Les Northwave Extreme X sont des chaussures SPD haut de gamme, pensées pour rouler fort en gravel ou en VTT, avec un indice de rigidité annoncé à 15. Autrement dit, pas vraiment la paire de chaussures qu’on choisit pour aller chercher le pain.
Je les ai testées en coloris blanc, à l’entraînement et en course. Et assez vite, deux choses se sont imposées : elles sont vraiment confortables pour une chaussure race, mais leur forme très plate ne conviendra pas à tous les pieds.
Les points forts :
- Chaussant confortable et spacieux
- Rigidité élevée et bon transfert de puissance
- Nettoyage facile même en coloris blanc
- Crampons et talonnette remplaçables
À améliorer :
- Soutien de voûte plantaire trop faible pour certains pieds
- Serrage non BOA moins pratique
Une boîte soignée, avec deux semelles et un vrai choix de volume
Northwave livre les Extreme X avec deux paires de semelles internes : une assez fine (3 mm), l’autre un peu plus épaisse (5 mm). Ce n’est pas un détail gadget puisque cela permet d’ajuster la sensation de maintien dans la chaussure, en fonction de si l’on cherche un peu plus de calage ou au contraire plus d’espace.


Ce système de double semelle m’a surtout semblé intéressant parce qu’il accompagne le caractère général de la chaussure : les Extreme X offrent plus de volume interne que beaucoup de modèles performance que j’ai pu porter.
Il y a aussi un sac de transport. À ce niveau de prix, c’est plutôt attendu, mais toujours appréciable quand on déplace ses chaussures entre les sorties, les courses ou les week-ends vélo.
Pointure : suivez le guide des tailles Northwave
Je roule habituellement en 39 chez Specialized, notamment sur les S-Works Recon, et aussi en 39 chez Shimano. Sur les Northwave Extreme X, j’ai pris du 38 en suivant le guide des tailles. Et dans mon cas, c’était parfait.


Ce n’est pas forcément juste une chaussure “plus longue” au sens simple du terme. Mais elle donne plus d’espace, notamment en largeur et en volume. Je ne me suis pas sentie comprimée comme dans certaines chaussures plus étroites.
Il ne faut pas non plus la confondre avec une vraie version wide. On reste sur une chaussure performance, assez proche du pied. Simplement, elle est beaucoup moins étriquée que certaines références très race.


Une chaussure très plate, peut-être trop pour certaines voûtes plantaires
C’est le point qui m’a le plus marquée. L’intérieur des Extreme X est large, mais surtout très plat. La semelle interne ne crée pas de vrai soutien sous la voûte plantaire. Et pour moi, qui utilise déjà des maintiens de voûte dans certaines chaussures de route, ça se sent franchement.
Même avec la semelle interne la plus épaisse, j’avais cette sensation de pied qui s’écrase un peu dans la chaussure. Pas parce que la semelle externe manque de rigidité. Plutôt parce que mon pied avait besoin d’un appui plus structuré sous la voûte.
C’est un ressenti très personnel, mais important. Certaines personnes aiment les chaussures plates, parce qu’elles laissent le pied plus libre. D’autres, comme moi, ont besoin d’un soutien plus présent pour garder un bon alignement et éviter cette sensation de pied qui s’affaisse.


À ce stade, je sais déjà que pour atteindre le confort idéal, il me faut ajouter des semelles spécifiques, avec maintien de voûte plantaire.
Face aux S-Works Recon, une amplitude de cale moins généreuse
J’ai comparé la semelle des Extreme X avec celle de mes S-Works Recon. Même en taille 38, la Northwave paraît très proche en longueur d’une S-Works en 39, voire légèrement plus longue visuellement.
Le point le plus important concerne le réglage des cales. Sur les Extreme X, je n’ai pas pu reculer la cale autant que sur mes S-Works Recon. Or j’utilise mes cales le plus en arrière possible, parce que cela m’apporte plus de stabilité sous le pied.


Ce n’est pas un problème pour tout le monde. Mais si votre position dépend d’un réglage très reculé, il faut le savoir. Une amplitude plus limitée peut modifier la sensation de pédalage, voire demander quelques ajustements de bike fitting.
À pied, la cale touche vite le sol si elle est reculée
Ce réglage de cale a aussi une conséquence quand on marche. Comme je place mes cales assez en arrière, elles arrivent près de la fin des petits renforts en caoutchouc qui encadrent la zone SPD.
Résultat : j’ai rapidement entendu davantage de bruit métallique en marchant. Et mes cales se sont plus vite marquées qu’avec d’autres chaussures.


C’est à la fois lié à ma position de cale, mais aussi à la forme courbée des renforts en caoutchouc. En gravel, on marche parfois peu, parfois beaucoup : un portage, une pause, une transition boueuse, un ravito. Sur ces moments-là, j’ai eu davantage la sensation de marcher sur la cale.
Si vous placez vos cales plus au centre, le problème sera peut-être moins présent. Mais pour les réglages très reculés, c’est un vrai point à surveiller.
Des crampons remplaçables, mais non fournis
Sous la chaussure, Northwave a prévu des éléments intéressants. La talonnette et les crampons latéraux autour de la cale sont remplaçables (comptez 20,50€ sur le site de Northwave). C’est une bonne nouvelle pour la durabilité, surtout sur une paire destinée à encaisser de l’off-road.


On trouve aussi deux inserts à l’avant pour ajouter des crampons. Sauf que les crampons ne sont pas fournis.
Ce n’est pas rédhibitoire. Mais sur une chaussure à 299 €, j’aurais aimé que l’équipement soit complet.
Le renfort au talon, lui, est bien pensé. Il y a un grip interne qui aide à maintenir le pied en place. Avec le volume assez généreux de la chaussure, ce détail participe à garder une sensation de stabilité.


