Écouter de la musique à vélo reste un sujet qui divise. Les écouteurs isolent de l’environnement, les casques audio classiques sont peu compatibles avec un casque de vélo et, surtout, beaucoup de cyclistes ne veulent pas renoncer à entendre ce qui les entoure.
Je préférais rouler sans rien plutôt que de me sentir coupé de mon environnement. Pourtant, l’idée d’accompagner les longues sorties d’un fond musical me plaisait.
Restait à trouver une solution capable de concilier plaisir d’écoute et sécurité.
Les points forts :
- Qualité de fabrication
- Confortable en position ouverte
- Restitution sonore équilibrée, sans vibrations parasites
À améliorer
- Appels téléphoniques difficilement exploitables
- Position fermée un peu moins confortable
Lorsque Nank nous a proposé de tester le Runner Diver2 Pro, je réfléchissais justement à franchir le pas de la conduction osseuse. J’ai donc accepté sans hésiter.
La conduction osseuse diffuse la musique grâce aux vibrations transmises par les os du visage, tout en laissant les oreilles totalement libres. Dans l’esprit, on retrouve la même logique d’écoute ouverte que sur d’autres solutions audio, comme le Lazer VeloVox, même si l’intégration et l’usage ne sont pas les mêmes.


Le Runner Diver2 Pro embarque une connexion Bluetooth 5.4, une certification IP69 permettant notamment une utilisation en natation, une mémoire interne de 32 Go pour écouter sa musique sans smartphone ainsi qu’une autonomie annoncée de 10 heures.
Après plusieurs semaines d’utilisation sur route comme sur les pistes de gravel, il était temps de vérifier si cette promesse tenait sur le terrain.
Depuis 2015, la réglementation française interdit l’usage d’écouteurs, casques audio et oreillettes en conduisant un véhicule, vélo compris. L’amende prévue est de 135 €. Article R412-6-1 du Code de la route.
Mais qu’en est-il des dispositifs « open-ear » comme ce casque Nank ?
Un produit soigné, pensé multisport
Dès l’ouverture de la boîte, le Runner Diver2 Pro fait bonne impression.
L’emballage est soigné et la dotation généreuse : câble de recharge magnétique, manuel d’utilisation, bouchons d’oreilles pour la natation, strap d’ajustement en silicone et embouts « Sound Quality Enhancers » destinés à optimiser le rendu sonore selon l’usage.


Les matériaux sont soignés et les assemblages sérieux.
On sent que Nank n’a pas conçu ce casque uniquement pour le vélo, mais pour répondre à une pratique multisport.
Le système de recharge magnétique confirme cette impression. Le câble se positionne presque tout seul grâce aux aimants, une solution simple, pratique et sans doute plus durable qu’un connecteur classique exposé à la pluie, à la poussière ou à la transpiration.
Cette vocation multisport se retrouve dans ses fonctionnalités. Les 32 Go de mémoire interne prennent tout leur sens en natation, où le Bluetooth devient inutilisable sous l’eau.
Les morceaux se transfèrent simplement depuis un ordinateur via le câble de recharge, qui fait également office de câble de données. Le casque accepte les principaux formats audio, notamment MP3, M4A, WAV, APE et FLAC.


À vélo, je n’ai en revanche jamais utilisé les bouchons d’oreilles fournis : leur rôle est de renforcer l’immersion sonore, alors que je recherchais l’inverse, conserver une perception aussi naturelle que possible de mon environnement.
Un casque qui se fait vite oublier
La prise en main est immédiate. L’appairage Bluetooth multipoint s’effectue en quelques secondes et, durant toute la période de test, je n’ai rencontré ni déconnexion ni instabilité.
Je dois pourtant reconnaître avoir été sceptique lors de mes premières minutes d’utilisation.


En intérieur, ma première réaction a été très simple : « Le son ne sera jamais assez puissant. »
Cette impression a disparu dès les premiers kilomètres. Une fois dehors, le niveau sonore devient largement suffisant pour profiter pleinement de sa musique.
J’ai d’ailleurs réalisé la quasi-totalité de mes essais avec le volume réglé au maximum afin de pousser le casque dans ses retranchements et de mesurer son autonomie dans les conditions les plus exigeantes.


Au-delà de la puissance, c’est surtout la qualité de restitution qui m’a surpris. Les aigus restent doux sans jamais devenir agressifs, les médiums apportent une belle chaleur aux voix comme aux instruments et les basses sont présentes sans chercher à en faire trop.
Du rock à l’électro, de la pop au RnB, jusqu’à la musique d’orgue et aux grandes œuvres classiques, le Runner Diver2 Pro s’en est sorti avec les honneurs.
Autre bonne surprise : même à volume élevé, je n’ai jamais ressenti les vibrations désagréables au niveau des tempes que certains casques à conduction osseuse peuvent produire.
Avec seulement 31 grammes sur la balance, le Runner Diver2 Pro se fait rapidement oublier.


