Gravel Fever n’aura pas lieu en 2026.
Festival gravel installé depuis plusieurs années, support des Championnats de France en 2025, manche annoncée de la Coupe de France de gravel 2026…
Et pourtant, l’événement basé à Châtellerault vient d’être annulé à quelques mois de sa prochaine édition.
Officiellement, les nouveaux élus de Grand Châtellerault ont décidé de couper les financements publics.
Et quand on regarde les chiffres, on comprend vite l’enjeu :
→ 300 000 € de subventions en 2023
→ 270 000 € en 2024
→ 160 000 € en 2025
→ 160 000 € encore provisionnés pour 2026
C’est toujours facile de taper sur un événement une fois qu’il est annulé.
Surtout quand on n’est pas en coulisse.
Mais entre nous… ça sentait le roussi.
Parce qu’au-delà du contexte politique, plusieurs signaux faibles étaient déjà là :
→ Une communication pas toujours alignée avec la vraie cible gravel
→ Des ravitos discutés malgré un prix d’inscription élevé
→ Des services annexes à revoir
→ Un salon qui a peiné à convaincre
→ Un nombre d’inscrits difficile à mettre en face des montants engagés
Le problème, ce n’est pas seulement Gravel Fever.
C’est le modèle.
Un gros événement gravel porté par beaucoup d’argent public, beaucoup de communication, beaucoup d’ambition territoriale…
Mais pas forcément assez d’adhésion terrain.
Et dans le gravel, ça ne pardonne pas.
Parce que le gravel n’est pas seulement une discipline sportive à “événementialiser”.
C’est une culture de pratiquants.
Une bonne trace.
Des chemins bien choisis.
Des ravitos généreux.
Des bénévoles impliqués.
Une ambiance sincère.
Une organisation qui connaît vraiment son terrain.
Et c’est là que les petites épreuves ont parfois un énorme avantage concurrentiel.
Elles n’ont pas forcément les plus grosses arches, les plus gros budgets ou les plus gros plans de communication.
Mais elles ont souvent l’essentiel : elles roulent sur leurs chemins toute l’année.
Elles savent où ça passe.
Où ça casse.
Où placer un ravito.
Où créer le souvenir.
Où éviter la galère inutile.
Et surtout, elles ne cherchent pas à “faire du gravel” parce que le gravel est à la mode.
Elles font du gravel parce qu’elles viennent de là.
Nature is Bike, l’autre grand rendez-vous gravel de l’Ouest, repose en partie sur la même fragilité : gros événement, forte ambition, dépendance à l’écosystème public / local.
2026 pourrait donc marquer la fin d’un cycle.
Celui du gravel événementiel très subventionné, pensé comme vitrine territoriale, mais trop fragile dès que les financements se resserrent.
Et peut-être le retour en force d’un modèle plus simple :
– des événements plus petits,
– plus ancrés,
– plus sincères,
– et beaucoup plus proches des pratiquants.
Avons-nous vraiment besoin de grands festivals pour faire vivre le gravel ?









5 réponses
Bravo pour cet article vous avez entièrement raison dans les hauts de France il y a des événements à taille humaine comme la calys qui est local mais qui attirent des graveleux et toutes les autres petites structures ds les clubs cyclo qui réalisent et proposent de très beaux parcours
Wouahh quel article !!
Je ne connais pas encore suffisamment mais ça me semble hyper pertinent.
Bravo.
Tout à fait d’accord ! Et quand on creuse, les organisateurs de certaines courses ou épreuves assez renommées utilisent beaucoup de bénévoles. Mais ces même organisateurs, sous couvert d’une société sous-traitante, se rémunérent assez bien. J’ai vécu ça dans un de mes clubs, après avoir demandé des explications, qui est arrivé à sortir cette société… l’épreuve avait été annulée…on ne sait pourquoi 😅. Vive les petits événements 😃 !
Très bonne analyse. 100% d’accord avec toi.
Issu du monde culturel, je vis cela depuis de nombreuses longues décennies.. et oui j’ai 64 ans .
Les grands festivals de musique j’en suis revenu, et d’ailleurs il y en a beaucoup qui se cassent la gueule.
J’organise des petits événements ou l’on retrouve une ambiance, des rencontres, des moments de partage vrai.. bref une âme une vrai.
Justement le Gravel est pour moi une discipline qui me correspond, une manière de prendre du recul sans rentrer dans la compétition, (souvent je roule seul) et qui me permet de méditer. Pour le Gravel reste une philosophie.
D’autres personnes le voient différemment, certains y voient des intérêts économiques tout en s’appuyant sur des bénévoles passionnés, mais ça moi je n’y peux rien si c’est que d’exprimer mes sentiments.et justement je remercie cette espace qui me permet cela.
Restons humbles humains et passionnés !!