Après avoir présenté il y a quelques semaines le tout nouveau Cannondale SuperX, la marque américaine enchaîne les sorties et nous dévoile ce jour, la nouvelle version du Topstone Carbon.
À l’instar de leur gravel race, j’ai aussi pu essayer ce nouveau modèle lors d’une journée test en Champagne. Présentation, prise en main et avis sur la mise à jour d’un des gravel les plus emblématiques du marché. 👇
Les points forts :
- Conception unique avec suspension avant Lefty et KingPin à l'arrière
- Géométrie équilibrée
- Nouveaux points de fixation et rangement interne
À améliorer :
- Poids élevé, même s'il n'impacte pas l'utilisation
- Prix élevé pour certaines versions
Une mise à jour bienvenue
Vous le savez, je ne suis pas du genre à recopier les communiqués de presse. Je vais donc aller à l’essentiel pour vous présenter les évolutions de ce vélo.
Le Cannondale Topstone dans sa version carbone en est déjà à sa troisième itération. Décliné en fourche rigide ou avec la très célèbre fourche Lefty, c’est un cadre très populaire pour sa polyvalence et versatilité. Cette mise à jour n’est pas une refonte complète de la gamme Topstone, mais plutôt un update bienvenu pour un gravel populaire.


Sur le Topstone Carbon 1, on retrouve à l’avant la célèbre fourche Lefty Oliver qui propose un débattement de 40 mm. Monobras et spécialement conçue pour le gravel, elle est censée apporter assez logiquement du confort sur l’avant.


À l’arrière (qu’importe la version carbone), c’est une suspension KingPin qui permet 30 mm de débattement. Simple et sans entretien, cette dernière permet d’apporter du confort et de la flexibilité sur l’arrière du vélo.


Autre nouveauté, hormis l’ajout de nouveaux points de fixation sur le cadre, on retrouve aussi un rangement interne prénommé « StashPort » situé dans le tube diagonal. Je l’ai trouvé relativement pratique et suffisamment grand pour y mettre tout le nécessaire de réparation. D’ailleurs, une petite trousse est fournie par défaut.


En parlant de points de fixation, on en retrouve aussi sous le top tube. Mais pour le moment, aucun produit compatible n’a été présenté. Peut-être une sacoche sans sangle à l’avenir ?


À l’instar du SuperX, le Topstone propose aussi le Proportional Response Construction, c’est-à-dire un vélo optimisé qu’importe la taille choisie. À ce propos, il y a assez logiquement quelques différences en termes de géométrie entre ces deux gravel. Le stack (T58) est plus agressif sur le SuperX (59,5 cm) que sur le Topstone (61,5) et la forme des tubes est, bien entendu, différente.
Mais finalement, le Topstone conserve une géométrie polyvalente, ni trop pépère, ni trop agressive. On pourra donc assez facilement optimiser la position selon si l’on souhaite participer à une compétition gravel ou plutôt partir plusieurs jours en bikepacking. Car oui, et j’y reviendrai lors de mon essai, ce cadre a beau être orienté vers l’aventure, il n’en reste pas moins assez surprenant dès que l’on souhaite mettre quelques watts.
Enfin, notons que le cadre est identique entre la version avec ou sans fourche Lefty. En Aftermarket, il sera donc possible d’équiper une version non Lefty de cette fourche.


J’ai réalisé ce petit gif pour comparer les deux vélos (ça vaut ce que ça vaut). On peut donc se rendre compte que si jamais vous souhaitez acheter ces deux modèles (on ne sait jamais), vous pouvez sans souci opter pour la même taille de cadre. Ce qui n’est pas toujours le cas chez une même marque, les gravel orientés « aventure » ont la fâcheuse tendance de tailler très grand (comme le Trek Checkpoint et son top tube de 58 cm sur un T56 !)
Le large dégagement permet de passer sans souci des pneus en 700 x 52 mm (47 mm sur la version Lefty) tout en respectant la norme ISO et ses 6 mm de dégagement sur chaque côté. Sans surprise, ce gravel a été clairement pensé pour l’aventure.




Vous remarquerez aussi que contrairement à la gamme précédente, la câblerie est désormais entièrement intégrée, exception faite de la version avec fourche Lefty bien entendu.
Enfin, même si le Topstone est livré sans, dans les montages actuels, il est tout à fait compatible avec une tige de selle télescopique.
Le test terrain du Cannondale Topstone
Une trentaine de kilomètres ça peut paraître un peu léger pour se faire une idée d’un gravel. Mais notre guide a encore une fois réussi à nous proposer une trace variée. Nous avons d’ailleurs effectué quasiment la même trace que lors de mon essai du Super X. Un bon moyen donc de comparer les différences de comportement entre ces deux vélos en fonction du terrain de jeu.
Mais commençons déjà par les ressemblances entre ces deux modèles. Dans les deux cas, je me suis retrouvé extrêmement bien positionné avec très peu de réglages effectués. Bien sûr, j’ai une position plus sportive sur le SuperX du fait d’un stack plus bas, mais à chaque fois, j’ai trouvé que ma position était appropriée au style du vélo.


