Né pour aller vite, fait pour aller loin. Voilà comment Méral présente son modèle Louison Acier, un vélo de route qui marie à merveille modernité et tradition. Fabriqué en France près de Tours, avec un savoir-faire artisanal rare, ce vélo en acier Columbus s’adresse à celles et ceux qui veulent plus qu’un simple outil de performance : une monture qui a une âme. Test et avis. 👇
Les points forts :
- Finitions exemplaires
- Comportement homogène et prévisible
- Montage cohérent
- Rapport qualité / Prix
À améliorer :
- Fourche un peu en retrait en dynamisme
Un vélo qui assume ses origines
Dès les premiers tours de roues, on comprend que le Louison est un vélo à part. Le cadre en acier Columbus Spirit HSS affiche une finition irréprochable. Ces tubes en acier HSS (High Strength Shaped) n’ont pas été choisis au hasard. Ils permettent de varier et d’optimiser les formes (coniques, ovalisées, aplaties) selon les sections afin de renforcer la rigidité latérale ou verticale selon les besoins.


Les tubes ont reçu un traitement anti-rouille par cataphorèse, qui est ni plus ni moins qu’un procédé de traitement anti-corrosion par immersion électrolytique.
La peinture semble d’ailleurs être de très bonne qualité. J’ai pris le risque d’accrocher plusieurs sacoches sur le vélo sans protéger le cadre et aucune marque après plusieurs centaines de kilomètres.


Et pour les plus attentifs, un discret marquage « Fabriqué en France » orne le tube de selle : pas besoin d’en faire des tonnes quand on a du caractère.


Disponible en version disque ou patin, le Louison s’adapte à toutes les sensibilités. Ici, j’ai eu entre les mains une version disque, équipée d’un groupe Campagnolo Super Record 13 vitesses, d’une paire de Campagnolo Shamal et de périphériques Deda. Un montage haut de gamme pour un cadre qui ne triche pas.


Notons que la taille de pneu maximale est de 30 mm, même si dans les faits, du 32 mm peut passer. C’est d’ailleurs ce qu’utilise Victor Bosoni sur son Louison, avec lequel il va prendre le départ dans les prochains jours de la TCR (Transcontinental Race).
Confort, rendement et tolérance
Sur la route, le Louison dévoile une personnalité bien trempée. Le cadre en acier absorbe les vibrations avec une tolérance rare. Même en monte non tubeless, l’amorti est perceptible et le confort sur longues distances est clairement au rendez-vous.
Ma plus longue sortie a duré 6 heures et malgré un drop selle / cintre important et une position relativement aérodynamique tout du long, je n’ai pas terminé la sortie complètement cassé malgré les 40 degrés au mercure et un vent de face persistant.
Côté rendement, pas de mauvaises surprises non plus. Évidemment, son poids d’environ 1,82 kg (en taille M) le rend moins explosif que certains cadres carbone très haut de gamme, mais ce « kilo en plus » ne se fait réellement sentir que dans les ascensions très sèches. Sur des cols plus réguliers, une fois le rythme trouvé, on le maintient sans forcer.


« Une machine qui encourage à rouler longtemps, pas à exploser à la première relance. »
Ce n’est pas un vélo conçu pour être relancé toutes les 20 secondes sur le critérium du coin.
Par contre, bien posé les mains dans le creux du cintre ou en position aérodynamique sur les leviers, c’est un vélo qui une fois lancé sera posé comme sur un rail et maintiendra sans mal sa vitesse de croisière.
C’est à mon sens ce type de caractéristiques qui le place dans les vélos parfaits pour performer sur des épreuves supérieures à 200 km. Ce type d’épreuve où les changements d’allure sont plus rares mais où il faudra avancer vite tout en conservant un maximum d’énergie. Performer c’est aussi savoir rouler longtemps sans trop se fatiguer.


Transmission et comportement : une bonne surprise
Le groupe Campagnolo Super Record 13v propose ici un développement en 50-34 associé à une cassette débutant à 10 dents. De quoi faire taire les doutes sur sa polyvalence : on grimpe, on relance, on roule vite… Le tout avec un changement de vitesse fluide et précis. Pour plus de détails sur ce groupe, je vous invite à consulter mon test complet ici.


La paire de roues Campagnolo Shamal s’accorde parfaitement au tempérament du Louison : nerveuses mais pas brutales, esthétiquement cohérentes avec le cadre, elles renforcent ce sentiment d’harmonie globale.
Ces roues étaient surmontées des pneus Hutchinson Blackbird dans leur version Race en 28 mm. Un pneu qui se rapproche des Continental Grand Prix 5000 STR, même si ici ils n’ont pas été testés dans un montage tubeless.


Je ne m’attarderai donc pas plus sur la transmission et les roues car là est tout l’avantage d’un montage à la carte. Vous pourrez configurer ce Méral Louison comme bon vous semble.
Quelques réserves côté fourche
Si le cadre brille par son équilibre, je reste un peu plus mitigé sur la fourche carbone Columbus Futura Disc Integrated. Elle remplit son rôle sans sourciller, mais je l’ai trouvée légèrement moins vive que le reste du vélo. L’avant manque un peu de mordant, comme si la fourche bridait légèrement les relances. Rien de rédhibitoire, mais sur un vélo aussi bien né, je m’attendais à un dynamisme plus franc sur l’avant.


Un montage cohérent et réfléchi
Les périphériques Deda, la tige de selle en carbone, l’intégration esthétique mais fonctionnelle de la câblerie : tout est à sa place. On sent une vraie réflexion dans le montage, à la fois sur le plan technique et visuel. C’est propre, durable, cohérent. À l’image de l’ensemble du projet Louison.


La géométrie se veut assez compacte avec un top tube de 56 cm sur la taille L pour un stack de 56,67 cm.


Sur ce montage, Méral n’a pas fait le choix d’un cockpit monobloc mais plutôt de l’ensemble cintre + potence DEDA SuperZero RS, qui correspond à l’ADN de ce vélo conçu pour rouler vite longtemps.
Un ensemble qui procure presque les mêmes sensations qu’un cockpit monobloc tout en facilitant l’entretien et les réglages.
Un prix juste, pour un vélo fait pour durer
Le tarif ? À partir de 2 690 € pour le kit cadre disque (cadre + fourche + accessoires), 5 670 € pour le montage complet en Shimano 105 Di2, avec bien entendu des personnalisations possibles (freinage patin ou disque, peinture sur-mesure, géométrie adaptée…).


Est-ce que c’est trop cher ? Non. Comme pour un vélo en bois Gonnel, on paie ici un juste prix pour un produit artisanal, conçu en France, avec tout ce que cela implique : savoir-faire rare, production locale, charges sociales élevées… Mais aussi un produit qui a une histoire, une durabilité et une âme. Acheter un Méral, c’est choisir une autre idée du vélo, celle qui met la main de l’Homme au centre.




• Vélo de route en Acier •
Le Louison Acier est un vélo à contre-courant, au meilleur sens du terme. Il ne cherche pas à rivaliser avec les machines ultralégères du peloton World Tour. Il propose autre chose : du confort, du style, une construction artisanale et un comportement sain et efficace. Un vélo qui donne envie de rouler, longtemps, loin… Et avec le sourire.



















