Dans l’univers du bikepacking léger, la sacoche de selle reste souvent le choix par défaut. Elle est légère, relativement simple et compatible avec beaucoup de vélos. Mais elle traîne aussi les mêmes défauts depuis des années : du ballottement en danseuse, des mouvements parasites en descente et parfois une vraie sensation de déséquilibre dès qu’on charge un peu.
C’est précisément là que Tailfin s’est construit une réputation.
Avec son système hybride entre porte-bagages et sacoche de selle, la marque anglaise propose une approche différente : rigidifier totalement le chargement arrière grâce à un arceau fixé directement sur l’axe traversant de la roue.
Les points forts :
- Stabilité exceptionnelle
- Aucun ballottement
- Sac amovible extrêmement pratique
- Compatibilité avec les vélos sans insert
À améliorer :
- Prix très élevé
- Notice de montage parfois incohérente
- Installation initiale qui pourrait être facilitée
Cette version testée ici associe le Pannier Rack carbone au CargoPack amovible de 18 litres. Une configuration qui privilégie davantage la modularité et la praticité au quotidien que la recherche absolue du poids minimal.
Le principe est simple : le rack reste sur le vélo et le sac peut être retiré en quelques secondes.
Une pièce carbone superbe… mais un montage moins simple qu’il n’y paraît
Au déballage, le Tailfin impressionne immédiatement.
L’arceau carbone est vraiment une très belle pièce. La lame principale inspire confiance et les finitions sont au niveau de ce qu’on attend sur un produit premium. Tout respire le haut de gamme : ajustements précis, qualité des matériaux, rigidité de l’ensemble.
Le système arrive en kit et demande un vrai montage initial. Ce n’est pas forcément compliqué techniquement, mais il faut prendre son temps puisque certaines incohérences dans la notice compliquent inutilement l’installation. Certaines pièces ont évolué mais la documentation n’a visiblement pas suivi partout.
Résultat : on se retrouve parfois avec des vis différentes de celles annoncées ou des étapes qui ne correspondent plus exactement au matériel reçu.
Rien d’insurmontable, mais pour un produit à plus de 600 €, on s’attend à quelque chose de plus fluide.


L’installation de l’axe universel demande également un peu de méthode.
Il faut identifier le bon filetage parmi les différents embouts fournis, puis choisir les bonnes entretoises afin de parfaitement centrer le rack sur la roue arrière.
Là encore, cela se fait finalement assez facilement avec un peu de logique et quelques essais, mais on sent que Tailfin s’adresse avant tout à des utilisateurs déjà habitués à bricoler un minimum.
Autre point à vérifier avant commande : si votre vélo est équipé d’une patte de dérailleur UDH, il faudra prévoir l’adaptateur spécifique UDH proposé par Tailfin. Ce n’est pas un détail, car sans cette pièce, le montage ne sera pas compatible avec ce type de cadre.
Une fois cette étape passée, en revanche, tout devient extrêmement simple.


Un sac amovible qui change réellement l’usage au quotidien
C’est probablement l’un des gros intérêts de cette configuration.
Contrairement au système CargoPack fixe, ici le sac peut être retiré en quelques secondes grâce à deux petits pitons chromés situés à l’arrière.
Quand on s’arrête faire des courses, quand on arrive dans un Airbnb ou au camping, ou simplement quand on ne veut pas laisser toutes ses affaires sur le vélo, il suffit de retirer le sac en un geste, et de l’emporter.
Le geste devient rapidement naturel et surtout, le verrouillage inspire confiance. Une fois clipsé, le sac ne bouge absolument pas.


Cette modularité change réellement l’usage au quotidien, puisqu’on est moins dans la logique “je démonte tout mon setup bikepacking” que dans celle d’un vrai système de transport intégré au vélo.
D’ailleurs, Tailfin a également prévu un système de sécurisation du rack avec deux petites vis permettant de verrouiller celui-ci sur le vélo si l’on souhaite le laisser attaché longtemps sans surveillance.
Notez que pour une utilisation VTT, ou gravel engagé, Tailfin recommande d’ailleurs davantage les systèmes CargoPack fixes (= avec sac non amovible).


