Certaines roues attirent immédiatement le regard. D’autres préfèrent laisser parler la route. Les Vision Metron 45 RS appartiennent à la seconde catégorie.
Pourtant, difficile de les présenter tant elles sont connues dans le paysage cycliste actuel.
On les aperçoit régulièrement sous les pédales des coureurs professionnels. Elles occupent le sommet de la gamme route de Vision et concentrent tout ce que la marque sait faire de mieux : jantes carbone, rayons carbone, moyeux maison et poids particulièrement contenu.
Les points forts :
- Précision de pilotage et réactivité
- Excellent rapport entre aérodynamisme, poids et polyvalence
- Finitions haut de gamme
À améliorer
- Moyeu arrière très sonore
Lorsque j’ai décidé de remplacer mes roues d’origine, j’avais un cahier des charges précis. Je cherchais une paire capable :
- de rester sous les 1 300 grammes,
- dotée d’un système à ratchet moderne,
- utilisant des roulements standards facilement remplaçables et suffisamment polyvalente pour conserver un vélo vraiment versatile,
- capable d’accompagner aussi bien les sorties vallonnées que les futurs séjours en montagne.
Je souhaitais également profiter de réels gains aérodynamiques afin de ne pas sacrifier les performances sur le plat ou lors des sorties rapides.
Sur le papier, les Metron 45 RS cochaient toutes les cases.
Après plus de 3 000 kilomètres avec elles, le constat est simple : je les ai achetées pour leur fiche technique, mais ce n’est pas pour cette raison que je les apprécie aujourd’hui.
Une Silver Edition discrète, mais très soignée
Vision est la division composants haut de gamme du groupe FSA. Avec la série Metron RS, la marque a cherché à produire une roue sans compromis, en réunissant dans un même ensemble ses technologies les plus abouties.
La version testée ici est la Silver Edition, reconnaissable à ses marquages particulièrement discrets et à quelques détails esthétiques spécifiques.


Un fin trait chromé apparaît notamment lorsque la roue tourne et joue avec la lumière.
C’est subtil, élégant et parfaitement cohérent avec l’esprit général de la roue.
Cette finition est proposée sur plusieurs profils de jante, dont une version de 60 mm destinée à ceux qui privilégient encore davantage les performances aérodynamiques.
Dès l’ouverture du colis, le ton est donné. Les roues arrivent dans un double emballage particulièrement sérieux. Le carton extérieur est robuste, tandis qu’un second emballage protège efficacement les roues durant le transport.
Chaque roue est conservée dans un tissu protégeant la jante.
Vision fournit également une housse de transport épaisse et particulièrement solide, un accessoire toujours appréciable à ce niveau de gamme.


Les valves tubeless sont de très belle qualité. Même constat pour les écrous Centerlock Vision fournis dans la boîte, qui respirent le sérieux.
Le fond de jante est livré non posé, ce qui peut surprendre certains utilisateurs. Mais la quantité fournie permet de réaliser deux tours complets sur chaque roue sans difficulté.
Une fiche technique solide
Les finitions respirent le soin apporté au produit. Les rayons carbone attirent immédiatement l’attention et participent largement à l’identité visuelle de l’ensemble. On remarque également l’absence de perçages traditionnels au niveau de la jante, un choix technique qui contribue à la propreté de fabrication.
Côté fiche technique, les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- profil de 45 mm,
- largeur interne de 23 mm,
- largeur externe de 31,1 mm,
- jantes à crochets (hooked),
- rayons carbone aérodynamiques à tirage direct avec schéma de laçage 2:1,
- 21 rayons sur la roue avant et 24 à l’arrière,
- et moyeux Vision V-1000 PRS équipés d’un système à rochets, ou ratchet, de 72 dents, offrant un engagement de 5 degrés.


