Campagnolo n’en finit plus de bousculer les standards. Après avoir marqué l’histoire des transmissions vélo avec ses groupes 10, 11 puis 12 vitesses, la marque italienne ose désormais le premier groupe 2×13 vitesses sans fil. Je l’ai testé pendant plusieurs jours et voici mon retour d’expérience complet.
Les points forts :
- Ergonomie exemplaire
- Freinage progressif et puissant
- Esthétique remarquable
- Application connectée performante
À améliorer :
- Chargeur propriétaire peu pratique
- Dérailleurs un peu massifs visuellement
Une ergonomie modernisée, sans renier l’âme Campagnolo
La première impression, dès la prise en main, est celle d’une ergonomie particulièrement travaillée. Les leviers de frein profitent d’un design redessiné qui épouse parfaitement la forme de la main. Le maintien est intuitif, même lorsque l’effort se prolonge ou que la position évolue sur le cintre. Le fameux petit levier, la « petite gâchette » caractéristique des groupes Campagnolo, est toujours là. Son retour réjouira les aficionados de la marque qui appréciaient cette signature.


Si je n’étais personnellement pas très fan de cette petite gâchette sur la version Ekar, je dois dire qu’elle trouve une place intéressante sur cette version électronique.


En roulant, la transition entre la partie supérieure et la cocotte crée une surface d’appui homogène et confortable, idéale pour les longues sorties. Les trois boutons de commande sont parfaitement positionnés : leur accès reste naturel, que l’on tienne le cintre par les cocottes ou en bas. Dans cette version modernisée, on gagne clairement en confort et en précision, sans perdre le caractère qui fait l’attrait historique de Campagnolo.


Même si habituellement je préfère quand le petit bouton supplémentaire est positionné sur le haut de la cocotte, ici Campagnolo a choisi de faire comme SRAM ou comme Shimano sur son groupe GRX. Mais contrairement à ces deux marques, ici l’appui est plus simple car le bouton se montre rigide. On peut donc même appuyer avec l’intérieur du pouce si nos mains restent positionnées sur le haut des cocottes.
Personnellement c’est un type de bouton que j’utilise énormément car je le configure pour monter (levier gauche) ou descendre mes vitesses (levier droit).
Un passage des vitesses précis, mais avec un feeling particulier
Sur le terrain, la fluidité de la transmission est indéniable. Chaque changement de pignon s’effectue avec une précision impeccable, même en relance musclée. Cependant, la sensation diffère de celle d’un Shimano Di2 ou d’un SRAM AXS. Ici, la transmission conserve un caractère légèrement plus « mécanique », comme un clin d’œil aux générations précédentes. Il faut exercer une pression un peu plus franche sur les leviers pour déclencher l’action, ce qui peut surprendre les cyclistes habitués aux transmissions électroniques plus instantanées.


En revanche, le silence de fonctionnement est remarquable. Lors de mes essais, aucun bruit parasite ne s’est manifesté. Les rapports s’enchaînent dans une douceur qui tranche avec le clac métallique qu’on pouvait connaître autrefois. La configuration testée, avec un double plateau 50-34 et un pignon de 10 dents sur la cassette, offre une plage de développements extrêmement polyvalente, adaptée aussi bien aux longues ascensions qu’aux portions plus roulantes.


J’avais peur que le plateau de 50 dents soit trop limité par rapport à mon terrain de jeu et ma pratique sportive. Mais il faut avouer que le départ 10 change la donne. Jusqu’à 45 km / h, ce développement était parfait.
Mais Campagnolo ne s’arrête pas là, la firme italienne propose une gamme complète de développement qui est peut-être aujourd’hui la meilleure proposition de valeur sur le marché. On retrouve en effet des cassettes 10-29, 10-33, 11-32 et 11-36. Côté plateau, là encore vous aurez différentes possibilités avec un 45-29, 48-32, 50-34, 52-36, 53-39, 54-39 et enfin 55-39.
Freinage : la maîtrise totale au bout des doigts
Le freinage a toujours été l’un des points forts des groupes Campagnolo, et ce Super Record 13 ne déroge pas à la règle. La puissance est bien présente, mais c’est surtout la progressivité qui impressionne. La modulation est fine, et l’on dose avec précision, que ce soit sur un freinage d’urgence ou une décélération plus mesurée.


Au fil des descentes, les étriers ont fait preuve d’une stabilité exemplaire : aucun signe de disque qui frotte ni de pistons capricieux. La confiance s’installe très vite, et l’on comprend pourquoi Campagnolo revendique un freinage parmi les plus aboutis du marché.


Une connectivité moderne mais pas parfaite
La transmission sans fil est accompagnée de l’application MyCampy, qui facilite la personnalisation et la surveillance du système. L’interface est claire et la connexion se fait sans accroc. Il est possible de reconfigurer la fonction des boutons, de vérifier le niveau de charge ou de mettre à jour le firmware en quelques minutes.
C’est à mon sens l’application la plus aboutie parmi les 3 géants.
Toutefois, la traduction française reste partielle et certains menus nécessitent un petit temps d’adaptation. Autre point moins convaincant : le chargeur propriétaire. Son format encombrant et son absence de compacité tranchent un peu avec l’élégance générale du produit.
Les batteries ne sont pas interchangeables et si celle du dérailleur avant est facile à manipuler, j’ai rencontré plus de difficulté avec celle du dérailleur arrière, notamment pour la remettre.


Un design qui assume son ADN italien
Difficile de passer à côté de l’esthétique soignée de ce groupe. Le pédalier, en particulier, attire immédiatement l’œil par sa finition carbone qui évoque autant la performance que le raffinement.


Les dérailleurs, eux, paraissent plus massifs sur des cadres aux lignes fines, mais ils dégagent une impression de robustesse rassurante.


« Dans l’ensemble, l’identité Campagnolo s’exprime pleinement : un style affirmé, fait de détails élégants et de matériaux nobles. »
Tarifs et positionnement
Proposé à 4 300 € en version sans capteur de puissance, le Super Record 13 se situe dans la fourchette haute du segment, mais son tarif reste comparable aux offres haut de gamme de Shimano et SRAM. La disponibilité reste limitée : il est encore rare de le trouver monté d’origine sur des vélos complets. Cela renforce son attrait pour les cyclistes qui souhaitent réaliser un montage custom et affirmer leur goût pour les équipements exclusifs.
Bilan : un groupe premium qui cultive sa différence
Ce Super Record 13 incarne parfaitement l’ADN Campagnolo : un savant mélange de tradition et d’innovation. L’ergonomie et la qualité du freinage se situent clairement parmi les meilleures références actuelles. Le passage des vitesses, tout en restant précis, conserve un caractère un peu plus physique qui plaira à ceux qui aiment sentir la mécanique travailler sous leurs doigts.


Si l’on peut regretter quelques détails perfectibles – comme la compacité du chargeur ou l’ergonomie logicielle encore incomplète – l’ensemble compose une proposition cohérente, moderne et fidèle à la philosophie italienne.
Pour celles et ceux qui recherchent un groupe haut de gamme, élégant, fiable et différent, le Super Record 13 est un choix qui ne manque ni de personnalité ni de raffinement.
























