Entre les indices Schmerber, HH, et les membranes techniques, il est facile de se perdre lorsqu’il s’agit de choisir un vêtement ou un équipement pour le vélo vraiment imperméable. Pourtant, comprendre ce que signifient ces termes est important pour ne pas se tromper.
Tous les produits annoncés comme « imperméables » ne se valent pas. Certains résistent à une bruine passagère, d’autres vous protègeront d’un orage de montagne.
On vous explique tout ce que vous devez savoir pour décoder les données techniques et choisir un équipement adapté à vos besoins, durable et fiable, même sous la pluie battante. 👇🏻
Imperméabilité VS étanchéité des équipements de vélo : ça change quoi ?
Imperméable, signifie que le matériau est conçu pour résister à la pluie ou à l’humidité extérieure pendant un certain temps. Cela dépend d’un seuil d’imperméabilité (comme l’indice Schmerber), mais l’eau peut finir par pénétrer si la pression ou la durée d’exposition est trop importante.
Étanche, en revanche, signifie que rien ne passe, même en cas d’immersion partielle ou prolongée. Un équipement étanche est souvent soudé sans couture, avec des fermetures parfaitement hermétiques.
L’imperméabilité est souvent un critère déterminant, mais aussi mal compris. Entre les promesses marketing et la réalité du terrain, il existe un vrai fossé. Choisir un équipement mal adapté peut vite transformer une sortie sous la pluie en expérience désagréable, voire risquée.
Beaucoup de produits sont simplement « déperlants » : ils font glisser l’eau quelques minutes ou heures, mais finissent par laisser passer l’humidité. À l’inverse, un tissu réellement étanche est capable de résister durablement à la pression de l’eau, même sous une forte pluie.
L'indice Schmerber
L’indice Schmerber mesure l’imperméabilité d’un tissu selon la hauteur de colonne d’eau qu’il peut supporter avant que l’eau ne traverse. Il est exprimé en millimètres (mm). Plus le chiffre est élevé, plus le tissu est imperméable.
👉 Par exemple :
- 5 000 mm = pluie fine ou usage urbain
- 10 000 mm = pluie modérée et continue
- 20 000 mm = conditions extrêmes (pluie forte, longue exposition).
La norme HH (Hydrostatic Head)
Pour certains produits, vous verrez peut-être le terme HH sur la fiche produit. La tête hydrostatique, ou Hydrostatic Head (HH) en anglais, est une norme internationale qui permet de mesurer l’imperméabilité d’un tissu. Elle correspond à la hauteur de colonne d’eau (en millimètres) que peut supporter un matériau avant que l’eau ne le traverse. Cette méthode est identique à l’indice Schmerber, qui repose sur la même unité (mm H₂O). Seul le nom change en fonction du pays ou de la marque.
À 1 000 mm HH, le tissu résiste à une colonne d’eau d’un mètre sans fuite. Plus le chiffre est élevé, plus le tissu est imperméable.
👉 On considère généralement que :
- < 1 500 mm : peu imperméable.
- 1 500 à 5 000 mm : adapté à une pluie légère ou courte.
- 5 000 à 10 000 mm : imperméabilité standard, usage outdoor régulier.
- > 10 000 mm : très bonne protection en conditions exigeantes.
- > 20 000 mm : usage extrême (expéditions, pluie prolongée, neige).
L’imperméabilité ≠ la déperlance
Un vêtement déperlant repousse l’eau temporairement grâce à un traitement en surface (DWR), mais n’est pas conçu pour rester sec sous la pluie longtemps. L’imperméabilité, elle, dépend d’une membrane interne ou d’un laminé technique.
La respirabilité : l’autre face de l’équation
Plus un tissu est imperméable, et moins il devient respirant. Or, si votre équipement empêche l’humidité de sortir, vous finirez mouillé… de l’intérieur. C’est pourquoi il faut aussi regarder le coefficient de respirabilité, souvent exprimé en g/m²/24h ou en RET (Résistance Évaporation Thermique).
