Shimano a longtemps été une valeur sûre en matière de chaussures, mais avec la S-Phyre RX910, la marque japonaise affiche clairement ses ambitions sur le segment gravel orienté compétition. Cela fait maintenant plusieurs mois que je roule avec ce modèle haut de gamme, sur des sorties rapides, parfois très boueuses, et dans des conditions pas toujours tendres.
Autant le dire tout de suite : on est ici sur une chaussure pensée pour aller vite, longtemps, et sans concession sur le maintien.
Les points forts :
- Rigidité exceptionnelle (12/12)
- Confort remarquable malgré l’orientation performance
- Nettoyage facile, même en version blanche
À améliorer
- Prix élevé
J’ai reçu la version blanche. Un choix presque provocateur en gravel… Et pourtant ! Visuellement, c’est superbe.
Je craignais de les voir virer rapidement au gris ou au marron après quelques sorties humides. Bonne surprise : malgré la boue, le revêtement se nettoie facilement et marque peu. Et pour ceux que le blanc angoisse, Shimano décline aussi ce modèle en noir, bleu et “océan profond”.


Design & finitions : du S-Phyre pur jus
On est clairement sur du très haut niveau de finition. La RX910 reprend tous les codes de la gamme S-Phyre : lignes tendues, empeigne enveloppante, intégration très propre entre la tige et la semelle, et aucun détail laissé au hasard. Le cuir synthétique microfibre inspire confiance, autant en termes de durabilité que de tenue dans le temps.


Le détail phare de cette version, c’est évidemment le nouveau système Pontoon. Shimano ajoute ici deux blocs de contact en TPU, modulaires et remplaçables, qui viennent élargir la surface d’appui autour de la cale SPD. L’idée est simple : améliorer la stabilité du pied et optimiser le transfert de puissance. Sur le papier, c’est malin. À l’usage, j’y reviendrai, l’effet est plus subtil.


Petit bémol esthétique personnel : sur le modèle blanc, l’intérieur de la chaussure est noir. Ce n’est pas dramatique, mais ça casse légèrement la pureté du design. Un détail qui s’explique par le fait que le noir sera moins salissant que le blanc au fil des kilomètres.


Un confort immédiat, même sans version Wide
Point intéressant pour ceux qui connaissent bien Shimano : j’ai opté pour une pointure 45 standard, alors que je roule habituellement en version Wide chez la marque. J’avais notamment possédé la RX801 Wide, que je connaissais bien. Verdict : cette RX910 en taille normale m’a paru plus confortable, dès les premières sorties.


La forme Shimano DYNALAST est toujours là, avec un chaussant équilibré, ni trop étroit ni trop volumineux. Le maintien est assuré par un double serrage BOA Li2, précis, progressif, et facile à ajuster en roulant. Une fois le pied en place, il ne bouge pas. Jamais. Même à haute intensité.


🔔 À noter :
Shimano ne propose pas de déclinaison spécifique femme sur ce modèle. En revanche, la plage de tailles est très large, avec des pointures allant du 36 au 48 (wide). Cela couvre déjà beaucoup de morphologies, même si je ne peux évidemment pas juger le comportement sur des pointures plus petites.
Test terrain : rigidité maximale, sans sacrifier le confort
Avec un indice de rigidité de 12/12, la RX910 annonce clairement la couleur. Et oui, cette rigidité se ressent immédiatement au pédalage. Le transfert de puissance est excellent, digne des meilleures chaussures route du marché. Clairement, on est très proche d’une S-Phyre route… avec une cale SPD.


Et pourtant, malgré cette rigidité extrême, la chaussure reste étonnamment confortable. Pas de point dur, pas de sensation de pied compressé, et surtout aucune chauffe excessive. Certes, j’ai majoritairement roulé par temps frais voire froid, mais sur des efforts soutenus, le pied reste sain et bien ventilé.


Concernant le système Pontoon, soyons honnêtes : je n’ai pas ressenti de différence flagrante par rapport à mes anciennes Shimano SPD haut de gamme. La surface d’appui est probablement meilleure, la stabilité légèrement accrue, mais on n’est pas sur une révolution perceptible immédiatement. En revanche, l’ensemble cale + semelle inspire confiance, et sur de longues sorties appuyées, la stabilité globale est irréprochable.


À la marche, la semelle extérieure en TPU fait le travail. Ce n’est pas une chaussure de VTT, et ce n’est pas ce qu’on lui demande. Le bout du pied n’est pas ultra renforcé, mais en gravel race, on tape rarement des rochers à pleine vitesse. La protection est suffisante et cohérente avec le positionnement du produit.


C’est probablement l’un des plus grands compliments que je puisse faire à cette RX910 : je pourrais sans problème l’utiliser sur route. Elle se situe clairement au sommet du marché des chaussures gravel SPD, et flirte dangereusement avec les références route en termes de rendement.


Face à une RX801, on gagne clairement en rigidité, en précision de maintien et en finition. Face à des modèles concurrents orientés gravel race, Shimano joue la carte de la performance pure, sans chercher à trop élargir l’usage vers le bikepacking ou l’aventure.
Mon avis sur ces chaussures Shimano S-Phyre
La Shimano S-Phyre RX910 frôle, à mon sens, la perfection dans sa catégorie. Ce n’est pas une chaussure gravel polyvalente, ni un modèle pour l’aventure au long cours. C’est une chaussure de gravel race, pensée pour celles et ceux qui veulent envoyer fort, longtemps, et sans compromis sur le rendement.




⚡️ Rigidité 12 / 12 • 🪶 304 g • 🌈 4 coloris
Oui, le tarif est élevé. Mais en contrepartie, on obtient une chaussure à la fois magnifique, ultra performante et étonnamment confortable. Une vraie réussite signée Shimano, et probablement l’une des meilleures références actuelles pour le gravel orienté compétition.

















4 réponses
C’est quoi ces semelles, que le modèle soit orienté compétition ou non ne change rien. Il y a des compets où l’on doit marcher, non parce que ce serait trop raide pour sa forme ou son niveau, mais simplement parce qu’impossible de passer sur sa selle à cause de la nature du terrain. Et là grande chance de ce faire une cheville, voir un genou avec ce type de semelles. Aussi pour ceux qui sans faire de compêt, seraient intéressé d’acheter ces chaussures, je les mets au défi de faire plusieurs kms sur un chemin ou le long d’une route en cas de problèmes mécaniques par exemple.
à quand des chaussures de gravel avec une vrai semelle de marche?
Je comprends ton commentaire, mais ces chaussures sont vraiment dédiées à une pratique orientée compétition du gravel. Et sur les manches UCI, il est assez rare de mettre pied à terre. 😉
Merci Hugo pour la précision. J’avais plus en tête les courses, du style Ultra Gravel du Vercors (je ne me souviens plus du nom) où il y avait des passages sur sentiers impraticables à vélo et non de courses UCI. Mais, à l’opposé sur une Strada Biancha, qu’apportent ces chaussures ? Enfin de compte qui peut réellement être intéressé par ce type de chaussures ?
C’est vrai, tu as raison. Selon moi, elles sont vraiment intéressantes sur des épreuves très roulantes, mais où il peut y avoir un risque d’avoir un ou deux passages compliqués qui mettrait trop à mal des chaussures de route. Mais c’est très niché, je te l’accorde