Origine Théorème GR Ultra : un vélo pour les courses d’ultra-distance engagées

Le Théorème GR Ultra fait partie de ces vélos qui intriguent avant même d’avoir roulé avec. Fourche suspendue, pneus en 2.25, cadre issu du VTT, mais équipé d’un cintre drop bar… Sur le papier, l’équation interpelle.

Verdict après plusieurs semaines et sorties sur terrains variés. 👇

Notre avis (en bref) sur 👇
Origine Théorème GR
2025
Plage de prix : 2382€ à 5338€
✔︎ EN STOCK
Noté 4 sur 5
"Un vélo pensé pour l’ultra-distance engagée"
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• Gravel engagé en Carbone •

Les points forts :

À améliorer :

Le configurateur Origine : un vrai point fort

Avant même de parler du vélo, il faut parler du configurateur en ligne.

En effet, chez Origine, on ne choisit pas simplement un modèle : on le construit. Couleur du cadre (plusieurs finitions disponibles), taille du logo, longueur de potence, modèle de cintre, tige de selle, selle, pneus, roues, transmission… Le niveau de personnalisation est important.

Pour un pratiquant exigeant, c’est un vrai avantage : le vélo peut être adapté dès la commande.

La marque est même allée plus loin récemment en lançant un service d’accompagnement en visio. Concrètement, il est possible d’échanger avec un membre de l’équipe Origine pour affiner la configuration, valider les choix techniques et s’assurer de la cohérence du montage.

Un point particulièrement intéressant sur un vélo aussi spécifique que le Théorème GR Ultra, où géométrie et composants doivent correspondre précisément à la pratique envisagée.

Un vélo qui marque les esprits

Une fois personnalisé, le vélo arrive très bien protégé, dans un grand carton. Il faut monter la roue avant, les pédales, la tige de selle, ajuster la direction (cintre et potence), puis roder les freins.

Les finitions sont soignées. La peinture « Viola métallique » brillant est particulièrement réussie. Elle a de la profondeur, capte la lumière et donne une vraie personnalité au vélo.

Et ce n’est pas un détail secondaire : à chaque sortie avec ce vélo (sans exception), j’ai reçu des commentaires sur son esthétique. Cyclistes, passants, et même automobilistes (oui, vous avez bien lu) m’ont fait des pouces levés, des remarques spontanées ou des compliments directs. C’est suffisamment rare pour être signalé.

Le Théorème GR Ultra est un vélo qui attire l’œil, et il l’assume.

Taille et cohérence du montage : un point à surveiller

Le modèle testé était en taille S, annoncée compatible dès 1m59. Or il est livré avec une tige de selle de 400 mm. À ma taille, impossible de régler correctement la hauteur : la tige venait buter contre les inserts de porte-bidon du cadre. La seule solution consiste à remplacer la tige par une 350 mm ou à couper celle fournie… Dommage. Sur un vélo orienté longue distance, où le positionnement est central, ce n’est pas anodin.

Même remarque concernant les manivelles de 170 mm. Pour des gabarits entre 1m59 et 1m68 (correspondant à une taille S), cette longueur est objectivement importante. Là encore, le choix interroge en termes de cohérence globale.

Le configurateur est un atout réel chez Origine. Mais sur ce point précis, la cohérence taille / montage pourrait être plus fine.

Poste de pilotage et position : une surprise intéressante

Le GR Ultra repose sur un cadre en carbone GTO, issu de la plateforme hardtail de la marque. Notre modèle était associé à une fourche suspendue RockShox SID SL Ultimate Race Day de 100 mm. Conséquence directe : la direction est haute. Une confirmation supplémentaire que l’on est ici sur un “VTT gravel” (c’est d’ailleurs ainsi qu’Origine le classe sur son site) et non l’inverse.

Au départ, cette hauteur m’a surprise. Les cocottes étaient plus hautes que mes repères habituels en gravel. Pourtant, une fois dans le creux du cintre, la position est extrêmement efficace. Je me suis rarement sentie aussi bien en bas du cintre, avec une prise en main très naturelle et une excellente maniabilité grâce à l’ergonomie caractéristique du Ritchey Road Beacon Comp.

