Le bike fitting est un sujet central dès qu’on roule régulièrement. Confort, prévention des blessures, efficacité du pédalage : une mauvaise position se paye tôt ou tard. Problème, une vraie étude posturale peut représenter un budget et ne pas être toujours accessible.
Posturise s’attaque frontalement à cette problématique avec une promesse simple : rendre l’étude posturale accessible à tous, grâce à une analyse vidéo assistée par IA, réalisable chez soi, pour quelques euros.
Sur le principe, l’idée est intéressante. Restait à voir ce que cela donne une fois confronté au terrain, et surtout à des vélos et des positions réelles.
Les points forts :
- Prise en main très simple
- Analyse rapide
- Faisable même sans home trainer
- Tarif très accessible et cohérent
À améliorer
- Analyse du pédalage basée uniquement sur une vue de profil
- Recommandations peu précises
- Pas de prise en compte des objectifs, douleurs et sensations des utilisateurs
Posturise : une étude posturale en ligne pensée pour le plus grand nombre
Posturise se positionne comme la première plateforme d’étude posturale vélo en ligne en France (et plus largement en Europe), avec une ambition claire : rendre le bike fitting plus accessible, quels que soient le niveau de pratique ou le budget.


La solution s’adresse aussi bien aux cyclistes amateurs qu’aux professionnels de santé (kinés, ostéopathes) ou aux magasins de cycles, avec un fonctionnement volontairement simplifié. L’utilisateur se filme de profil, sur home trainer ou simplement vélo contre un mur en rétropédalant, puis importe la vidéo sur la plateforme. L’intelligence artificielle analyse la séquence et génère un rapport de recommandations.
Dans les faits, l’analyse se concentre sur quelques paramètres clés : la hauteur de selle, la distance entre la selle et le cintre, ainsi que la hauteur du poste de pilotage. Des réglages essentiels, mais limités aux grandes lignes du positionnement.


Posturise assume une logique de première approche : l’étude en ligne pose les bases, mais un bike fitting en cabinet reste nécessaire pour un réglage précis.
Interface et prise en main : simple, rapide, efficace
Premier bon point : l’interface.
Le site est très sobre, lisible, sans surcharge inutile. On comprend immédiatement où l’on est : tableau de bord clair, vélos enregistrés, études posturales réalisées, nombre de crédits restants.
Lancer une nouvelle analyse est intuitif. Une fois la vidéo importée, l’analyse par l’IA prend quelques dizaines de secondes tout au plus. C’est rapide, fluide, sans friction.


Petit bémol néanmoins : il n’y a pas vraiment de disclaimer explicite concernant l’analyse des vidéos personnelles (visage, données corporelles). On comprend qu’une IA traite la vidéo, mais le sujet mériterait d’être plus clairement abordé.
Test terrain : deux méthodes, deux vélos, et des enseignements différents
Méthode 1 : vélo contre un mur, sans home trainer
J’ai commencé par tester la méthode la plus accessible proposée par Posturise, c’est-à-dire sans home trainer. Le vélo est simplement positionné contre un mur, caméra placée de profil côté pédalier, et l’on pédale à l’envers pour réaliser une vidéo d’au moins 10 secondes.
Le vélo utilisé pour ce premier test est un Origine typé gravel, mais reposant sur un cadre de VTT semi-rigide, avec une fourche suspendue relativement haute. Dès la création de l’étude, une première limite apparaît : il n’existe pas de catégorie VTT dans l’outil.


