Sorti il y a quelques semaines, le nouveau Canyon Endurace CF SLX arrive dans une gamme endurance beaucoup plus segmentée qu’avant. Canyon ne se contente plus de décliner un même vélo en trois niveaux de carbone : la marque allemande propose désormais trois châssis pour trois usages assez distincts.
Le CF reste le plus accessible, avec une logique confort, longues sorties et position plus ouverte. Le CFR, présenté avant lui, pousse beaucoup plus loin le curseur performance, au point de brouiller la frontière avec un vélo de course pur.
Les points forts :
- Excellent équilibre entre rendement, confort et stabilité
- Cockpit PACE vraiment pratique et bien pensé
- Position plus sportive que sur beaucoup de vélos endurance
- Rapport équipement/prix agressif
À améliorer
- Roues DT Swiss ERC 1600 cohérentes, mais pas très dynamiques
Et au milieu, ce CF SLX prend finalement la place la plus intéressante : celle d’un vélo rapide, confortable, moderne, capable d’encaisser de longues journées sans devenir mou ou trop sage.


C’est ce modèle que j’ai eu entre les mains, dans sa version Endurace CF SLX 8 Di2, affichée à 4 499 €. Transmission électronique, roues carbone, cockpit carbone réglable, capteur de puissance inclus : Canyon reste fidèle à sa recette habituelle. Mais ce vélo ne brille pas seulement par sa fiche technique.
CF, CF SLX, CFR : trois visions de l’endurance
La nouvelle gamme Endurace est plus claire qu’avant. Et c’est une bonne chose, parce que le mot endurance ne veut plus dire grand-chose s’il sert à désigner à la fois un vélo de cyclosport confortable, une machine de classiques pavées et un route all-road.
Le CF est celui qui parlera le plus aux cyclistes qui veulent rouler longtemps, dans une position moins engagée, avec plus de tolérance. Il conserve aussi un côté très rationnel, notamment grâce à son prix d’entrée bas et à ses fixations plus pratiques.


Le CFR, lui, joue dans une autre catégorie. Il a quasiment tout d’un vélo de course moderne, avec un fond endurance surtout lié à la capacité à encaisser des routes dégradées.
Le CF SLX est plus subtil. Il ne cherche pas à être le plus confortable de la famille, ni le plus exclusif. Il vise plutôt ce segment qui se développe fortement : l’endurance rapide, capable de faire une longue cyclosportive, une sortie de 200 km, une course locale ou quelques portions de gravel roulant sans donner l’impression d’avoir choisi un vélo de compromis.
C’est d’ailleurs ce que nous avions pressenti dans la présentation complète de la gamme Endurace CF SLX et CF. Le test confirme assez largement cette lecture.
Un équipement très cohérent à 4 499 €
Le modèle testé est monté en Shimano Ultegra Di2. Le groupe n’est plus une nouveauté, mais il reste une valeur sûre : fonctionnement net, freinage homogène, ergonomie connue, fiabilité difficile à prendre en défaut.
Le choix du pédalier 50/34 associé à une cassette 11-34 colle très bien au programme. On garde assez de développement pour rouler vite sur le plat, tout en ayant ce qu’il faut pour passer de longues ascensions ou finir une sortie avec de la fatigue.


Canyon ajoute aussi un capteur de puissance 4iiii sur base Ultegra. À ce niveau de prix, c’est loin d’être anecdotique. Beaucoup de vélos concurrents demandent encore de passer par un upgrade immédiat pour obtenir la même chose.
Les roues DT Swiss ERC 1600 Dicut en 35 mm sont cohérentes. Ce ne sont pas elles qui transforment le vélo en machine de course, mais elles correspondent bien à l’usage : assez basses pour rester tolérantes, assez modernes avec leurs 22 mm de largeur interne, et suffisamment polyvalentes pour recevoir des pneus plus larges.


