Depuis un mois, j’ai la chance de tester en cachette un vélo présenté ce jour par la marque monégasque Stajvelo. Si vous suivez les aventures de Gravel Passion, vous n’êtes pas sans savoir que j’ai déjà testé un gravel de cette belle entreprise l’année dernière avec le Roca.
Quelques mois après, Stajvelo m’a recontacté pour me partager un questionnaire en vue d’un prochain modèle davantage tourné allroad. Une fois les réponses compilées, Stajvelo a eu un tour d’horizon assez complet de ce que veulent vraiment les pratiquants et a pu concevoir un modèle censé répondre à la demande. Quelques mois plus tard, le vélo est enfin prêt et j’ai donc eu l’opportunité de le rouler sur plusieurs centaines de kilomètres et comme nous allons voir, dans toutes les configurations ou presque. Détails et test du Rocchetta👇.
Les points forts :
- Maniabilité et comportement nerveux
- Poids contenu et possibilité de configurations légères
- Équipements de qualité
À améliorer :
- Compatibilité cadre encore non UDH
Présentation du Stajvelo Rocchetta
Inspiré par le village italien de Rocchetta Nervina, niché derrière Vintimille, ce vélo commence par un kit cadre au poids contenu (940 grammes) et un montage complet proche des 8 kg, voire bien en dessous en fonction des équipements choisis.


Le Rocchetta est conçu pour être maniable, agile et facile à emmener sur tous les terrains ou presque. La géométrie assez classique et dans l’air du temps est un bon compromis entre sportivité et polyvalence. Sur la taille L testée, le stack est de 58,6 cm pour un reach de 39,9 cm. Toutefois, avec un empattement de 103 cm, ce Rocchetta nous rappelle bien qu’il est conçu aussi pour aller dans les chemins.


Sur le papier ce cadre reste assez simple : des tubes légèrement aéro, une tige de selle ronde et une câblerie intégrée via le système FSA.


Côté spécificités techniques, on peut déplorer que le cadre ne soit pas encore compatible UDH mais l’équipe de Stajvelo m’a confirmé que cela devrait être le cas d’ici quelques mois. Le pédalier est un pressfit et le vélo est aussi bien compatible pour les transmissions mono que double plateau. Il peut facilement être équipé de pneus allant jusqu’à 42 mm.


Enfin, on peut remarquer deux points de fixation sur le top tube et deux autres situés sous le tube diagonal en plus des classiques inserts pour porte bidon.


Dernier détail et pas des moindres qui a dû vous sauter aux yeux en voyant les premières photos de ce vélo : la peinture. Cette dernière est réalisée à la main près de Nice par un artisan peintre chez qui Stajvelo envoie chaque cadre. Le design a été créé par l’artiste Nicolas Bianco qui a souhaité un design tendance et qui met en valeur les matières. Vous aurez le choix entre 12 dégradés à l’instar de la version standard que j’ai pu tester.


Finitions et montage
Quand j’ai réceptionné ce vélo, je n’étais ni au courant du design ni du coloris que j’allais recevoir. Très bien protégé, Je voyais le motif au fur et à mesure que j’enlevais le papier bulle, laissant apparaître ce magnifique dégradé que je trouve personnellement très réussi. La peinture est bien homogène et laisse entrevoir les feuilles de carbone sous les parties noires, ce qui est du plus bel effet. Sur ce modèle de test, on peut toutefois remarquer quelques impacts après 600 km dans les chemins.
Côté montage, la marque monégasque a fait des choix osés en équipant par exemple mon modèle de test d’une transmission Shimano Ultegra DI2. Si sur le papier certains crieront que ce groupe n’est en aucun cas adapté pour le gravel, il est toujours bon de rappeler qu’en 2018 je roulais le fameux Canyon Grail 1ère génération, équipé lui aussi d’un groupe Ultegra 11 vitesses à l’époque. Aucune transmission gravel n’existait encore sur le marché.


Les groupes route n’ont pas à rougir en termes de résistance face aux groupes gravel. D’ailleurs vous seriez étonné de savoir que des athlètes comme Mathieu Van Der Poel utilisent des transmissions Dura Ace lors des manches de coupe du monde de cyclocross malgré des conditions très difficiles entre humidité, boue, sable… Les groupes gravel ont avant tout été créés afin de proposer des braquets plus adaptés à la discipline.
Pour une pratique très engagée : oui aux groupes gravel (voire VTT), mais pour un usage allroad, je trouve cela plus pertinent d’opter pour une transmission route, notamment en termes de braquets.


Avec une cassette 11-30 et des plateaux en 52-36, de manière assez étonnante, j’ai trouvé ce braquet particulièrement adapté à mon terrain de jeu.
Pratiquant du gravel assez roulant ici en Vendée, le 52 s’emmène assez facilement dès lors que l’on est entraîné. Il permet aussi de ne pas se sentir perdu dès que l’on repasse sur du bitume et on conserve donc nos repères en termes de braquets.
L’idéal serait peut-être une cassette en 11-34 pour ajouter un poil plus de polyvalence et éviter de descendre le petit plateau sur certains coups de cul gravel, chose possible lors de la configuration de votre Rocchetta. Si vous préférez un 50-34, il sera aussi possible d’opter pour ce choix lors du montage.