Un serrage à molettes, mais pas du BOA
Les Extreme X utilisent deux molettes de serrage. Visuellement, on est proche de ce que l’on connaît avec un système BOA. Mais ce n’est pas du BOA.
Les lacets ne sont pas de petits câbles métalliques : ce sont des lacets textiles. J’ai plutôt apprécié ce choix. C’est plus souple, probablement plus léger, et je n’ai pas ressenti de point de pression gênant sur le dessus du pied.
Le fonctionnement demande un petit temps d’adaptation. Pour serrer, on tourne la molette comme sur un système micrométrique classique. Pour desserrer progressivement, on appuie sur le petit loquet couleur métallique, ce qui relâche le serrage cran par cran.


Pour ouvrir complètement la chaussure, c’est moins pratique : il faut tirer sur le loquet tout en tirant le lacet avec l’autre main. Donc oui, il faut deux mains. Et très sincèrement, je préfère la simplicité d’un vrai BOA sur ce point.
Je n’ai pas eu de problème de durabilité pendant mon test. Mais les molettes sont en plastique, et il n’y a pas la garantie à vie BOA derrière. Ayant déjà bénéficié d’un remplacement de pièces BOA sur une autre paire, je sais que ce service peut vraiment compter à long terme.
Ici, en cas de souci, Northwave propose un service de réparation de molette, au prix de 54,99€.
Une tige très synthétique mais facile à entretenir, même en blanc
La matière extérieure des Extreme X a un toucher assez plastique, très synthétique. Ce n’est pas la tige la plus respirante au premier contact, et ce n’est pas celle qui donne la sensation la plus naturelle sous les doigts.
Mais elle est largement perforée, avec de nombreux petits trous. En usage, je n’ai pas eu les pieds mouillés de transpiration, ni de souci d’odeur particulier. Donc malgré l’aspect très plastifié, la ventilation semble suffisante pour mon usage jusqu’ici.
Et il y a un avantage très concret : en blanc, elles se nettoient bien. La surface synthétique se lave facilement. C’est presque ce qui rend le coloris blanc acceptable au quotidien.


Ce côté plastique peut sembler moins noble que d’autres constructions plus textiles ou plus travaillées. Mais dans un usage gravel, il a du sens : c’est simple à nettoyer, ce n’est pas fragile, et la chaussure ne se détériore pas rapidement visuellement.
Sur le vélo : rigide, confortable, vraiment orientée performance
J’ai roulé avec les Extreme X à l’entraînement, mais aussi en conditions de course. Une fois les cales bien réglées, je n’ai pas eu de douleurs, pas de fourmillements, pas de gêne particulière liée au maintien.
La rigidité est bien là. Quand je ressentais une forme de déformation, elle venait davantage de mon pied qui manquait de soutien sous la voûte que de la chaussure elle-même. La semelle ne donne pas l’impression de se tordre ou de filtrer mollement l’effort.


C’est une chaussure race. Elle transmet bien, elle tient bien, et elle ne donne pas cette impression de compromis trop mou que l’on retrouve parfois sur des modèles plus polyvalents.
Le confort vient surtout du volume, pas du soutien plantaire
C’est là que les Extreme X sont un peu particulières. Elles sont confortables, oui. Mais ce confort vient surtout de l’espace disponible, de l’absence de compression latérale, et du serrage assez souple sur le dessus du pied.
Ce n’est pas un confort basé sur un soutien plantaire très dessiné. Si votre pied aime être posé sur une plateforme plate, vous pourrez probablement y trouver votre compte. Si vous avez besoin d’une arche plus marquée, il faudra anticiper une semelle spécifique.
À mes yeux, c’est le vrai arbitrage de cette chaussure. Northwave propose un chaussant plus accueillant que certaines références très étroites, mais ne compense pas ce volume par un soutien interne structuré.


Pour mon pied, cela crée une sensation de liberté agréable, mais aussi un manque de maintien sous la voûte. Les deux peuvent coexister. C’est justement ce qui rend le choix d’une chaussure aussi personnel.
Prix et concurrence : Northwave se place intelligemment
Le prix public annoncé autour de 299 € place les Extreme X dans le haut de gamme, sans atteindre certains sommets du marché. Elles sont environ 100 € moins chères que des S-Works Recon, et se positionnent face à des modèles comme les Shimano S-Phyre XC903.
Elles restent aussi moins chères que les Shimano S-Phyre RX910, autre référence très orientée gravel race.


À ce tarif, la rigidité, le confort global, les semelles remplaçables et le nettoyage facile jouent en leur faveur. Le système de serrage non BOA et l’absence de crampons avant fournis pèsent dans l’autre sens.
Ce n’est donc pas une chaussure “bon marché”, mais son positionnement est plutôt bien ajusté face aux concurrentes haut de gamme.


Mon avis après plusieurs mois
Les Northwave Extreme X m’ont laissé une impression globalement très positive. J’aime leur rigidité, leur confort en largeur, leur style, et le fait qu’elles restent faciles à vivre malgré le coloris blanc.
Je suis plus réservée sur trois points : la forme interne très plate, le réglage de cale moins reculé que sur mes S-Works Recon, et le serrage non BOA qui demande deux mains pour l’ouverture complète.
Ce sont des chaussures que je continuerais volontiers de porter, mais avec une semelle interne plus adaptée à mon pied. Avec ce petit ajustement, elles peuvent devenir une très bonne option pour rouler vite en gravel ou en XC, sans atteindre les prix les plus hauts sur le marché.
