Test Cube Litening AERO C:68X SLT : le vélo aéro parfait ?

Le Cube Litening AERO C:68X SLT a tout du vélo intimidant : cadre aéro, roues très hautes, cockpit massif, montage haut de gamme et silhouette de machine de course.

Avant de commencer ce test, j’avais une inquiétude : en tant que petit gabarit (bien que coursière), allais-je vraiment réussir à emmener, ou juste subir un vélo World Tour ?

Après plusieurs sorties, la réponse est assez nette. Ce Litening n’est pas seulement rapide. Il est grisant. Rigide sans être brutal, et beaucoup plus facile à vivre que son image ne le laisse penser.

Notre avis (en bref) sur 👇
2027
✔︎ EN STOCK
GP - LITENING AERO C_68X PRO
Cube Litening Aero C:68X
⭐️ 4.8/5
« Une fusée aéro étonnamment facile à emmener, même en montée »
Plage de prix : 5249€ à 7599€
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Les points forts :

À améliorer :

Le Litening AERO dans la gamme Cube : le vélo de course pur

Chez Cube, le Litening AERO occupe la place du vélo compétition aérodynamique. C’est le modèle pensé pour la vitesse, la course, les relais appuyés, les longues portions roulantes où chaque watt compte.

Il ne faut pas le confondre avec le Cube Agree C:62, plus orienté endurance rapide. Le Litening AERO est plus radical dans son intention. Moins polyvalent dans le dessin et plus frontal dans la recherche de performance.

Dans la gamme route Cube, il dialogue aussi avec le Litening AIR, davantage tourné vers le poids et la montagne. Ici, l’objectif est différent : aller vite, maintenir la vitesse, économiser des watts dès que le terrain s’y prête.

Un cadre plus léger et plus rapide

Cette nouvelle génération repose sur le carbone C:68X, la construction la plus haut de gamme de Cube. La marque annonce environ 150 g de moins sur l’ensemble cadre et fourche par rapport à la génération précédente, ainsi qu’un gain aérodynamique pouvant atteindre 6 watts.

Ces chiffres ne disent pas tout, mais ils donnent le ton. Cube n’a pas seulement cherché à dessiner un vélo spectaculaire. Le Litening AERO est conforme UCI, travaillé en CFD et en soufflerie, avec une intégration complète et une tige de selle aérodynamique revue.

Visuellement, je le trouve intéressant parce qu’il évite deux excès. Il n’a pas le côté très droit, presque brutal, d’un Canyon Aeroad. Il n’a pas non plus les formes très organiques que l’on peut retrouver chez Cervélo. Il se place entre les deux : racé, tendu, mais pas figé.

Le modèle essayé était en finition Team Edition, blanc nacré texturé, avec un dégradé orange sur la fourche et des zones bleues qui lui donnent une vraie présence. Dans la configuration essayée, le Cube Litening affiche 7,1 kg (sans aucun accessoire).

Cube propose aussi d’autres très beaux coloris selon les versions. C’est un point qui mérite d’être souligné, parce que la marque allemande a longtemps été davantage associée au rapport équipement/prix qu’à des peintures vraiment marquantes. Depuis quelques saisons, ce n’est plus aussi vrai, et nous l’avions déjà noté dans notre sujet sur les modèles Cube 2026.

Le cockpit IC Aero Max : massif, mais étonnamment agréable

Le poste de pilotage est probablement l’un des éléments les plus visibles du vélo. Le cockpit CUBE IC Aero Max est large et épais. La première impression est presque déroutante. Et il se fait remarquer !

À l’usage, je l’ai pourtant trouvé très agréable, y compris avec de petites mains. La zone plate est large, et tellement stable que je me suis surprise plusieurs fois à me mettre en danseuse avec les deux mains posées sur le dessus.

Cube précise aussi que le cadre est compatible avec tous les postes de pilotage monoblocs Cube. C’est rassurant si l’on veut ajuster la position ou remplacer le cockpit plus tard sans se retrouver bloquée dans une solution trop spécifique.