En effet, le Beacon Comp possède un flare de 36° et un drop court (80mm seulement, contre 130mm en moyenne pour un cintre route classique). Le flare donne de l’angle aux cocottes en haut du cintre, et resserre la position des mains en haut du cintre. Il favorise aussi un alignement naturel des poignets lorsque l’on roule en position plus engagée sur le roulant. Cette configuration est particulièrement pertinente en ultra-distance.

Ce n’est pas un cintre que j’aurais choisi spontanément, mais il se révèle être une vraie bonne surprise. Il permet de varier les positions, de trouver une posture aéro cohérente sur le roulant, tout en conservant du contrôle lors des parties plus engagées.

Ne vous y méprenez pas : on reste cependant sur une ergonomie typée VTT. Le drop bar apporte du confort et des positions supplémentaires, pas une géométrie gravel.

Transmission et équipement : un montage clairement orienté VTT

Le vélo testé était équipé d’un dérailleur SRAM X Eagle AXS T-Type, associé aux nouveaux leviers SRAM Rival E1, une cassette GX Eagle 10-52 et un plateau de 32 dents.

Sur le fonctionnement, rien à redire : c’est précis, fluide, irréprochable. Le groupe SRAM fait parfaitement le travail.

Les roues Prymahl Polaris C25 R en 29 pouces (C pour carbone, 25 pour la largeur interne) participent clairement à la précision de pilotage et à la filtration des irrégularités. Sur terrain cassant ou instable, l’ensemble reste rassurant, avec un bon compromis entre rendement et robustesse.

Pour de l’ultra-distance engagée, choisir les C25 Pro sera également pertinent : leur filtration plus marquée apportera plus de confort et une sensation de roulage plus reposante sur les longues journées.

Les pneus Schwalbe Racing Ray (avant) et Racing Ralph Evo (arrière) en 29×2.25 jouent un rôle clé sur le comportement de ce Théorème Ultra. Le grip est excellent dans la boue. Malgré leur section importante, ils restent relativement roulants. Sur le plat, j’ai pu maintenir plus de 30 km/h. On sent que l’on engage davantage qu’avec un gravel race, évidemment, mais sans sensation de lourdeur excessive.

Le braquet, en revanche, rappelle clairement que nous sommes sur un VTT. Avec un plateau de 32 et une cassette 10-52, le développement privilégie le terrain engagé et le fort dénivelé. Dès que le terrain devient très roulant, on atteint rapidement la limite : soit on tire fort sur le plus petit pignon, soit on mouline sur le rapport précédent.

D’ailleurs, aucun capteur de puissance n’est proposé dans le configurateur pour le GR Ultra. Que ce soit via un pédalier compatible ou des pédales spécifiques, l’option n’est pas disponible en configuration directe. Sur un vélo orienté ultra-distance, c’est un élément qui peut compter, puisque la gestion de l’effort sur plusieurs jours passe souvent par ces données.

Dans cette configuration, le GR Ultra est annoncé à 9,78 kg (sans porte-bidon ni compteur). Un poids contenu au regard de la base VTT, de la suspension de 100 mm et des pneus en 2.25.

Ce n’est pas un vélo ultra light pensé pour le rendement pur sur piste sèche, mais un vélo cohérent pour une approche engagée, technique, voire montagneuse.

Sur le terrain : confiance, grip et plaisir

Sur des sorties mêlant sections roulantes et zones très boueuses, le constat est clair : le confort est impressionnant. Comparé à un gravel, on ne joue pas dans la même catégorie.

Dans les virages très gras, j’ai trouvé du grip dans des zones que je n’aurais jamais franchies indemne avec un gravel classique. Là où, habituellement, je serais restée prudente, le vélo tient et ne bronche pas.

L’empattement plus long stabilise les trajectoires et l’absence totale de toe overlap est un vrai plus : on peut braquer franchement sans arrière-pensée. On prend plus d’angle, on engage davantage, on roule plus sereinement.

Ce qui est intéressant, c’est l’évolution du pilotage au fil des kilomètres. Au début, on explore. On teste. On élargit légèrement les trajectoires. Puis, très vite, la confiance s’installe puisque le GR Ultra répond présent. On commence à prendre davantage d’angle et de vitesse dans les virages. Des angles qui, en gravel classique, n’auraient tout simplement pas pardonné. Là où l’on aurait fini par terre, ici le vélo tient, accroche et reste prévisible.