Des détails intelligents partout sur le CargoPack
Le CargoPack montre surtout à quel point Tailfin travaille les détails d’usage.
Le volume principal atteint 18 litres, auxquels s’ajoutent environ 3 litres supplémentaires via les poches extérieures extensibles.
Ces filets latéraux sont loin d’être anecdotiques, puisque sur le terrain, on s’en sert constamment. Par exemple pour ranger une veste rapidement, glisser des chaussures, stocker de la nourriture ou des objets qu’on veut garder accessibles.
C’est typiquement le genre de détail qu’on finit par utiliser tout le temps.


À l’intérieur, le fond du sac est de couleur claire. Cela peut paraitre anodin, mais ce détail devient vite très appréciable puisque cela permet de retrouver beaucoup plus facilement les petits objets placés au fond du compartiment principal.
Le sac dispose d’une valve permettant de chasser l’air afin de compresser davantage les affaires. Là encore, c’est un vrai plus quand on charge beaucoup.
Le système de fermeture est également bien pensé avec deux configurations possibles selon le niveau de remplissage :
- soit on ferme le roll-top directement vers le haut en reliant les deux clips supérieurs,
- soit on utilise les attaches inférieures pour tirer le sac vers le bas et compresser davantage le contenu.


Personnellement, j’ai toujours utilisé la première solution. En effet, avec une sortie de selle relativement courte, l’accès à l’attache située sur l’avant du sac est plus compliqué.
Autre détail intéressant : l’espace de 64 mm à l’arrière du sac qui permet d’ajouter un porte-bidon, une boîte à outils ou d’autres accessoires.
Le sac est évidemment entièrement étanche (hors poches latérales) et l’arrière intègre plusieurs zones réfléchissantes ainsi que des passants pour accrocher directement un éclairage. Un support de lampe dédié peut également être ajouté en option.


Sur le vélo, une stabilité qui change complètement l’expérience
C’est là que le Tailfin devient réellement difficile à quitter une fois essayé. Le point le plus frappant à l’usage, c’est l’absence totale de ballottement.
Même en danseuse, même en montée, même en descente rapide, le chargement reste totalement stable.
On sent évidemment le poids supplémentaire à l’arrière du vélo lorsqu’on charge beaucoup, mais ce poids ne bouge jamais latéralement.
Avec une sacoche de selle classique, on ressent presque toujours un léger flottement. Ici, le chargement semble faire corps avec le vélo.


Une fois qu’on s’habitue à cette stabilité, revenir à une sacoche de selle traditionnelle devient réellement difficile.
On sent également que tout a été pensé pour limiter les manipulations inutiles : fixation rapide sur l’axe, serrage simple sur la tige de selle, démontage rapide du sac.
Tailfin réussit finalement quelque chose d’assez rare : faire oublier l’existence de nos bagages une fois que l’on roule.


Une version carbone plus limitée côté modularité
Le Pannier Rack carbone testé ici ne permet pas d’ajouter des accessoires latéraux comme des cargo cages ou des porte-bidons. Cette possibilité existe cependant, sur la version carbone (compatible avec des panniers latéraux Tailfin uniquement) ou aluminium grâce à des inserts standards placés sur les côtés.
La version carbone privilégie donc avant tout le gain de poids et la pureté visuelle.
Avec 317 g annoncés pour le rack carbone avec Fast Release Dropouts, Tailfin reste effectivement extrêmement léger pour un système aussi rigide.


En revanche, si l’objectif est de maximiser les capacités de transport avec des configurations plus voyage ou cyclotourisme, la version aluminium peut avoir davantage de sens.
Le rack en carbone reste malgré tout capable de supporter jusqu’à 27 kg sur route (avec une charge maximale de 9 kg sur le dessus, et de 9kg par pannier si vous sélectionnez cette option).
Les petits cadres restent un point de vigilance
Un point de friction concerne les petits vélos, puisque sur cette nouvelle génération de rack, Tailfin a supprimé la rallonge qui permettait auparavant d’éloigner davantage le sac de la selle.
Conséquence : sur les petits cadres ou les vélos avec très peu de sortie de selle, il peut devenir difficile d’installer ou d’ouvrir complètement le CargoPack sans qu’il ne vienne toucher la selle.
Dans mon cas, lorsque le sac était très rempli, la solution a consisté à descendre au maximum la fixation sur la tige de selle afin de gagner de l’espace.
Cela incline le rack vers l’avant, mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas réellement problématique. Le poids se retrouve même légèrement recentré vers le milieu du vélo.
Et si j’avais besoin d’accéder au fond du sac, alors je détachais celui-ci, cherchais ce dont j’avais besoin et le refixais en un geste. C’est un peu plus pénible, mais cela reste tout de même bien plus facile qu’avec une sacoche de selle standard.