Taille 52, sortie de selle et manivelles courtes : des détails qui comptent

J’ai roulé le Litening AERO en taille 52. Point pratique : j’ai pu obtenir ma bonne sortie de selle sans couper la tige de selle. Pour beaucoup de cyclistes, ce sera anecdotique. Pour celles et ceux qui ont des jambes plus courtes, ça ne l’est pas du tout.

Sur cette taille, le vélo est livré avec des manivelles en 165 mm. C’est cohérent et moderne. Sur un vélo de cette catégorie, ce choix participe à une position plus naturelle pour des gabarits plus petits, sans imposer systématiquement des longueurs de manivelles trop importantes.

Le Litening conserve un boîtier de pédalier PressFit, mais Cube utilise ici un modèle à coupelles filetées entre elles, associé à des roulements céramiques. Concrètement, les deux parties du boîtier viennent se visser l’une dans l’autre plutôt que d’être simplement pressées indépendamment dans le cadre. Cette construction permet de mieux maintenir l’alignement des deux roulements et de limiter certains problèmes classiques du PressFit liés aux tolérances du cadre. 

Roues Newmen Streem Sprint VONOA : le montage change tout

La version SLT essayée reçoit les roues Newmen Streem S.60/66 VONOA Carbon : 60 mm à l’avant, 66 mm à l’arrière, avec des rayons carbone VONOA. C’est un montage très haut de gamme, et ça se ressent immédiatement dans l’identité du vélo.

On a ce bruit de carbone très présent, presque intimidant, venant à la fois des roues et du cadre. Ce n’est pas juste sonore : ça participe à la sensation de rigidité, de vitesse, de vélo très tendu sous les pieds.

Cube ne met pas ici une paire de roues correcte pour compléter le montage. Les Newmen fournies sont positionnées tout en haut de la gamme de la marque, avec une jante large et des rayons carbone. C’est l’un des points qui rend le Litening particulièrement fort face à la concurrence.

Pneus Schwalbe Pro One Aero en 28 mm, mais dégagement jusqu’à 34 mm

Le vélo essayé était monté avec des Schwalbe Pro One Aero en 28 mm, tubeless ready, mais utilisés ici en chambre à air. De mon côté, je roule habituellement en 32 mm tubeless sur route. Je m’attendais donc à sentir une différence nette en confort.

En réalité, je n’ai pas du tout trouvé le montage inconfortable. Les pneus m’ont paru très rassurants, avec du grip et une bonne sensation d’appui.

Le cadre accepte officiellement des pneus jusqu’à 34 mm. Pour un vélo aéro, c’est beaucoup. Rouler en 32 ou 34 mm sur ce type de machine ne parlera pas à tout le monde, mais cette marge est intelligente.

Elle permet d’imaginer un usage sur routes abîmées, pavés, longues distances rapides, ou simplement de suivre l’évolution actuelle vers des pneus route plus larges. Le cadre a de la réserve, et c’est aussi une manière de ne pas vieillir trop vite.

Sur le plat : la sensation de vitesse est immédiate

C’est sur le plat que le Litening AERO donne sa réponse la plus évidente. Le vélo file. Il maintient la vitesse avec une facilité assez addictive, et la combinaison cadre, cockpit, roues hautes donne une vraie impression de fusée.

J’ai roulé des segments que je connais très bien. Sur certains, j’ai signé mes meilleurs temps avec presque 30 watts de moins que d’habitude, alors que je roule déjà habituellement de très bons vélos.

Bien sûr, une sortie ne se résume jamais à un seul chiffre. Vent, forme du jour, trajectoires, tout compte. Mais quand les sensations et les données racontent la même chose et se répètent, il est difficile de l’ignorer.

Le Litening donne cette impression rare : on sent le gain sans avoir besoin de se convaincre. Dès que la vitesse monte, le vélo devient plus logique, plus naturel. Il réclame d’être lancé (sans que cela ne soit difficile), puis il conserve l’allure.

Une rigidité très présente, mais jamais punitive

Ce qui m’a le plus surprise, c’est la manière dont le vélo reste agréable malgré sa rigidité. Je m’attendais à une machine raide, presque dure à emmener. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti.

Le cadre ne donne pas l’impression de se déformer. Quand on appuie, ça part. La réponse est nette, sèche dans le bon sens du terme, mais pas cassante.