- g/m²/24h : quantité de vapeur d’eau que le tissu peut laisser passer sur 1 m² en 24 heures.
👉 Un bon niveau commence à 8 000 g/m²/24h, et les meilleurs tissus dépassent les 20 000 g/m²/24h.
- RET (Resistance to Evaporative Heat Transfer) : plus ce chiffre est bas, plus le tissu est respirant.
👉 RET < 6 = très respirant / RET 6–12 = bon / RET > 20 = peu respirant.
Les différents niveaux d’imperméabilité
Moins de 5 000 mm pour une protection légère et un usage occasionnel
Ces produits sont souvent déperlants plus qu’imperméables. Ils conviennent pour une sortie courte sous une bruine passagère, mais pas pour des conditions humides qui s’éternisent. Cela correspond par exemple à un coupe-vent léger.
De 5 000 à 10 000 mm pour une utilisation plus polyvalente
Cette fourchette offre un bon compromis entre prix, légèreté et protection selon l’équipement en question. Parmi les équipements dotés de ce niveau d’imperméabilité, on retrouve souvent des bivy bag et des tentes de bikepacking.
10 000 à 20 000 mm pour les conditions exigeantes
On arrive sur un niveau d’imperméabilité costaud pour une exposition plus longue et coriace à la pluie. Attention, plus l’imperméabilité augmente, plus la respirabilité peut baisser. Ce type de protection est parfois surdimensionné pour un usage quotidien ou occasionnel. En fonction de l’équipement, viser 10 000 mm avec un RET compris entre 6 et 12 reste un bon compromis entre imperméabilité et respirabilité.
Plus de 20 000 mm pour les conditions extrêmes
Ce niveau d’imperméabilité s’adresse aux environnements très humides ou froids (orages intenses, neige, expéditions alpines). À moins de partir pour un bikepacking de l’extrême, vous n’en aurez pas l’utilité.
Ce qui fait l'imperméabilité d’un équipement
Les coutures étanches ou thermosoudées
Les coutures sont souvent les premiers points faibles d’un vêtement ou équipement imperméable. Une véritable étanchéité nécessite que les coutures soient recouvertes par un ruban étanche ou soient thermosoudées pour empêcher l’eau de s’infiltrer par les points de piqûre. Si l’information est généralement donnée sur la fiche produit, pensez bien à la vérifier avant d’acheter.
Fermetures éclair imperméables
Une fermeture classique laisse rapidement passer l’eau. Les vêtements techniques utilisent des zips YKK étanches, ou des rabat-tempête (flap) pour protéger les zones sensibles. Sur un vêtement technique, on trouvera rarement des systèmes de fermetures étanches car on recherche un minimum de respirabilité.
La conception globale du produit
La conception du produit dans son ensemble et ses finitions jouent aussi un rôle majeur dans l’imperméabilité. Par exemple, sur une veste de pluie cela passe par des poignets élastiques et un bas de veste qui se resserre pour éviter que l’eau ne s’infiltre.
Quel degré d'imperméabilité rechercher selon le type d'équipement de vélo ?
Les vêtements techniques
La veste est l’élément central de toute tenue imperméable. Pour être réellement efficace, elle doit allier un indice Schmerber élevé (au moins 10 000 mm) à une bonne respirabilité (RET compris entre 6 et 12). Prêtez aussi attention à la coupe (longueur, taille et poignets serrés) et à la présence de zips étanches ou de ventilations sous les bras.
Les gants ont également leur importance. Ils doivent être suffisamment isolants et dotés d’une membrane type Gore-Tex ou Hipora, sans pour autant sacrifier la dextérité.
💦 Néoprène • 🧤 Manchette longue







Les chaussures de vélo
Même si certaines chaussures de vélo intègrent une membrane imperméable, elles restent souvent vulnérables en conditions humides, notamment par l’entrée d’eau au niveau de la cheville ou par les coutures. C’est pourquoi les couvre-chaussures imperméables sont un accessoire incontournable pour rouler sous la pluie. Surtout que si de l’eau s’infiltre dans une chaussure étanche, elle mettra énormément de temps à sécher par la suite.
