J’ai commencé le vélo en 2010. Autant dire que j’ai complètement loupé la grande époque des roues à bâtons type Spinergy, qui ont marqué les années 2000 avant d’être progressivement interdites en compétition sur certaines épreuves.
Pourtant, ce type de roues m’a toujours intrigué. Peut-être parce qu’elles divisent. Peut-être parce qu’elles donnent immédiatement une identité très forte à un vélo.
Je me devais donc de tester une paire de roues à bâtons pour me faire un vrai avis sur ce type de produit.
Les points forts :
- Design spectaculaire et vraiment différent
- Niveau de finition du carbone
- Bonne inertie à haute vitesse
À améliorer
- Pas très réactives dans les relances
- Moyeu très bruyant
Je vais être cash dès le début : ce ne sont pas les meilleures roues carbone du marché. La vraie question est ailleurs. Si vous aimez vraiment ce style et que vous achetez ces roues pour leur look très particulier, est-ce que ça reste malgré tout une bonne paire de roues pour rouler sérieusement ?
Les Velo Six II sont le modèle à six bâtons proposé par la marque chinoise Elitewheels, que vous connaissez probablement si vous suivez régulièrement GravelPassion. J’ai déjà testé plusieurs paires chez eux (Drive G45 et G36) et j’ai souvent été surpris par le rapport prestation / prix.
Cette fois, le terrain de jeu est différent.


Un objet presque sculptural
La première chose qui m’a littéralement scotché à la réception, c’est le niveau de finition.
Le travail du carbone est vraiment magnifique. Elite Wheels utilise ici une finition dite Glossy Raw Carbon, qui consiste simplement à appliquer un vernis transparent sur le carbone brut. Résultat : on voit directement le layup du carbone sous la surface.
Et honnêtement, en main, c’est un très bel objet.


Contrairement à beaucoup de roues modernes, il n’y a pas de fond de jante visible. On voit directement la structure carbone interne. Ce n’est pas seulement esthétique : cela simplifie aussi la configuration tubeless.
La jante propose une profondeur de 50 mm, ce qui reste un profil cohérent pour un usage route rapide, triathlon ou contre-la-montre. On est clairement sur un produit pensé pour maintenir de la vitesse plutôt que pour grimper.
Côté dimensions, la largeur interne est de 21 mm pour 28 mm en externe.


Ce choix de largeur interne reste assez classique, mais il ne permet pas d’exploiter pleinement les pneus très larges comme on le voit sur certaines roues modernes.
Personnellement, je les ai montées avec des pneus en 32 mm, ce qui fonctionne très bien. Mais on est à la limite haute pour conserver un comportement cohérent.
Au centre, on retrouve un moyeu propriétaire Elite Wheels, usiné en aluminium 7075, avec un système ratchet 50 dents offrant un angle d’engagement de 7,2°. Les roues utilisent également des roulements céramiques S&S, censés réduire les frottements.
Sur le papier, c’est très solide.
Simple à monter, mais avec du caractère
Le montage tubeless est simple et rapide.
Les valves sont fournies, l’étanchéité se fait rapidement, et les pneus claquent assez facilement. Rien de particulier à signaler de ce côté-là.
En revanche, il y a un détail qui peut clairement diviser : le bruit du corps de roue libre.
Si vous aimez les vélos silencieux, vous pouvez presque arrêter la lecture ici.
Le moyeu est bruyant. Très bruyant même. La vidéo que j’ai tournée accentue un peu le phénomène, mais dans la réalité, le bruit reste bien présent.
Personnellement, je trouve que ça colle assez bien à l’esprit exubérant de ces roues. Mais je comprends parfaitement que certains cyclistes détestent.
C’est typiquement le genre de détail qu’il vaut mieux connaître avant d’acheter.
Des roues qui aiment la vitesse
Avec six bâtons en carbone, je m’attendais à une rigidité latérale énorme.
Et finalement… Pas tant que ça.
Ces roues sont rigides, oui, mais moins impressionnantes que certaines roues à rayons carbone modernes. Par exemple, j’ai trouvé les Elite Drive plus rigides latéralement.
Le poids n’est pas non plus leur point fort. La paire est annoncée à 1605 g, ce qui reste raisonnable pour une roue à bâtons, mais on est loin des roues route haut de gamme actuelles.


Sur la route, leur comportement est assez particulier.
À basse vitesse, dans les bosses, lors des relances ou quand on roule sous les 30 km/h, elles demandent clairement plus d’inertie que des roues classiques.
En revanche, une fois lancé, c’est une autre histoire.
À 35, 40 voire 45 km/h, elles commencent réellement à montrer leur intérêt. La roue garde sa vitesse facilement, et l’effet aérodynamique devient perceptible.
C’est précisément pour cela que je pense que ces roues sont beaucoup plus pertinentes pour le triathlon ou le contre-la-montre que pour une pratique route polyvalente.
Autre point important : la prise au vent latéral.
Elle est plus marquée que sur certaines roues modernes optimisées en soufflerie. Les bâtons jouent évidemment un rôle, mais je pense aussi que la largeur interne relativement étroite (21 mm) limite la stabilité aérodynamique avec des pneus plus larges.
Ce n’est pas dangereux, mais on le ressent clairement dans certaines rafales.


Un choix plus esthétique que rationnel
Si votre objectif est d’avoir la meilleure paire de roues carbone possible, vous trouverez mieux.
Et même chez Elitewheels.
Certaines de leurs roues à rayons carbone sont plus :
- rigides,
- légères,
- réactives,
- polyvalentes.


Les Velo Six II ne cherchent pas vraiment à battre ces modèles sur la performance pure.
Elles jouent ailleurs.
Elles proposent un look très distinctif, surtout sur ce Rose Backroad FF, un comportement qui favorise la vitesse de croisière, et un tarif relativement contenu pour ce type de construction monobloc.
Et dans cette niche des roues à bâtons route, l’offre reste finalement assez limitée.
Des roues qu’on choisit avec le cœur
Soyons clairs : si vous cherchez la paire de roues la plus performante du marché, ce n’est pas celle-ci.
Il existe des roues plus légères, plus rigides et plus polyvalentes.
Mais ce n’est pas vraiment la question.




🛞 Carbone • 📏 50 mm • 🪶 1605 g
Si vous aimez les roues à bâtons, si vous cherchez un produit qui donne immédiatement du caractère à votre vélo, et si vous acceptez quelques compromis sur la polyvalence, alors ces Elitewheels Velo Six II peuvent parfaitement faire le job.
Elles roulent bien, elles sont correctement construites, et elles tiennent leur promesse principale : faire tourner les têtes quand vous passez.
Et parfois, dans le vélo, ça compte aussi un peu.
















2 réponses
Bonjour, pouvez vous me dire sur un vélo de gravel pour un coureur de niveau national catégorie master le meilleur braquet ( plateau, cassette ) actuellement j’ai un 40 devant et 10 / 42 derrière …je pense qu’il faudrait avoir un plateau plus gros pour avoir une ligne de chaine meilleure, donnés moi votre avis .
Merci les techniciens
Bonjour Christian, tout dépend du terrain de jeu mais personnellement j’opterais a minima pour un 44 voire un 46 dents. L’idéal serait toutefois de faire un montage mulet avec une plus grosse cassette à l’arrière. Personnellement je roule avec un 48 dents mais une cassette 10-46.