En montée, je pensais être désavantagée par le caractère aéro du vélo et les roues très hautes. Finalement, je ne l’ai pas subi. J’ai même réalisé des records en côte, sur un vélo qui pèse globalement le même poids que celui que je roule habituellement.

La comparaison avec mon Scott Addict RC est intéressante. Le Scott est plus orienté grimpe, avec une légère déformation du cadre qui donne un peu de renvoi quand qu’on se met en danseuse. Le Cube, lui, ne joue pas ce registre. Il reste totalement rigide et direct.

Et pourtant, je n’ai pas eu l’impression d’être pénalisée. C’est peut-être là que le Litening est le plus surprenant : il est très aéro, mais pas limité au plat.

En descente : comme sur des rails

En descente, le Litening conserve ce caractère très tenu. Le cockpit large, les roues hautes et la rigidité du cadre donnent un vélo qui est bien posé sur sa ligne.

Je me suis sentie en confiance, réalisant sans m’en rendre compte des records de vitesse dans mes descentes habituelles (alors même que je suis plutôt habituée au grip de mes pneus tubeless en 32 mm).

Le vélo n’a pas ce côté instable que l’on pourrait craindre avec une machine aussi profilée. Les roues Newmen montées avec des pneus Schwalbe Pro One Aero fonctionnent parfaitement bien. Le vélo est comme posé sur des rails. Tout est précis et fluide.

Transmission, capteur de puissance et boîtier : un montage sans compromis

La version SLT est affichée à 7 599 € avec un groupe Shimano Dura-Ace Di2, un capteur de puissance 4iiii bilatéral et un boîtier de pédalier céramique.

La transmission associe un pédalier 52/36 à une cassette 11-34, un choix assez logique pour un vélo de ce type : suffisamment de développement pour rouler vite sur le plat, sans sacrifier complètement la polyvalence.

Sur les cols, je ne me suis jamais sentie pénalisée. Le Litening reste nerveux, répond bien lorsque l’on appuie et n’est pas particulièrement punitif dans les fortes pentes. Avec le 36×34, on dispose déjà d’un braquet suffisamment accessible pour la grande majorité des ascensions. 

Pour une approche encore plus typée course, Cube propose aussi la version Orbit, équipée en SRAM Red avec un monoplateau de 50 dents et une cassette 10-46 à 13 vitesses. Un montage qui peut notamment avoir du sens pour les coursiers évoluant principalement sur des parcours roulants. Cette version gagne également encore un peu de poids et se distingue par un coloris particulier.

Un positionnement tarifaire difficile à ignorer

À environ 7 600 €, le Litening AERO C:68X SLT reste un vélo cher. Il ne faut pas faire semblant du contraire. Mais son positionnement devient beaucoup plus intéressant dès qu’on regarde le montage complet.

Cube associe ici son carbone le plus haut de gamme, le groupe Dura-Ace Di2, un capteur de puissance bilatéral, un cockpit intégré, un boîtier céramique et les roues Newmen Streem S.60/66 VONOA à rayons carbone. Ce n’est pas un vélo dont le tarif est contenu en sacrifiant les périphériques.

La comparaison avec Canyon est révélatrice (puisque Canyon fait déjà partie des marques historiquement très compétitives sur les prix). À tarif proche, l’Aeroad CF SLX reste sur la fibre intermédiaire de Canyon et des roues DT Swiss ARC 1400. Les Newmen du Cube sont plus haut placées dans leur propre gamme, avec notamment les rayons carbone VONOA.

Mais pour comparer réellement à niveau d’équipement équivalent, il faut plutôt regarder du côté de l’Aeroad CFR Di2 : carbone le plus haut de gamme de Canyon, Dura-Ace Di2 et équipement du même niveau. Celui-ci se situe autour de 9 000 €, contre 7 599 € pour le Litening AERO SLT.

Cube frappe donc particulièrement fort avec ce Litening : pour 7 599 €, on accède à un vélo aéro de niveau WorldTour, avec la construction carbone la plus haut de gamme de la marque et un montage qui ne cherche pas à économiser sur les périphériques.