Conçus en néoprène, en tissu enduit ou en matière étanche avec coutures soudées, les meilleurs modèles offrent une protection complète du pied, du talon à la cheville. Le choix du modèle dépendra surtout de votre pratique.
Pour la route, privilégiez des modèles fins, bien ajustés, avec un zip étanche à l’arrière. Les modèles qui s’enfilent sont aussi efficaces mais très fragiles.
Pour le gravel, tournez-vous vers des couvre-chaussures plus solides, résistants à l’abrasion et faciles à enfiler (ça compte !). Veillez à bien choisir la taille pour garantir un bon ajustement sans gêner votre pédalage.







🪡 Sans fermeture • 🧦 Renfort talon
Les sacoches
Les sacoches imperméables sont conçues à partir de matériaux soudés ou enduits (PVC, TPU,…) et des systèmes de fermeture efficaces. Certains modèles utilisent une fermeture roll-top, sans zip, afin d’éviter toute infiltration.
Méfiez-vous des sacoches simplement « résistantes à l’eau » : elles ne tiendront pas une heure sous une grosse pluie. Si vous transportez du matériel sensible (appareil photo, vêtements, matelas), misez sur un modèle 100 % étanche, coutures comprises.







💦 Étanche • 🦘 2 poches zippées • 🪡 Passe-câble







Les tentes, bivy et tarp
La toile extérieure d’une tente de bikepacking doit afficher un indice Schmerber supérieur à 1500 mm (idéalement supérieur à 2 000 mm), avec des coutures doublées ou thermosoudées. Le tapis de sol est encore plus important : il doit résister à la pression exercée par le poids du corps sur sol humide. Visez a minima 3 000 mm pour choisir le tapis de sol sur lequel reposera votre matelas de bikepacking.
Les sursacs de couchage (bivy bag) vous protègent contre la pluie fine, mais ne remplacent pas une vraie tente en cas d’orage. Il faut qu’ils soient également respirants pour éviter la condensation à l’intérieur. Recherchez plutôt des modèles qui affichent un indice d’imperméabilité de 10 000 mm. Pour les abris type tarp, le système de fixation et l’inclinaison sont tout aussi importants que le tissu utilisé pour vous protéger efficacement.
🪶 1,85 kg • 🎒 Compacte • ☔️ Imperméabilité
Comment entretenir ses équipements de vélo imperméables ?
Les laver avec précaution
Lavez uniquement quand c’est vraiment nécessaire, le moins possible pour éviter d’abimer les propriétés des tissus techniques.
Quand vous le faites, utilisez une lessive spéciale pour textiles techniques (pas de lessive classique, ni d’adoucissant ou de javel) et privilégiez un cycle doux à 30 °C. Autre détail qui a son importance : fermez toutes les fermetures éclair et velcros avant le lavage.
Pour les sacoches, tentes et autres équipements de ce type, une microfibre humide suffit généralement pour les nettoyer en cas de besoin.
Un séchage et stockage adapté
Laissez sécher complètement à l’air libre si le sèche-linge est interdit. Ne stockez jamais un vêtement humide ou sale dans un sac fermé. Cela favorise l’apparition de moisissures et détériore les membranes.
Réactivez le traitement déperlant (DWR)
Le tissu extérieur est souvent traité avec un revêtement hydrophobe (DWR) qui s’use avec le temps. Après le lavage, un passage au sèche-linge à basse température peut réactiver le DWR (si l’étiquette du produit l’autorise).
Sinon, appliquez un spray imperméabilisant spécifique une fois le vêtement ou l’accessoire sec.

