Le vélo est livré avec des Schwalbe Pro One Evo en 32 mm. Canyon annonce un dégagement jusqu’à 38 mm, ce qui change beaucoup de choses sur un vélo de route endurance. On peut rester en 32 mm pour un usage route rapide, passer en 35 mm pour plus de confort, voire aller chercher un montage plus all-road sur terrain roulant.
Le cockpit PACE est devenu un vrai argument d’achat
Le cockpit PACE est l’un des gros points forts de cet Endurace CF SLX. J’avais déjà découvert ce concept en 2020 sur l’Aeroad, mais les évolutions apportées depuis le rendent nettement plus convaincant.
Son intérêt principal est simple : il permet de régler la hauteur du poste de pilotage sans couper le pivot de fourche, avec jusqu’à 20 mm d’ajustement. L’opération est très rapide. Deux vis, les entretoises retirées ou replacées, et c’est terminé.


Le réglage en largeur est aussi intéressant, avec jusqu’à 50 mm d’amplitude. En position la plus large, le cintre laisse apparaître un léger flex et ne sera pas le plus rigide du marché. En revanche, réglé au plus étroit, je l’ai trouvé suffisamment ferme, sans sensation de mollesse parasite.
Dans un marché où beaucoup de vélos intégrés deviennent compliqués à ajuster, ce détail change vraiment l’expérience. On peut affiner sa position sans passer par un atelier, sans purge, sans recoupe définitive.


Autre point bien vu : tout se fait avec une seule clé Torx TX25, fournie avec le vélo et intégrée au niveau de l’axe de roue. C’est simple, propre, et surtout réellement utilisable.
Le cockpit a aussi un avantage décisif pour l’ultra-distance : il accepte les prolongateurs dédiés Canyon. Ils coûtent cher, mais ils offrent une solution officielle, propre et sûre. Aujourd’hui, c’est presque un critère d’achat pour un vélo d’endurance haut de gamme, car beaucoup de cockpits intégrés ne permettent tout simplement plus de monter des prolongateurs correctement.


Le seul regret concerne la personnalisation. Sur ce CF SLX, Canyon ne laisse pas encore le même niveau de choix que sur certains modèles comme l’Aeroad ou l’Endurace CFR. Le vélo est livré avec les Compact Drops, qui fonctionnent très bien, mais on ne peut pas choisir dès la commande d’autres formes comme les Race Drops ou les Drops Classic. Mais je pense que cette option sera rapidement disponible pour ce CF SLX.
Une tige de selle VCLS qui travaille vraiment
La nouvelle tige de selle SP0093 VCLS Aero fait partie des nouveautés les plus visibles. Sa construction en deux parties à l’intérieur est assez spécifique, et son rôle est clair : conserver une ligne aérodynamique tout en apportant de la flexion verticale.
Sur ce CF SLX, le gain de confort est présent, mais il est presque discret parce que le vélo est déjà bien équilibré. C’est surtout en comparaison avec le CFR que cette tige de selle m’a semblé très pertinente.


Sur les petites vibrations et les routes granuleuses, l’arrière filtre bien sans donner une sensation de vélo qui pompe. C’est exactement ce qu’on attend d’un vélo d’endurance rapide : absorber sans anesthésier.
Canyon annonce plus de 25 % de souplesse verticale supplémentaire par rapport à une tige rigide équivalente. Je ne peux pas vérifier ce chiffre, mais sur le vélo, l’idée est crédible. On sent que le confort vient d’un ensemble cadre, pneus, tige de selle, et pas d’un artifice isolé.
Un cadre moderne, mais pas totalement ouvert à l’emport
Le cadre intègre un stockage interne dans le tube diagonal. Pour moi, c’est devenu presque indispensable sur un vélo d’endurance moderne. Pouvoir ranger une chambre, un outil, une cartouche ou une solution de réparation sans ajouter une sacoche disgracieuse a beaucoup de sens.
Le système Canyon LOAD est placé assez bas sur le tube diagonal. C’est propre, discret, cohérent avec le programme du vélo. Les éléments spécifiques sont en revanche vendus séparément.