Le choix se limite à route, gravel ou « autre ». J’ai donc sélectionné gravel, conformément au positionnement constructeur, même si la géométrie reste particulière.
Lors de la première analyse, Posturise indique une selle jugée trop haute, tandis que le reste de la position est considéré comme globalement cohérent.
Malheureusement, Posturise ne fournit pas d’indication chiffrée sur l’ajustement à effectuer. La recommandation reste formulée de manière qualitative (« baisser un peu la selle »), laissant à l’utilisateur le soin d’interpréter ce « un peu ».
Dans la pratique, cela oblige souvent à procéder par essais successifs, avec de nouvelles analyses pour valider chaque ajustement.
Après avoir baissé la selle, une seconde analyse valide cette fois la hauteur, mais pointe un cintre jugé trop proche et trop haut. Sur le papier, la recommandation est logique.
Dans la réalité, elle se heurte toutefois à une contrainte très concrète : certains réglages du vélo sont déjà au minimum. La potence ne peut pas être abaissée davantage. Quant à son remplacement, il aurait pu être envisagé si les recommandations indiquaient clairement la longueur de potence à acheter ou l’ordre de grandeur de l’ajustement attendu.
Ce premier test met en lumière un point important : Posturise raisonne sur des axes de réglage théoriques, sans toujours pouvoir intégrer les contraintes mécaniques réelles du vélo. Ce n’est pas tant un défaut de l’outil qu’une limite inhérente à une analyse à distance.


Méthode 2 : vélo sur home trainer et comparaison avec un bike fitting professionnel
Deuxième scénario, plus intéressant pour évaluer la pertinence de l’outil : un gravel ayant fait l’objet d’un bike fitting professionnel complet. En théorie, les réglages sont donc déjà adaptés à ma morphologie et à ma pratique.


Le résultat de l’analyse Posturise est relativement similaire au premier test : la selle est à nouveau jugée trop haute, tandis que le reste de la position est validé. Cela confirme une chose : l’outil semble particulièrement sensible à la hauteur de selle, qui constitue clairement l’un de ses axes d’analyse prioritaires.
Point positif en revanche : je n’ai constaté aucune différence notable entre l’analyse réalisée contre un mur et celle effectuée sur home trainer. Le traitement de la vidéo et les recommandations produites semblent cohérents d’une méthode à l’autre, ce qui rassure sur la constance de l’algorithme.
Ce que ces tests disent vraiment de la méthode
À l’issue de ces deux essais, Posturise apparaît comme un outil capable d’identifier les grandes incohérences de positionnement, en particulier sur la hauteur de selle et l’équilibre général du poste de pilotage. En revanche, certains paramètres essentiels du bike fitting restent hors champ, comme le positionnement des cales, le recul de la selle ou l’analyse de face (alignement des genoux, stabilité du bassin).


Ces choix méthodologiques ne rendent pas l’outil inutile, mais le cantonnent clairement à un rôle de première approche : efficace pour éviter les erreurs grossières, mais insuffisant dès que l’on cherche un réglage fin ou que l’on rencontre des douleurs persistantes.
Ajustements après test : retour à l’usage réel
Après ces deux analyses, j’ai pris le temps de rouler réellement avec les réglages proposés, sur le vélo utilisé lors du test sans home trainer. Dans mon cas, les recommandations sur la hauteur de selle se sont révélées légèrement trop basses à l’usage.
Au bout de quelques sorties, des douleurs aux genoux sont apparues, signe assez clair que la position ne me convenait pas totalement. J’ai donc remonté la selle de quelques millimètres, pour revenir vers une position plus proche de mes repères habituels. Une fois cet ajustement effectué, les sensations se sont nettement améliorées.


Ce retour terrain confirme surtout une chose : Posturise fonctionne bien comme première approche, pour poser des bases et éviter les erreurs grossières.
L’outil semble particulièrement pertinent pour des cyclistes n’ayant jamais réalisé de bike fitting, ou pour dégrossir un réglage sur un nouveau vélo. En revanche, dès que l’on a déjà une position affinée ou une bonne connaissance de ses sensations, les recommandations doivent être prises avec recul et adaptées à l’usage réel.
Tarif et positionnement : une accessibilité difficile à battre
Posturise fonctionne sur un système de crédits : chaque analyse vidéo consomme un crédit facturé 4 €. La première analyse est offerte, ce qui permet de se faire une idée assez concrète de l’outil sans engagement.
Dans la pratique, il faut généralement trois à quatre analyses successives pour converger vers un réglage cohérent, soit un budget final d’environ 12 à 16 €. À ce niveau de prix, la proposition est clairement attractive, surtout pour une première approche du positionnement à vélo.