Une fois bien installé, le casque ne bouge pas. Je n’ai jamais eu à le remettre en place, même après avoir passé des portions gravel très accidentées.
Nank propose également un système permettant de basculer entre une position ouverte et une position fermée des transducteurs.
En position fermée, le son gagne en présence et les basses en profondeur. En contrepartie, les transducteurs exercent davantage de pression sur le tragus.
Sur les longues sorties, j’ai surtout roulé avec le casque en position ouverte. Le rendu est légèrement moins immersif, mais le confort est meilleur et la perception de l’environnement encore plus naturelle.
Côté commandes, Nank a fait le choix de la simplicité. Les trois boutons physiques se repèrent facilement sous les doigts en roulant.
Le bouton central gère l’allumage du casque ainsi que la lecture et la mise en pause, tandis que les deux boutons de volume permettent également de changer de piste par un appui prolongé.
D’autres combinaisons donnent accès à des fonctions complémentaires, comme le basculement entre les modes Bluetooth et MP3 ou la lecture aléatoire de la mémoire interne.
L’ensemble est intuitif et je n’ai rencontré aucune difficulté pour manipuler le casque durant ce test.
Leur faible taille me laisse toutefois penser que les commandes pourraient être un peu moins pratiques avec de gros gants d’hiver, un point qu’il faudra confirmer lorsque les températures baisseront.
Sur le terrain : une expérience qui accompagne la sortie
C’est une fois sur le vélo que le Runner Diver2 Pro révèle son véritable intérêt. Ma principale crainte concernait la sécurité : je redoutais qu’il finisse par me couper de mon environnement.
À aucun moment je ne me suis senti isolé. Les voitures restent audibles, tout comme les autres cyclistes, les piétons et les bruits de la route.


J’aime rouler en restant à l’écoute de mon environnement et je craignais de perdre une partie de ces sensations. Cette crainte s’est vite dissipée : la musique accompagne la sortie sans jamais prendre le dessus.
Le comportement face au vent constitue un autre point intéressant.
Plus la vitesse augmente, plus les bruits aérodynamiques reprennent le dessus et la musique passe au second plan. Un fonctionnement que j’ai trouvé rassurant.
Au fil des semaines, je me suis surpris à reprendre goût à la musique sur certaines sorties. J’apprécie toujours autant rouler dans le silence, mais sur les longues sorties d’endurance ou les jours où la motivation manque un peu, quelques morceaux suffisent à changer l’ambiance.
Le Runner Diver2 Pro ne se limite pas à la musique : podcasts et guidage vocal devraient également en profiter.
Une fois connecté à mon compteur iGPSPORT BiNavi, je pilotais la lecture directement depuis son interface.


J’ai d’ailleurs configuré le bouton programmable de ma manette Shimano Di2 pour passer au morceau suivant. À l’usage, je n’ai presque jamais eu besoin de toucher au casque.
Au fil des sorties, le Runner Diver2 Pro cesse d’être un simple casque audio. Il devient un véritable compagnon de route : discret, pratique et suffisamment bien intégré pour se faire oublier jusqu’au moment où l’on décide de lancer un morceau, une indication GPS ou un podcast.
Deux ombres au tableau
Aucun produit n’est parfait et le Runner Diver2 Pro ne fait pas exception.
Le principal point faible concerne les appels à vélo. À l’arrêt ou dans un environnement calme, le microphone remplit correctement son rôle.


En revanche, dès que la vitesse augmente, le vent prend rapidement le dessus.
Malgré plusieurs essais réalisés durant ce test, mes interlocuteurs n’entendaient pratiquement que les turbulences. Pour une utilisation à vélo, cette fonction reste donc difficilement exploitable.
L’autonomie mérite également d’être nuancée. Nank annonce jusqu’à 10 heures d’écoute, mais cette valeur dépend naturellement des conditions d’utilisation.
En poussant volontairement le casque dans ses retranchements, connecté en Bluetooth, avec le volume réglé au maximum durant la quasi-totalité du test, j’ai obtenu en moyenne 7 h 50 d’autonomie avant extinction complète.
Même si ce résultat déçoit un peu, il reste cohérent avec ce type d’utilisation et largement suffisant pour la plupart des sorties.
Enfin, comme évoqué plus haut, le système permettant de basculer entre position ouverte et fermée est une excellente idée. J’ai toutefois préféré rouler en position ouverte, la position fermée s’étant révélée un peu moins confortable sur les longues sorties.
Pour finir en musique
Le Runner Diver2 Pro m’a clairement fait changer d’avis sur la conduction osseuse. Je craignais un casque peu convaincant et susceptible de me couper de mon environnement. C’est finalement tout l’inverse que j’ai découvert.
Malgré une autonomie un peu en retrait à volume maximal et des appels peu exploitables à vélo, le bilan est positif.
Si vous recherchez une solution pour rouler en musique tout en restant conscient de votre environnement, le Runner Diver2 Pro constitue une proposition pertinente.









