La nouvelle génération du SRAM Force AXS est arrivée en 2025 avec une promesse assez claire : rapprocher encore un peu plus le milieu de gamme du niveau du Red, tout en améliorant certains points clés comme l’ergonomie, le freinage et la transmission.
Dans ce test, je me suis concentré sur la version XPLR, dédiée au gravel en monoplateau. Et surtout, j’ai pu faire une vraie comparaison avec l’ancienne génération en 12 vitesses que j’ai encore sous la main. C’est probablement là que ce nouveau Force est le plus intéressant : non pas dans ce qu’il promet, mais dans ce qu’il change réellement sur le terrain.
Les points forts :
- Ergonomie des manettes clairement améliorée
- Freinage plus puissant et plus accessible depuis les cocottes
- Transmission 13 vitesses plus homogène
- Qualité perçue très proche du Red
À améliorer
- Dérailleur arrière assez lourd
Un dérailleur qui change tout (ou presque)
Le changement le plus visible, et sans doute le plus structurant, c’est le dérailleur arrière.
On bascule ici sur un design Full Mount, directement fixé sur un cadre compatible UDH. Concrètement, plus de patte de dérailleur classique. Sur le papier, ça apporte deux choses : plus de rigidité et surtout moins de dérèglements liés à une patte tordue.


En revanche, ça impose une contrainte forte : impossible d’installer ce groupe sur un cadre non compatible UDH. C’est un vrai verrou à l’entrée. Mais SRAM a bien réussi à imposer son standard et désormais tous les nouveaux gravel proposent une compatibilité UDH.


Visuellement, le dérailleur est plus massif, clairement inspiré de ce qu’on voit sur les groupes Eagle (notamment X0). Il donne une impression de robustesse immédiate, renforcée par une construction pensée pour être modulaire avec des pièces remplaçables. Sur le long terme, c’est un vrai plus en termes de réparabilité.
La contrepartie, elle est simple : le poids. On dépasse les 400 g pour le dérailleur seul, ce qui reste élevé dans l’absolu, même si ça s’inscrit dans la logique gravel où la fiabilité prime souvent sur la chasse aux grammes.
Côté transmission, l’arrivée de la cassette 13 vitesses en 10-46 marque une évolution logique par rapport à l’ancienne 10-44. Le gain est subtil sur le papier, mais intéressant dans l’usage. On reste sur des chaînes Flat Top.


Le pédalier évolue peu : toujours en carbone, avec un design légèrement affiné et une plage de longueurs de manivelles élargie (150 à 175 mm). Rien de révolutionnaire, mais une continuité cohérente.
Ergonomie : clairement un cap franchi
C’est probablement là que SRAM a le plus bossé.
Les nouvelles manettes sont très proches de celles du Red, au point que la différence est quasiment imperceptible en main. Le levier carbone donne un toucher très qualitatif, et surtout une vraie cohérence avec le haut de gamme.


La forme des cocottes évolue aussi. Elles sont plus longues, plus fines à certains endroits, avec un travail évident sur la position des mains. On sent que ça a été pensé pour multiplier les positions sans créer de points de pression.
Le réglage de garde est simple, rapide, bien intégré. C’est typiquement le genre de détail qui ne fait pas rêver, mais qui change la vie quand on ajuste son poste de pilotage.


Le bouton intérieur, lui, reste un élément central. Pour moi, c’est devenu indispensable. Mais il n’est pas parfait : il est très sensible, et j’ai eu plusieurs déclenchements involontaires, notamment en danseuse ou quand je suis en appui sur le haut des cocottes. C’est très personnel et dépend assez largement de comment vous positionnez vos mains, mais je trouve le bouton de chez Campagnolo moins sensible par exemple.
Plus homogène que spectaculaire
Sur le terrain, la première chose qui ressort, c’est que tout fonctionne… simplement.
Le passage en 13 vitesses est presque transparent. Comme lors du passage de 11 à 12 vitesses, on ne se dit pas “wow”, mais plutôt “ok, c’est mieux étagé”. Les écarts sont plus réguliers, ce qui est particulièrement utile en gravel avec une grosse cassette.
Le 10-46 apporte un peu plus de polyvalence, notamment sur les transitions route/gravel. On peut maintenir une cadence plus constante, sans avoir cette sensation de trou dans certains développements.
Avec un plateau correct à l’avant, c’est même très appréciable sur la route.