La version Litening AERO C:68X Race est encore plus parlante. À 5 249 €, elle conserve le cadre C:68X haut de gamme, passe en Shimano Ultegra Di2, reçoit un capteur de puissance 4iiii bilatéral et des roues Newmen Streem Allround 49/54.

Face à un Canyon Aeroad CF SLX 8 Di2 à 5 999 €, également en Ultegra Di2 mais avec capteur unilatéral et roues DT Swiss ARC 1600, le Cube marque des points. Les roues, l’écart de prix, le capteur bilatéral et la fibre de carbone haut de gamme rendent la proposition très forte.

Le choix du montage SRAM ou Shimano, sans surcoût

Le positionnement est peut-être encore plus intéressant du côté des versions SRAM. Habituellement, les montages SRAM entraînent une hausse sensible du prix par rapport à leurs équivalents Shimano. Ici, Cube ne répercute pas cette différence : le Litening AERO C:68X SLX en SRAM Red est affiché à 7 599 €, soit exactement le même tarif que notre SLT en Dura-Ace Di2.

C’est assez rare pour être souligné, surtout avec un montage qui conserve le cadre C:68X et les roues Newmen haut de gamme à rayons carbone. Cube parvient donc à laisser le choix de la transmission sans faire du SRAM Red une option financièrement pénalisante.

Plus étonnant encore, la version Orbit, également en SRAM Red mais avec transmission monoplateau 13 vitesses, descend à 7 299 €. L’absence de dérailleur avant explique évidemment une partie de l’écart, mais Cube aurait facilement pu positionner ce montage très actuel au même tarif. Ce n’est pas le cas, et cela renforce encore la cohérence tarifaire de la gamme.

Face aux autres vélos aéro : moins visible, mais tout aussi sérieux

Le Litening AERO reste moins présent dans l’imaginaire collectif que certains concurrents. Canyon Aeroad, Specialized Tarmac SL9, Cervélo S5, Trek Madone : ces noms reviennent plus souvent dès qu’on parle de vélos de course aéro.

Cube souffre parfois d’une image plus rationnelle, moins statutaire. Pourtant, ce Litening n’a rien d’un vélo de second plan. Il est utilisé au plus haut niveau, il coche les cases techniques attendues, et surtout il procure de vraies sensations de vitesse.

Nous avions déjà parlé de l’ancien Litening Aero C:68X SLT, qui restait très convaincant plusieurs saisons après sa sortie. Cette nouvelle génération pousse plus loin le curseur : cadre allégé, dégagement pneumatique augmenté, cockpit revu, intégration moderne et montage encore plus ambitieux.

Ce que j’en retiens

Le Cube Litening AERO C:68X SLT m’a vraiment surprise par sa capacité à être extrêmement performant sans devenir inaccessible ou trop exclusif dans son usage. Même avec les roues hautes de cette version SLT, je ne me suis jamais sentie pénalisée lorsque la route s’élevait.

Il reste rigide, très direct et quasiment sans déformation, mais sans ce côté « planche » difficile à emmener que peuvent avoir certains vélos aéro. Pour ceux qui veulent un comportement un peu moins radical, la version Race et ses roues Newmen moins hautes peut d’ailleurs être intéressante. Sur de la très longue distance, cette rigidité pourra en revanche finir par fatiguer. Mais sur des sorties jusqu’à 150 km, j’ai trouvé le Litening particulièrement plaisant et bien plus polyvalent que son profil ne le laisse penser.

Et surtout, son tarif ne serait pas aussi intéressant si le vélo n’était pas bon. Cube pourrait simplement proposer un vélo moins cher que ses concurrents. Dans les faits, le Litening AERO C:68 X SLT est un vélo qui se place au niveau des références les plus prestigieuses et les plus chères du marché.

Cube Litening Aero C:68X
⭐️ 4.8/5
« Une fusée aéro étonnamment facile à emmener, même en montée »
Plage de prix : 5249€ à 7599€

Reste finalement le seul problème du Litening AERO : réussir à s’en procurer un. Entre les délais, les précommandes et les stocks limités, le vélo a beau être particulièrement convaincant, le plus difficile restera de réussir à mettre la main dessus.

⭐️ 4.8/5
« Une fusée aéro étonnamment facile à emmener, même en montée »

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