Très vite, on n’hésite plus à foncer dans ce qui aurait auparavant été considéré comme un obstacle : un gros trou, une flaque profonde, une zone boueuse. Ce qui relevait de l’évitement devient une trajectoire assumée. Les impacts sont absorbés à l’avant, le pneu en 2.25 complète le travail à l’arrière. L’ensemble filtre, stabilise et rassure. C’est grisant, surtout quand on vient du gravel. Et cela dit quelque chose d’important : malgré le cintre drop bar, on est clairement sur une (très bonne) base VTT.

Ultra-distance : là où le GR Ultra trouve sa cohérence

Le GR Ultra ne s’adresse pas à celui ou celle qui cherche un gravel plus rapide. Il s’adresse aux cyclistes qui veulent un vélo capable d’encaisser longtemps, sur des terrains exigeants.

On pense naturellement à des épreuves comme la Tour Divide ou l’Atlas Mountain Race. Lael Wilcox et Nathalie Baillon, lors de leurs victoires respectives sur la Tour Divide en 2023 et 2025, roulaient d’ailleurs avec un setup identique : cadre hardtail, fourche suspendue, cintre drop bar. L’objectif n’est pas le rendement maximal sur le roulant, mais la capacité à maintenir une moyenne solide sur la durée, en limitant la fatigue et les risques.

Il faut toutefois préciser un point important : le Théorème GR Ultra ne dispose pas de multiples inserts pour la bagagerie type bikepacking classique. On est ici davantage sur une logique d’ultra-race que d’aventure chargée. Cela implique des solutions de portage autonomes (type sacoche de cadre, sacoche de selle ou systèmes de type Tailfin qui ne nécessitent pas de points d’ancrage dédiés).

Dans cette configuration, le GR Ultra prend tout son sens. Chargé lourd en mode exploration longue durée avec porte-bagages et accessoires multiples, ce ne sera pas sa vocation première.

Alors, c’est gravel ou c’est pas gravel ?

Il est important de replacer le Théorème GR Ultra dans la logique Origine.

Le Origine Graxx, notamment dans sa version Graxx GTR Explore, est un cadre gravel avec une fourche suspendue. Il vise le rendement et la polyvalence sur terrain mixte en restant fidèle aux codes du gravel moderne.

À l’inverse, le Théorème GR repose sur une base de VTT hardtail, et se décline en version cintre droit  avec fourche rigide. On est clairement dans l’univers VTT rigide, avec un léger parfum des années 90 : les roues de 26 pouces en moins, et la modernité en plus.

Le Théorème GR Ultra, lui, reprend cette même plateforme hardtail, mais adopte un cintre drop bar et peut recevoir une fourche suspendue. Il répond à une logique différente : l’ultra-distance en terrain engagé, la gestion de la fatigue et la possibilité de varier les positions sur la durée.

Le Théorème GR Ultra n’est donc pas un gravel qui s’endurcit, mais plutôt un VTT dont on adapte l’ergonomie pour aller loin.

Mon avis sur ce Théorème GR Ultra

Le Théorème GR Ultra est un vélo de niche assumée. Il conviendra aux cyclistes qui veulent sortir des limites traditionnelles du gravel, s’aventurer sur des terrains plus engagés et privilégier la confiance et la stabilité sur la durée.

Origine Théorème GR
2025
Plage de prix : 2382€ à 5338€
Noté 4 sur 5
"Un vélo pensé pour l’ultra-distance engagée"

• Gravel engagé en Carbone •

Il ne s’adresse pas à celles et ceux qui cherchent un gravel rapide et nerveux pour enchaîner les pistes roulantes. Pour cela, le Graxx sera plus adapté.

Mais si votre pratique flirte avec le VTT et que vous visez des formats ultra engagés, sans bagagerie nécessitant des inserts, alors le GR Ultra devient une plateforme particulièrement pertinente.

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Césane E.
Césane E.Rédactrice & Designer Produit
Le cyclisme et le design sont les deux passions de Césane ! Fondatrice de SOLVY.BIKE, elle partage aussi son expertise au sein de notre média, avec un regard de designer porté sur l’ergonomie, l’expérience utilisateur et une pratique plus inclusive du vélo.
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