Le regret vient plutôt de l’absence de fixations supplémentaires pour une sacoche vissée au cadre, contrairement à ce que l’on trouve sur les modèles CF. Sur un vélo d’endurance orienté performance, je comprends que Canyon veuille garder une ligne très épurée. Mais à mon sens, performance et emport propre ne sont pas incompatibles. Surtout que Canyon sait faire, puisque l’on peut retrouver ce système sur le Canyon Grail CF SLX actuel.
Une sacoche vissée et bien intégrée aurait parfaitement eu sa place sur ce CF SLX, notamment pour les longues distances. Sur ce point, certains concurrents comme le Cannondale Synapse ou le Scott Addict proposent une lecture un peu plus ouverte de l’endurance moderne.
Une géométrie endurance, mais plus vraiment tranquille
Il ne faut pas se tromper sur ce vélo : même s’il s’appelle Endurace, le CF SLX n’a plus grand-chose à voir avec les vélos endurance très relevés d’il y a quelques années.
Le tube supérieur est relativement long, et la portée globale permet d’adopter une position assez aérodynamique. Le stack reste dans la norme d’un vélo endurance, mais il n’y a que 20 mm d’entretoises livrées avec le vélo. Pour moi, c’est plutôt un point fort : une fois les entretoises retirées, le poste de pilotage reste propre, sans empilement inutile.


Sur la taille L testée, Canyon monte des manivelles de 170 mm. En taille M, on passe même à 165 mm. C’est une évolution intéressante, cohérente avec les tendances actuelles : ouvrir l’angle de hanche, faciliter la cadence, limiter certaines contraintes articulaires sur les longues distances.
L’empattement reste assez important, ce qui apporte de la stabilité. Mais ce n’est pas un vélo mou. Canyon a réussi à conserver un comportement dynamique, notamment grâce à une rigidité bien dosée sur l’avant, le boîtier et l’arrière.
J’ai pesé le vélo complet à 8 kg sans accessoire. C’est correct pour ce segment, surtout avec un montage déjà complet. Et il reste une vraie marge d’upgrade sur les roues ou les pneus si l’on veut le rendre plus incisif.


Notons enfin que ce vélo est compatible avec les très bons garde-boue conçus par la marque allemande.


Sur la route : rapide, stable, jamais exigeant inutilement
Dès les premières sorties, j’ai retrouvé une position plus efficace que sur beaucoup de vélos endurance classiques. Je suis forcément un peu plus haut que sur les machines WorldTour que je roule habituellement, mais je n’ai pas ressenti le besoin de prendre une taille inférieure pour retrouver une position agressive.
Beaucoup de vélos endurance obligent les cyclistes performants à descendre en taille pour compenser un stack trop haut. Ici, le CF SLX permet de conserver une position rapide tout en gardant la logique endurance.
La rigidité est bien maîtrisée. Le boîtier de pédalier répond correctement sans devenir brutal. L’avant ne semble pas verrouillé, et l’arrière reste vivant malgré l’empattement assez long.


Sur les routes plus rugueuses, le vélo garde son cap. Il ne donne jamais l’impression de flotter, mais il évite aussi cette fatigue sèche que l’on peut ressentir sur des vélos trop typés course. C’est probablement là que Canyon a le mieux travaillé : le CF SLX reste performant sans faire payer cette performance au fil des heures.


Les roues DT Swiss ERC 1600 montrent toutefois leur limite si l’on veut transformer le vélo en pure machine de course. Elles sont fiables et cohérentes, mais elles manquent un peu de nervosité pour vraiment sublimer le cadre. Avec une paire plus dynamique et des pneus plus vifs, le CF SLX pourrait clairement monter d’un cran.
Route rapide, ultra-distance, gravel roulant : le vrai terrain du CF SLX
Le grand intérêt de ce vélo, c’est qu’il ne se limite pas à une seule pratique. Il peut servir à rouler vite en groupe, à s’aligner sur une course départementale de deux heures, à partir sur une très longue distance ou à traverser quelques pistes roulantes avec des pneus adaptés.
Il ne remplacera pas un gravel si votre pratique sort régulièrement des chemins blancs propres.