Un tarif vraiment élevé, mais qui correspond aussi au niveau du produit
À 635 € dans cette configuration carbone avec sac amovible de 18 litres, le Tailfin joue clairement dans une autre catégorie tarifaire.
C’est objectivement très cher.
Mais il faut aussi reconnaître qu’aucun produit ne propose aujourd’hui ce niveau de finition, cette stabilité et cette compatibilité avec des vélos sans insert pour porte-bagages.
Le Tailfin ne s’adresse probablement pas à quelqu’un qui part une fois par an en week-end bikepacking.


En revanche, pour les personnes pratiquant régulièrement de l’ultra-distance, du gravel longue distance ou du bikepacking léger, le confort apporté par cette stabilité devient réellement difficile à abandonner.
C’est aussi probablement la meilleure solution pour transformer un vélo de route moderne sans point de fixation en véritable machine de voyage léger.
Et c’est précisément là que le produit prend tout son sens.


Mon avis sur le Tailfin Pannier Rack carbone & CargoPack
Le Tailfin CargoPack Carbon ne cherche pas à être une alternative économique aux sacoches de selle classiques.
Il cherche surtout à résoudre leurs défauts historiques. Et sur ce point, c’est une réussite impressionnante.
La stabilité du système change réellement l’expérience du bikepacking. Le fait de pouvoir utiliser ce type de portage sur des vélos sans insert ouvre aussi énormément de possibilités.
Oui, le tarif est très élevé. Oui, le montage initial pourrait être plus simple.
Mais une fois installé, le Tailfin donne réellement l’impression d’utiliser un produit pensé par des pratiquants et pratiquantes qui savent exactement ce qui devient pénible après des centaines d’heures passées à rouler chargés.
Et c’est probablement ce qui rend ce système aussi difficile à quitter une fois qu’on y a goûté.










6 réponses
Le prix est prohibitif.
Pour les mouvements latéraux d’une sacoche de selle il suffit d’installer un stabilisateur , ça marche très bien ça pèse que dalle et ça coûte 15 balles.
Esthétiquement c’est plutôt réussi bien qu’un peu mastoc à mon goût. Bref, j’achète pas .
Tout à fait d’accord.
Perso, je possède le Cargo Pack en alu, je ne regrette absolument pas, au contraire, j’aurai dû l’acheter en première attention, au lieu de tester plusieurs sacoches de selle et de « gaspiller » de l’argent.
Certes, il est chère, mais il va certainement me suivre pendant des années (et vu la qualité du produit, je n’ai aucun doute la dessus).
Il est bien pensé, seul bémol pour moi, la texture du sac, fait qu’il reste toujours des traces après une sortie boueuse.
Merci Damien pour ton retour. Le prix pique clairement au départ, mais si le système évite d’enchaîner les sacoches qui ne conviennent pas, le calcul peut vite se défendre sur la durée.
Bonjour,
Je réfléchis à l acheter en version carbone mais le fait d avoir une tige de selle en carbone me questionne beaucoup. Je ne voudrais pas l abîmer..
De plus, comme c est une tige de selle déportée, est ce que ça convient avece sac de 18 litres?
Bonjour Alex. Sur ce système, la charge est surtout reprise par l’axe arrière : la fixation sur la tige de selle sert principalement à stabiliser l’ensemble, ce qui limite normalement les contraintes, mais avec une tige carbone je conseillerais quand même d’être très soigneux au montage, de bien nettoyer la zone de contact et d’utiliser une protection transparente si vous voulez éviter toute marque. Pour une tige déportée, le point clé sera surtout le dégagement entre l’arrière de la selle, la tige et l’avant du CargoPack 18 L : ça peut passer, mais il vaut mieux vérifier avec les gabarits/mesures Tailfin avant commande.