Le moyeu arrière est bien entendu compatible avec les corps de roue libre Shimano et SRAM.
Vision annonce également un assemblage artisanal, réalisé à la main. Au regard de la qualité des tensions et du comportement homogène observés durant ce test, cette attention portée au montage semble bien se retrouver sur la route.
Le fabricant annonce un poids de 1 290 grammes la paire.
Par curiosité, j’ai sorti la balance de précision. Résultat : 578 grammes pour la roue avant et 692,3 grammes pour la roue arrière, soit 1 270,3 grammes au total, sans fond de jante ni valves.
Une excellente surprise.


J’apprécie également le choix de Vision concernant les roulements. Contrairement à certaines conceptions plus exotiques, les dimensions utilisées restent standards. C’est un détail auquel on ne pense pas forcément au moment de l’achat, mais qui peut faire toute la différence dans plusieurs années lorsque viendra le moment d’assurer la maintenance de la roue.
À noter qu’au moment de la rédaction de ce test, Vision propose également une déclinaison développée en partenariat avec CeramicSpeed. Cette version, baptisée Metron RS CS, reçoit des roulements CeramicSpeed sur l’ensemble de la paire.
Les roues testées ici correspondent à la version standard, équipée de six roulements à cartouche étanches, avec deux roulements à l’avant et quatre à l’arrière. Un choix plus classique, mais aussi plus simple et moins coûteux à entretenir sur le long terme.
Des rayons carbone performants, mais pas anodins à entretenir
Quant aux rayons carbone, ils imposent quelques contraintes en cas d’intervention. Les écrous étant logés à l’intérieur de la jante, un dévoilage nécessite de retirer le pneu et le fond de jante avant d’accéder aux réglages.
Cette conception n’est pas uniquement liée à l’esthétique ou à l’aérodynamisme : elle permet aussi d’éviter de faire tourner les rayons sur eux-mêmes lors des réglages.


Contrairement à un rayon métallique, un rayon carbone supporte mal les efforts de torsion et pourrait être endommagé si l’on cherchait à corriger la tension en le faisant vriller.
Les réglages s’effectuent donc directement au niveau des écrous internes afin de préserver l’intégrité des rayons. Ce n’est évidemment pas une opération que l’on réalise tous les week-ends, mais c’est un point à garder à l’esprit.
Un montage tubeless presque trop facile
Le montage tubeless mérite presque un chapitre à lui seul.
Après avoir posé le fond de jante fourni par Vision, opération réalisée sans difficulté particulière, j’ai installé une paire de Continental GP5000 S TR de 30 mm.
Le résultat m’a vraiment impressionné.
Les deux pneus ont pu être montés à la main, sans démonte-pneu. Plus impressionnant encore, ils ont claqué immédiatement, à la simple pompe à pied.
Pas de compresseur, pas de booster : seulement quelques secondes, et l’affaire était réglée.


Après plusieurs milliers de kilomètres, le constat reste identique : aucune fuite particulière, aucune mauvaise surprise et une excellente tenue de la pression.
La largeur interne de 23 mm influence naturellement le profil du pneu. Mes GP5000 S TR ressortent à environ 31,5 mm une fois installés, ce qui participe sans doute au confort général observé sur le terrain.
Plus de 3 000 kilomètres avec les Vision Metron 45 RS
La première chose qui frappe lorsqu’on roule avec les Metron 45 RS n’est pas leur poids : c’est leur capacité à transformer le comportement du vélo.
J’utilisais auparavant une paire de Mavic Cosmic SL45 montée d’origine, déjà très bonne dans sa catégorie. Pourtant, dès les premières sorties, la différence est apparue très nettement.


Le vélo gagne en vivacité, en réactivité et en précision, au point que la différence se ressent dès les premiers kilomètres.
Les relances demandent moins d’effort et la roue répond immédiatement lorsque l’on appuie sur les pédales.
Contrairement à certaines roues légères qui peuvent parfois devenir exigeantes ou nerveuses à l’excès, les Metron RS restent, de mon point de vue, faciles à vivre et plutôt confortables.


