on achète un disque, on attend un produit prêt à monter proprement, pas une petite séance de mécanique avant la première sortie.
Montage Center-Lock : attention à l’écrou fourni
Les disques testés se fixent avec une fixation dite « Center-Lock », mais ils existent également en fixation 6-trous. Galfer fournit d’ailleurs un écrou de serrage externe, ce qui n’est pas toujours le cas quand on achète un disque.
Attention, l’écrou externe ne se serre pas avec le même outil qu’un écrou de serrage interne (type clé à cassette). Il faut une clé dédiée.
Personnellement je n’avais pas l’outil de serrage d’écrou externe : j’ai donc remplacés les écrous Galfer par des écrous internes.


Changer un disque, ce n’est pas juste visser une nouvelle pièce
Quand on change de disques, il faut repartir propre. Pour ce test j’ai volontairement gardé mes plaquettes organiques habituelles, pour mieux isoler les sensations qui provenaient du disque et ne pas mélanger les ressentis avec un changement de garniture.
Avant le rodage des nouveaux disques, mieux vaut légèrement poncer les plaquettes. Pas pour les remettre à neuf, évidemment, mais pour casser une éventuelle surface glacée et favoriser un contact propre avec la nouvelle piste de freinage.


La méthode que j’utilise est simple : papier abrasif adapté, plaquette posée bien à plat, et mouvements en forme de huit. Cela évite de poncer en biais (ce qui arrive vite quand on fait seulement des allers-retours ou des cercles).
Dès que la surface de la garniture est mate, ça suffit. Ensuite, nettoyage à l’alcool isopropylique (ou nettoyant pour freins à disque), séchage avec un chiffon parfaitement propre, puis remontage.
D’ailleurs, pour aller plus loin sur l’usure et l’état des garnitures, notre guide sur quand changer ses plaquettes de frein à disque reste une bonne base.
Un rodage plus simple que prévu
Le rodage s’est bien passé. Même mieux que ce que j’attendais. Par rapport à mes disques SRAM précédents, j’ai trouvé cette phase plus rapide. Le freinage est venu assez naturellement, sans longue période floue où l’on se demande si les plaquettes prennent vraiment.


Je ne peux pas dire précisément à quoi cela est dû. Surface, dessin du disque, acier utilisé, compatibilité avec mes plaquettes organiques… probablement un mélange de plusieurs choses. Mais dans l’usage, la prise en main a été plus simple.
Le vrai changement : les vibrations ont disparu immédiatement
C’est le point le plus net du test. Dès les premiers freinages, la résonance du frein avant a disparu. Plus de vibration parasite dans le vélo, plus cette sensation désagréable d’un ensemble qui se met à résonner au moment où l’on veut justement contrôler sa vitesse.
Le passage à un disque fixe a donc réglé mon problème. Instantanément. Et c’est probablement l’argument le plus fort de ces Galfer dans une configuration comme la mienne : roues carbone rigides, rayons carbone, vélo qui transmet beaucoup les vibrations.


Je resterais prudente avant d’en faire une règle universelle. Tous les bruits de freinage ne viennent pas des disques flottants, et toutes les vibrations ne se résolvent pas avec un disque fixe. Mais si votre problème ressemble à celui-ci, le changement peut vraiment transformer le vélo.
Freinage : plus de mordant, sans devenir brutal
La sensation au levier est assez intéressante. Je ne dirais pas que le freinage devient plus franc au sens où l’attaque serait plus sèche ou plus violente. Ce n’est pas ça. J’ai plutôt ressenti plus de mordant, avec un frein qui attrape mieux, et demande moins d’insistance pour ralentir fort.
Avec des plaquettes organiques, le choix reste assez équilibré : bon toucher, bruit contenu par temps sec, freinage progressif. C’était exactement la configuration que je voulais tester, parce qu’elle permet de garder un système agréable au quotidien.
Sur le sec, les freins sont restés silencieux. C’est un vrai bon point, surtout après un changement de disque où certains montages peuvent devenir pénibles pendant les premiers kilomètres.
Sous la pluie, c’est une autre histoire. Les Galfer deviennent bruyants, et plus bruyants que mes disques SRAM dans les mêmes conditions. Rien d’anormal pour un frein à disque sous l’eau, mais le niveau sonore m’a marquée. Si vous roulez souvent sous la pluie, il faut l’intégrer.
En descente, pas de perte de freinage ressentie
J’avais lu des retours assez prudents sur les Galfer, notamment sur leur tendance supposée à se voiler quand ils chauffent dans les longues descentes. C’était un point que je voulais surveiller.
Je fais des descentes de col toutes les semaines. Pas des interminables descentes alpines de vingt kilomètres, mais suffisamment pour solliciter les freins de manière répétée. Dans ces conditions, je n’ai pas constaté de perte de performance.