Mais pour un cycliste route qui veut garder du rendement, ajouter du confort et s’autoriser quelques incursions hors bitume, le CF SLX coche beaucoup de cases.
Le dégagement de 38 mm donne une vraie liberté. On peut imaginer un montage 32 mm route rapide, un montage 35 mm longue distance, ou un 38 mm légèrement cramponné pour les routes abîmées et les pistes très roulantes. C’est exactement ce que devrait permettre un vélo endurance moderne.
Ce qui manque encore pour être parfait
Ce vélo frôle la perfection, vraiment. Mais vous me connaissez, j’aime bien aller chercher la petite bête.
Le premier manque concerne les montages. L’absence d’une version SRAM Force AXS sur ce CF SLX est dommage. Canyon propose du Rival (CF SLX 7) et du Red (CFR) sur d’autres niveaux de gamme, mais un montage Force aurait probablement été très cohérent pour ce positionnement.
Le deuxième point concerne l’emport. Le stockage interne est une bonne chose, mais l’absence de fixations pour une sacoche vissée ou 2 points sur le top tube limite un peu la logique longue distance. Ce n’est pas rédhibitoire, mais c’est une occasion manquée.


Enfin, les roues ne sont pas mauvaises, loin de là. Mais elles sont davantage en phase avec un usage polyvalent qu’avec une recherche de performance maximale. Ceux qui veulent exploiter le cadre sur un registre plus sportif auront probablement envie de les remplacer à moyen terme.
Un futur best-seller assez évident
À 4 499 €, avec Ultegra Di2, roues carbone, cockpit carbone réglable, capteur de puissance et cadre moderne, le Canyon Endurace CF SLX 8 Di2 est très agressif sur le plan tarifaire.
Mais son intérêt ne tient pas seulement au prix. Il tient surtout à son équilibre. Canyon a réussi à produire un vélo qui reste rapide sans devenir radical, confortable sans devenir mou, polyvalent sans perdre son identité route.
Le CF sera plus logique pour les cyclistes qui cherchent avant tout du confort et une position facile. Le CFR parlera davantage à ceux qui veulent un vélo très course pour routes dégradées. Mais pour beaucoup de pratiquants, ce CF SLX est probablement le vrai cœur de la gamme Endurace.
Il n’est pas parfait, mais il tombe juste. Et dans cette catégorie, c’est souvent ce qui fait les meilleurs vélos.










11 réponses
Autre point négatif : tige de selle propriétaire. Quel intérêt versus une tige à section ronde? À part faire payer au prix fort le client qui doit remplacer sa tige de selle?
Bonjour, merci pour votre commentaire. Ici la tige de selle apporte vraiment du confort et du flex sur l’arrière du vélo, ce n’est pas négligeable.
Bonjour
Test intéressant
Que pensez vous d’une comparaison de comportement routier avec un Factor Monza ?
Le prix étant différent bien sûr
Merci
Sylvain Barel
Bonjour Sylvain, merci pour votre retour. J’ai encore du mal à bien placer le Monza. Je pense qu’il a sa place entre le Canyon CF SLX et le CFR que je teste aussi actuellement. D’ailleurs, ce dernier est vraiment bluffant !
Existe t il en electrique ?
Seulement l’ancienne génération pour le moment
Bonjour,
merci pour ce test complet !
Par rapport à la génération précédente, la position est elle vraiment similaire ou devient elle plus race sur ce slx ?
cordialement
Bonsoir Arnaud. Globalement les géométries sont assez proches mais on observe quelques différences, notamment un stack légèrement plus bas et un top tube plus long, ce qui permet une position un peu plus penchée vers l’avant. L’angle de fourche a aussi été revu, notamment pour permettre le passage de pneus plus gros.
Bonjour Hugo moi se qui me dérange ceux sont les plateaux étant habituer à du 46/30 je regrette que l’on ne puisse pas changer ces éternels développements, oui tout le monde va dire tu veux des vitesses d’asthmatique mais moi cela fait 8 ans que je roule en 46/30 cassette 11/34 sur mon vieux vélo et cela me va bien car je fais de tout du long de la montagne du Bike packing et cet le top je pense que l’on pourrait prendre en compte le cycliste moins friand de gros rapport.
le vélo est génial mais ce point est essentiel pour moi.
Bonjour Hervé, je comprends votre point. Un configurateur qui vous permettrait de choisir son braquet serait intéressant. Malheureusement aujourd’hui, sur aucun vélo de route, vous ne pourrez retrouver un tel braquet. Seuls quelques gravels équipés en double plateau vous permettraient de retrouver ce développement. Toutefois, si vous avez un mécano partenaire à proximité, le changement peut être effectué assez rapidement et facilement.
Bonjour Hugo la seule marque qui le fait est Origine merci pour votre réponse .