En comparaison, une étude posturale réalisée avec un professionnel représente un investissement nettement plus important, mais aussi un accompagnement bien plus complet, intégrant la prise en compte des objectifs sportifs, des potentielles blessures et antécédents, l’observation fine du pédalage, le réglage des cales et les ajustements nécessaires après l’étude.
Mon avis sur Posturise
Posturise est une solution prometteuse, encore en développement.
Elle permet aujourd’hui de corriger les erreurs majeures de positionnement, à très faible coût, et ainsi d’éviter certaines douleurs liées à un mauvais positionnement.




En revanche, elle ne dispense en aucun cas d’un vrai bike fitting, notamment dès que l’on parle de cales, de douleurs persistantes ou de recherche de performance fine.
Posturise s’impose donc comme un outil d’appoint intéressant pour poser les bases d’un réglage cohérent, à condition de garder en tête qu’un positionnement réellement précis passe encore par l’œil d’un professionnel.


















4 réponses
« Le bike fitting est un sujet central dès qu’on roule régulièrement. » Ben non! D’ailleurs ils faisaient comment tous les cyclistes, amateurs ou même professinnels avant que vous ne soyez née, avant que le fitting n’existe? 50 ans que je fais du vélo, jamais eu de vélo sur mesure, encore moins être passé entre les mains d’un fitter et je n’ai jamais eu de douleurs dû à des problèmes posturaux.
Il y a quelques semaines il y avait un article sur le fitting dans le grand quotidien. Le fitteur interrogé disait entre autre que une bonne hauteur de selle se jouait au millimètre près. Plus loin, il recommandait le fitting aussi chez les enfants. C’est certain que revenir chez son fitter tous les ans, voire tous les 6 mois, parce qu’un enfant cela grandit, c’est tout bénef pour lui. Au moins, s’il proposait, un forfait pour un suivi après le premier fitting, pourquoi pas. Mais rien.
Il faut arrêter de prendre les consommateurs pour des vaches à lait.
Bonjour, merci pour votre message. Le bike fitting, ce n’est pas que corriger une position pour éviter des douleurs. Ça peut aussi servir à devenir plus performant en maximisant et en optimisant la puissance du cycliste. Ce n’est pas juste être « bien posé » sur son vélo. Mais tant que l’on n’a pas essayé, on ne peut pas savoir si on passe – ou non – à côté de quelque chose 🙂
Bonjour Hugo,
Pour la plupart d’entre nous gagner quelques minutes sur ses sorties est ce bien nécessaire ? Qui plus est, gagné en performance, s’obtient au fil des kms parcourus, par la pratique et la motivation.
C’est certain que sans avoir essayé difficile de savoir si l’on passe à côté de quelque chose, mais tout comme la capteur de puissance, les programmes d’entraînement, etc.
Article intéressant, mais quelques points me semblent problématiques sur la méthode.
Le rétropédalage d’abord : le mouvement n’est pas symétrique. Les angles de flexion, le recrutement musculaire, le comportement du pied sont fondamentalement différents en pédalage réel. Analyser une position à partir du rétropédalage, c’est un peu comme analyser la foulée d’un coureur en le faisant marcher à reculons.
Ensuite, sans calibrage de référence dans la vidéo, comment l’outil peut-il annoncer des mesures en millimètres ? Un pixel ne vaut pas la même distance selon que la caméra est à 1m ou à 2m du vélo. Sans étalonnage, on obtient des angles approximatifs, mais certainement pas des millimètres. C’est physiquement impossible.
Pour un premier dégrossissage très approximatif ça peut suffire, mais il faut être honnête sur les limites réelles de la méthode. »