C’est même plutôt l’inverse par rapport à mon ancien montage SRAM. Avec les SRAM, j’avais parfois l’impression que le freinage devenait moins efficace quand les disques chauffaient. Avec les Galfer, je n’ai pas ressenti cette baisse. Le freinage est resté constant sur mes parcours habituels.
Je ne peux pas conclure pour un usage montagne très engagé, avec longues descentes, gros gabarit et freinages répétés. Mais sur mon terrain, la chauffe n’a pas été un problème.
Poids et prix : un vrai intérêt face à SRAM et Shimano
Le disque Galfer Wave Center-Lock en 160mm est annoncé autour de 98 g. C’est léger. À titre de comparaison, pour la même taille de disque, un SRAM Paceline Center-Lock tourne autour de 150 g, un SRAM CenterLine X Center-Lock autour de 119 g, et un Shimano Dura-Ace RT-CL900 Center-Lock autour de 114 g.
On ne choisit pas tous un disque uniquement pour gagner quelques grammes ou un peu de style. Mais quand le freinage progresse, que les vibrations disparaissent et que le poids baisse, l’argument devient plus solide.


Côté prix, on est autour de 45 € le disque. C’est globalement dans la zone d’un SRAM CenterLine X Center-Lock, un peu moins cher qu’un Shimano Dura-Ace, et un peu plus cher qu’un Shimano Ultegra. Le placement est donc assez logique : pas donné, mais cohérent avec sa concurrence.
Le design compte aussi, même sur une pièce technique
Un disque de frein reste une pièce fonctionnelle, mais son dessin change vraiment l’allure d’un vélo. Les Galfer Wave ont une identité visuelle forte, qui tranche avec des disques plus sages.
Je trouve ça intéressant parce que le vélo route et gravel est souvent très codifié visuellement. Une paire de disques peut donner une petite signature au montage, sans tomber dans l’accessoire gratuit.


Tout le monde n’aimera pas. Le dessin est visible, assumé, moins discret qu’un disque Shimano ou SRAM classique. Sur un vélo très épuré, cela peut même attirer un peu trop l’œil. Mais si l’esthétique technique vous parle, les Galfer ont clairement quelque chose.
Les limites à garder en tête
Le premier point, c’est la réception. Recevoir un disque voilé n’est jamais anodin. Même si le dévoilage est possible, tout le monde n’a pas l’outil, l’habitude ou l’envie de corriger une pièce neuve.
Le deuxième, c’est le bruit sous la pluie. Sur le sec, rien à signaler. Sous l’eau, j’ai trouvé le niveau sonore élevé, davantage que sur mes anciens disques SRAM. Ce n’est pas forcément rédhibitoire, mais c’est une vraie limite d’usage.


Pour qui ces disques Galfer ont vraiment du sens ?
Je les recommanderais surtout à celles et ceux qui cherchent à supprimer une résonance liée à des disques semi-flottants sur des roues en carbone très rigides, ou qui veulent un freinage plus mordant sans passer sur une configuration trop agressive. Dans mon cas, le gain a été immédiat et très concret.
Ils ont aussi du sens pour un montage où le poids compte, sans aller chercher des pièces exotiques. À 98 g le disque de 160mm, et autour de 45 €, le compromis est intéressant.
En revanche, si vous roulez souvent sous la pluie, si vous voulez un produit irréprochable dès la sortie de l’emballage, et que vous n’avez aucun outil pour reprendre un disque voilé, il faudra être plus prudent.e.


Mon avis sur les disques Galfer
Les disques Galfer ont réglé exactement le problème pour lequel je les avais montés : je n’ai plus aucune résonance lors du freinage sur mes roues en carbone très rigides. Le freinage gagne aussi en mordant, le poids est très bon, et le rodage s’est fait plus facilement que prévu.
Tout n’est pas parfait. Un disque reçu voilé et du bruit marqué sous la pluie… cela compte, surtout sur une pièce aussi sensible qu’un frein.
Mais une fois montés, rodés et correctement alignés, ces disques donnent une vraie impression de maîtrise. Pas spectaculaire. Juste plus nette, et plus rassurante. Et parfois, c’est juste ce que l’on attend d’un bon disque.