La Look X-One-GTi arrive avec une idée assez tranchée : rapprocher les sensations d’une pédale route, tout en gardant une compatibilité SPD pour le gravel. Sur le papier, le concept est séduisant, surtout pour une pratique orientée compétition.
Après plusieurs mois d’essai, le constat est plus nuancé. Cette pédale a de vrais arguments : 120 g par pédale, un axe titane, une grande surface d’appui et une finition superbe. Mais son architecture à une seule face clipsable impose aussi des limites très concrètes dès que le terrain devient moins prévisible.
Les points forts :
- Finition superbe et usinage très propre
- Poids très contenu pour une pédale gravel compatible SPD.
- Surface d’appui large, sensation proche d’une pédale route
À améliorer
- Clipsage simple face moins intuitif qu’une SPD double face
- Tarif premium qui impose d’avoir un usage très ciblé
Dans l’univers gravel, le choix des pédales reste un vrai sujet d’usage. On peut chercher la sécurité d’une double face, le rendement d’un système route, ou un entre-deux plus spécifique. C’est exactement là que cette X-One-GTi tente de se placer, dans une zone que l’on retrouve rarement sur le marché.


Une construction vraiment premium
Visuellement, la X-One-GTi fait très haut de gamme. Le corps en aluminium usiné est propre, les lignes sont nettes, et l’axe titane ajoute cette petite touche mécanique qui donne envie de croire à la durabilité du produit.
L’usinage est impeccable. On sent que Look n’a pas simplement voulu sortir une pédale gravel légère, mais un objet très travaillé, presque statutaire. À ce niveau, la pédale marque des points.


L’installation ne réserve pas de surprise particulière. On reste sur un montage classique de pédales, sans manipulation spécifique. La compatibilité avec les cales au standard SPD est évidemment un point central, puisqu’elle permet de rester dans un environnement chaussures gravel/VTT connu.
Côté chiffres, la fiche technique confirme l’orientation performance : 650 mm² de surface d’appui, 67 mm de largeur, un Q-factor de 53 mm, une hauteur pédale + cale annoncée à 16,8 mm, et un poids très contenu. Le tarif annoncé est de 299 €, ce qui place la X-One-GTi dans une catégorie premium.
La sensation d’appui est le vrai point fort
Sur le vélo, le premier ressenti est très net : la surface d’appui change vraiment la sensation sous le pied. Couplée aux dernières chaussures Shimano équipées du système Proton, la pédale donne presque l’impression d’un ensemble chaussures route + pédales route.
C’est probablement le meilleur argument de cette Look. Là où certaines pédales SPD classiques peuvent donner une sensation plus ponctuelle sous la chaussure, la X-One-GTi apporte un appui plus large, plus stable, plus homogène.


Sur les relances assises, les longues portions roulantes et les efforts réguliers, cette plateforme élargie donne un vrai côté efficace. On ne parle pas seulement d’un gain théorique sur une fiche produit : le contact pied/pédale paraît plus posé et plus direct.


Le poids contenu renforce aussi cette impression de pédale de course. Ce n’est pas forcément mon critère numéro un en gravel, où la fiabilité, le clipsage et la gestion de la boue comptent souvent davantage. Mais à seulement 120 g par pédale, l’avantage reste difficile à ignorer.
Le clipsage simple face demande de l’adaptation
Le revers du concept arrive au moment de reclipser. La X-One-GTi n’a qu’une seule face clipsable, et cela change beaucoup de choses en gravel race.
Au début de l’essai, il a fallu de nombreux kilomètres avant que la pédale revienne naturellement dans une position facilitant le clipsage. Tant que l’axe n’est pas assez mobile, il m’est arrivé plusieurs fois de chercher la bonne face pendant quelques secondes.


Sur route, ce genre de détail peut passer au second plan. En gravel, beaucoup moins. En course, on peut déchausser pour éviter une chute, franchir un passage technique, relancer après un virage sale ou remettre le pied après une portion instable. Dans ces moments-là, quelques secondes à chercher la face clipsable peuvent vraiment agacer.
Avec les kilomètres, la situation s’améliore. La pédale devient plus mobile et se repositionne mieux dans le sens du clipsage. Mais cette phase rappelle quand même l’intérêt d’une pédale SPD double face : plus lourde, certes, mais souvent plus simple quand le terrain devient nerveux.
C’est d’ailleurs tout le dilemme de cette X-One-GTi. Elle veut offrir un rendement et une surface d’appui proches d’une pédale route, mais le gravel impose parfois des gestes de pilotage qui rendent la double face très confortable au quotidien.
Un maintien perfectible sur les efforts très puissants
La tension réglable de 5 à 10 permet d’adapter un minimum le déclenchement, mais je l’ai trouvée un peu juste dans certaines situations. Couplée à la liberté angulaire de 6°, elle donne un ensemble qui peut manquer de verrouillage sur des sprints très puissants.
Ce n’est pas gênant pour rouler au train, accélérer progressivement ou tenir un effort long. En revanche, sur une grosse relance debout, avec beaucoup de couple, j’aurais aimé un maintien plus ferme.


L’angle de déchaussage annoncé à 13° reste cohérent pour une pratique gravel, mais la sensation globale ne donne pas toujours ce côté parfaitement verrouillé que certains compétiteurs recherchent. Là encore, tout dépendra du profil du cycliste, de sa puissance, de ses chaussures et de sa tolérance à la liberté angulaire.
Notons aussi que cette version pourtant « Race » n’est pas proposée avec capteurs de puissance intégrés.
Plus pertinente sur gravel roulant que sur terrain haché
La X-One-GTi prend vraiment son sens sur des parcours rapides, roulants, avec peu de déchaussages. Sur ce type de terrain, sa grande surface d’appui, son poids et sa sensation très proche de la route deviennent intéressants.
Mais dès que le parcours impose des remises de pied fréquentes, des passages techniques, des relances désordonnées ou des zones où l’on doit clipser vite sans réfléchir, la simple face devient moins évidente.


La pédale conserve tout de même un avantage par rapport à une vraie pédale route : elle évacue mieux la boue et reste compatible avec des chaussures gravel. C’est ce qui lui permet de ne pas être simplement une pédale route déguisée.
Pour autant, son positionnement reste difficile. Sur un gravel très roulant, certains cyclistes pourraient être tentés par une pédale route. Sur un gravel plus engagé, une SPD double face reste souvent plus rationnelle. La X-One-GTi s’adresse donc à un créneau précis : le gravel rapide, compétitif, mais pas trop technique.
Une très belle pédale, mais pas une évidence pour tous
La Look X-One-GTi est une pédale très réussie sur la forme. La finition est magnifique, le poids est impressionnant, l’appui est large, et la sensation sous le pied peut vraiment séduire les cyclistes venant de la route.
Mais sur le terrain, je reste sur ma réserve. Le clipsage simple face demande une phase d’adaptation, et même après plusieurs mois, il reste moins naturel qu’une double face dans les situations nerveuses. Le maintien m’a aussi semblé un peu limité sur les sprints très puissants.




Pour un gravel roulant, rapide, avec peu de déchaussages, cette pédale peut avoir du sens. Pour une pratique plus technique, plus incertaine, ou pour ceux qui veulent clipser sans réfléchir, elle sera moins évidente.
La X-One-GTi est une superbe pédale de gravel race, mais son concept demande le bon terrain pour vraiment briller.















Une réponse
Ce serait intéressant de la comparer à la Time Atac XC 12, proposée au même tarif pour un poids similaire.