Le dérailleur Full Mount joue clairement son rôle : les passages de vitesses sont nets, précis, et surtout très constants. Moins de micro-ajustements nécessaires, moins de dérives dans le temps. C’est un vrai gain en tranquillité.
Côté chaîne, la gestion est excellente. Même sur terrain cassant, ça ne bouge pas. Le système reste très stable, fidèle à ce que SRAM propose déjà sur ses transmissions 1x. J’ai même fait l’impasse sur la patte antidéraillement et je n’ai constaté aucun saut de chaîne, même en compétition.


Le point intéressant concerne le pignon de 10 dents. Il a été retravaillé, et ça se sent : moins de friction qu’avant. Mais ça reste un pignon mécaniquement moins efficient qu’un 11, donc à utiliser avec discernement.
Enfin, le freinage.
Toujours typé SRAM, donc avec un toucher assez progressif, mais clairement plus puissant. Le gain est net. On peut vraiment freiner depuis les cocottes, ce qui n’était pas toujours confortable avant. Le levier demande moins d’effort, et ça se ressent surtout sur les longues sorties ou en terrain technique. C’est toujours un feeling différent de chez Shimano ou Campagnolo, mais ce n’est plus moins bon. Reste la purge qui semble moins durable dans le temps, et donc un freinage qui perd en cohérence au fil des mois.
Un Force qui se rapproche dangereusement du Red
C’est probablement le point le plus intéressant.
En termes de sensations, ce Force est très proche du Red. Que ce soit sur les leviers, le freinage ou même la qualité de shifting, l’écart est devenu très faible. Pour être honnête, quand je bascule de mon vélo équipé en Force à celui en Red, je ne sens quasiment aucune différence, en tout cas sur des usages en mono plateau.
Sur le marché, cela positionne ce groupe comme un des meilleurs compromis actuels en gravel haut de gamme. Suffisamment performant pour satisfaire des pratiquants exigeants, sans basculer dans les tarifs du Red.


Verdict : le vrai bon choix chez SRAM
Ce Force XPLR AXS confirme quelque chose que l’on constate de plus en plus : le milieu de gamme est devenu le point d’équilibre.
On retrouve ici presque tout ce qui fait la qualité du Red, sans en payer le prix. Les évolutions ne sont pas spectaculaires, mais elles vont toutes dans le bon sens : ergonomie, constance, facilité d’usage.
Ce n’est pas un groupe qui va révolutionner votre pratique. En revanche, c’est un groupe qui va se faire oublier, et c’est probablement ce qu’on attend de mieux aujourd’hui.




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3 réponses
Complètement d’accord, ce groupe est top et c’est révolutionnaire quand on vient d’un groupe qui a 4/5 ans. On retrouve du confort avec les poignées. La chaîne associée à la cire muc-off présentée présenté précédemment sur gravel passion, c’est du bonheur même sur la route.
Bonjour.
Milieu de gamme sera plutôt le Rival (qui est aussi un tbon groupe par ailleurs) si l’on prend en compte le dernier Apex xplr.. je trouve le terme un peu réducteur, comme dire que l Ultegra est milieux de gamme ou le Chorus à l’ époque.
Le groipe prend encore plus de sens avec le potentio et un karoo3
Merci pour le résumé…
Dommage qu’il faille changer de vélo pour y avoir droit, j’suis pas sûr que ma femme comprenne ^^
Merci pour le test 😉