Elles ne donnent jamais l’impression de punir le cycliste. Elles accélèrent vite, conservent facilement leur vitesse et savent ensuite se faire oublier.
Un profil de 45 mm vraiment exploitable
Sur le plat, leur profil de 45 mm montre tout son intérêt. Lorsque la vitesse augmente et que le vent devient favorable, elles donnent l’impression de vouloir continuer seules. L’effet aérodynamique ne reste pas cantonné à la fiche technique : il se ressent sur la route dès que l’allure augmente.
En montée, y compris lorsque les pourcentages dépassent les 10 %, je n’ai jamais eu l’impression de traîner une roue haute. Elles restent fluides et discrètes dans leur fonctionnement.


Mais la véritable surprise est venue de l’avant.
Le gain en précision de pilotage est probablement ce qui m’a le plus marqué après plusieurs mois d’utilisation, et c’est sans doute l’évolution la plus perceptible au quotidien.
La direction paraît plus nette, plus directe et plus réactive. Dans les descentes rapides, le vélo semble suivre exactement la trajectoire demandée, avec un niveau de précision supérieur à ce que j’avais connu auparavant.


J’ai également été surpris par leur capacité à prendre de la vitesse : même sans pédaler, simplement en position aérodynamique dans les portions descendantes, elles donnent la sensation de continuer à accélérer naturellement et de conserver leur élan avec une grande facilité.
La rigidité latérale participe également à cette impression. Les rayons carbone et les tensions élevées retenues par Vision produisent un ensemble particulièrement cohérent. Même lors des sprints ou des passages en force, les frottements parasites du disque avant restent très rares.
Plus confortables que prévu
Le confort constitue également une bonne surprise.
Je m’attendais à gagner en rendement, mais je ne m’attendais pas à gagner autant en agrément de roulage.
Associées à des pneus tubeless, les Metron 45 RS se montrent plus confortables sur des sorties plus longues que mes précédentes Mavic Cosmic SL45.
Concernant le vent latéral, les lois de la physique restent les mêmes pour tout le monde. Lors d’une traversée particulièrement exposée sur un pont au-dessus de la Loire, avec de fortes rafales venues plein ouest, le cintre a effectivement bougé. Mais jamais de manière inquiétante.
La correction est restée naturelle et prévisible. Pour une roue de 45 mm équipée de rayons aérodynamiques, le comportement m’a semblé plutôt sain.
Enfin, impossible de terminer cette partie sans évoquer le moyeu. Disons simplement qu’il est loin d’être discret.
Pour ma part, c’est un détail que j’apprécie. Certains y verront sûrement une bonne excuse pour économiser une sonnette sur leur vélo de route.
À noter enfin : Vision les destine également à une pratique offroad légère, ou mixed terrain, type gravel peu engagé. Je les ai brièvement essayées avec mon vélo de route sur quelques chemins blancs, et cette orientation ne m’a pas semblé usurpée : le comportement reste sain, confortable et agréable tant que le terrain demeure roulant.
Ce qu’il reste après 3 000 kilomètres
Après 3 000 kilomètres, les Vision Metron 45 RS ont largement répondu à mes attentes.
Je les avais choisies pour leur fiche technique particulièrement séduisante. Aujourd’hui, ce sont surtout leurs qualités dynamiques que je retiens.
Elles rendent le vélo plus précis, plus réactif et plus agréable à piloter, sans jamais devenir exigeantes ou fatigantes.
Elles offrent également un niveau de finition irréprochable et un montage tubeless parmi les plus simples que j’ai eu l’occasion de réaliser.
Acquises aux alentours de 2 300€ la paire, elles s’adressent évidemment à des cyclistes exigeants.
Mais pour ceux qui recherchent une paire de roues capable de rester polyvalente tout en apportant un véritable supplément de caractère au vélo, les Metron 45 RS constituent une proposition particulièrement convaincante.
Trois mois plus tard, mon avis n’a pas changé.
Discrètes à l’œil, rugissantes au moyeu, elles ont tout simplement transformé mon vélo.