Mon modèle testé correspond au Topstone Carbon 1 Lefty AXS équipé comme son nom l’indique d’une fourche Lefty et d’une transmission sans fil SRAM AXS avec ici un montage mullet puisque l’on retrouve un dérailleur SRAM GX Eagle et une cassette 10-52 avec un plateau de 42 dents à l’avant.
Un montage équilibré qui permet de passer partout ou presque. Si vous habitez dans une région plus montagneuse, il pourrait être intéressant de l’équiper d’un 40 dents à l’avant.
Assez logiquement, le vélo est bien entendu compatible UDH avec sur ce montage une fixation du dérailleur directement sur le cadre.


Les roues Reserve avec profil différencié (40 mm à l’avant et 44 à l’arrière) sont les mêmes que sur le modèle race. Un choix assez inattendu mais qui prouve la polyvalence de cette paire de roues. Et finalement je trouve qu’elle apporte un comportement sain et vif au cadre de ce Topstone tout en permettant d’alléger la masse totale du vélo.


Dans cette version, ce vélo coûte 6 899 euros, soit exactement la même tarification que le SuperX testé dernièrement. Toutefois, contrairement à son petit frère orienté race, ici les montages sont plus accessibles et le prix d’un vélo complet commence à partir de 3 299 euros dans une version sans fourche Lefty, avec transmission mécanique GRX et s’étendra jusqu’à 7 499 euros dans sa version LTD en Shimano DI2.
Concernant le poids, la version que j’ai testée est annoncée à 9,8 kg. Il pourra descendre sous la barre des 9 kg dans sa version LTD. Un poids qui me surprend puisque s’il est relativement élevé sur le papier, il n’est pas spécialement pénalisant sur une utilisation gravel.
Un poids qui n’a d’ailleurs aucunement empêché le multiple champion du monde de moto Jean-Michel Bayle de nous réaliser quelques acrobaties !


La trace commençait par un bon premier pétard aux alentours des 15%. Rapidement, je me suis surpris à grimper avec la fourche Lefty en position ouverte. Et à aucun moment je n’ai senti un effet « pompe » de cette dernière. Même si le vélo répond moins que le Super X, surtout d’un point de vue latéral, il reste très plaisant à emmener en côte. Et le braquet mieux adapté permet aussi de monter de manière plus souple.
Juste après, s’en est suivi une portion plus herbeuse et grasse dans laquelle ce gravel est particulièrement à son avantage, notamment avec les pneus en 44 mm (WTB Raddler).


Ensuite, nous avons enchaîné avec mon terrain de jeu de prédilection 😂, de petits singles en forêt. Ici, le Topstone m’a impressionné en corrigeant assez facilement mes défauts de conduite. Là où le super X était très joueur mais ne comblait pas les lacunes techniques du pilote, ici, le Topstone ouvre la voie et permet d’avancer avec sérénité.
« Dans ces conditions, la fourche Lefty m’a particulièrement impressionné. Elle sait se faire oublier sur les portions plus roulantes tout en apportant un véritable gain de confort sur les terrains plus accidentés. »
Justement sur un terrain plus roulant ce Topstone ne fait pas pâle figure. Le cadre carbone est loin d’être mou comme cela peut être (souvent) le cas sur des modèles orientés aventure.
Je vous avoue que je m’attendais à un vélo lourd, « pataud » et assez difficile à emmener. Un vélo à réserver uniquement pour des aventures très engagées. Lourd, il l’est sur la balance, mais comme évoqué plus haut, ce poids est tellement bien réparti qu’il ne se fait guère ressentir à l’usage. Comme quoi, même si c’est un critère important aux yeux de certains, c’est finalement une caractéristique assez anecdotique, si par ailleurs le cadre est très bien construit. Qui plus est en gravel…


Rapidement, j’ai donc dû balayer mes suppositions, car ce que révèle réellement ce châssis en carbone est bien au-delà de mes attentes. Bien entendu, ce n’est pas du tout la même rigidité que le SuperX. Mais c’est un excellent compromis pour rouler longtemps sans pour autant se traîner. On a l’impression réelle de rouler sur un nuage tant cette fourche est efficace. Je me suis d’ailleurs surpris à rouler toute la sortie en position ouverte. Même sur du bitume, même sur du plat, même en descente ! Il n’y a pas du tout cette sensation de « pompage », hormis lors de sprints ou dès lors que l’on dépasse les 40 km/h sur le plat. Mais en dessous de ces vitesses, c’est assez bluffant !


L’arrière est aussi à l’image de l’avant. Avec la suspension mécanique KingPin et un tube de selle relativement court, ça filtre très bien sans (trop) alourdir le vélo ni compliquer la maintenance puisque cette suspension ne nécessite aucun entretien.
Mon avis sur le nouveau Topstone
Avec ce nouveau Topstone et le SuperX présenté il y a quelques semaines, Cannondale propose une gamme gravel aboutie qui devrait répondre à tous les besoins et toutes les pratiques. Deux modèles que j’ai trouvés particulièrement réussis sans fausse note et un comportement qui respecte le cahier des charges souhaité. Reste le prix qui se situe dans la fourchette haute même si ce Topstone a l’avantage d’être légèrement plus accessible que son petit frère.
