Concernant les roues, Stajvelo a fait confiance à Vision avec son modèle SC45 en 45 mm comme son nom l’indique. Des roues moyen de gamme mais qui s’en tirent bien : ni trop rigides, ni trop souples, ni trop lourdes, ni trop légères (1600g la paire). Bref, une bonne première monte que l’on pourra faire évoluer en fonction de nos besoins et envies.
Elles sont équipées ici pour le test des très bons pneus Hutchinson Caracal en 40 mm. Ce montage typé Race offre un excellent rendement même si le modèle commercialisé est proposé avec une monte en 35 mm sur cette version typée route / allroad.


Si vous souhaitez absolument une transmission gravel, ce vélo est aussi proposé avec un groupe Shimano GRX et un montage davantage gravel que Allroad (pneus en 40 mm).
Côté poste de pilotage, la potence FSA SMR couplée au cintre FSA Adventure AGX permet une intégration parfaite de la câblerie tout en optimisant les réglages du cintre.


Même si je suis un adepte des combos monobloc rien que pour le style (pas pour les réglages, bien entendu 🙄), je dois vous avouer que j’ai apprécié cet ensemble qui permet facilement d’ajouter un compteur GPS, des prolongateurs ou tout type d’accessoires tout en maximisant les possibilités de réglages.
Reste le ruban de cintre que j’ai trouvé trop fin et qui n’absorbe pas assez les chocs sur les chemins.


Enfin, on retrouve une selle 3D signée Stajvelo que j’ai trouvée particulièrement confortable, notamment en comparaison avec la Specialized Power Mirror que je possède sur un autre vélo. Une belle surprise !


Ainsi, j’ai pu peser le vélo à 8 kg tout rond sans pédales ni porte bidon. Un poids plus qu’intéressant pour un vélo allroad. Sans compter que si vous décidez de le monter avec des composants (encore) plus premium comme une transmission Shimano Dura Ace et des roues plus légères, il sera possible de descendre assez facilement sous les 7,5 kg.


Sur le terrain
Dès réception du vélo, j’ai effectué ma boucle test d’environ 40 km qui allie de nombreux chemins en gravier, chemins blancs, voies vertes et routes dégradées. Rapidement j’ai été surpris par le comportement nerveux du cadre qui s’avère très facile à rouler.
La rigidité, principalement située au niveau du boîtier de pédalier, couplée à son poids contenu, rend ce vélo joueur. L’avant est extrêmement maniable et permet de traverser avec aisance les passages un peu plus techniques ou même tout simplement les petites barrières que l’on retrouve fréquemment sur les voies vertes.


Contrairement au Stajvelo Roca, ici pas de toe overlap. Les demi-tours se font en confiance, et cette agilité est vraiment très plaisante au fil des sorties.


Je suis d’ailleurs rentré de cette sortie avec un ratio watts moyens / vitesse moyenne largement supérieur à mes sorties habituelles sur la même trace. Sur toutes mes sorties gravel (70% chemins – 30% route) avec ce vélo, j’ai tourné entre 25 et 28 de moyenne pour à chaque fois moins de 200 watts normalisés (Z1-Z2).
Rapidement, j’ai compris le potentiel de ce vélo sur ce type de pratique. J’ai donc voulu aller plus loin et j’ai essayé l’ensemble avec différentes tailles de pneumatiques.


Tout d’abord, en 32 mm avec les pneus Specialized Pathfinder, le rendement était excellent. Mais le pneu a montré quelques signes de faiblesse (multiples crevaisons latérales) dans des chemins plus cassants.


Finalement, j’ai trouvé mon bonheur avec des pneus en 35 mm (Schwalbe G-One RS Pro) qui permettent de gagner un petit peu en vitesse sur les chemins roulants tout en permettant de passer sur 80 % des chemins vendéens sans être trop bridé sur le bitume.
Enfin, j’ai aussi réalisé une sortie de 145 km en mode route avec des pneus (Continental GP5000 S TR) de 28 mm.


« Si le cadre n’est pas aussi aéro que certains vélos World Tour, il se débrouille à la perfection et j’ai seulement commencé à atteindre ses limites sur des sprints très intenses au-delà des 1200 watts.«
Enfin, malgré ces nombreuses heures de selle, le vélo se montre très confortable dès lors que l’on fait le choix de conserver une position qui correspond au style de nos sorties !
[Update] J'ai fait une course avec !
Ceux qui me suivent sur Strava l’ont peut-être remarqué, depuis deux ans j’ai repris les courses de vélo sur route.
Et ce jeudi 1er mai, j’ai eu la chance de participer à une épreuve un peu unique dans son genre : seulement 75 km au programme, mais 20 km sur des chemins blancs en plein cœur des marais vendéens !
Sur cette course il m’a donc fallu adapter le matériel. Je suis parti avec ce Stajvelo Rocchetta, pour son côté maniable et son poids contenu.


Je l’ai équipé des roues Elite Wheels avec rayon carbone et roulements céramiques. Chaussées de pneus Continental GP5000 S TR en 30 mm, gonflés à 3,5 bars à l’avant et 3,8 bars à l’arrière.
Il fallait au moins ça pour affronter à plus de 46 km/h de moyenne ces chemins. 🥵


Le matériel a parfaitement tenu et je n’ai subi aucune crevaison ! Résultat ? On s’isole rapidement à 7 et je décide de partir en solo à 12 km de l’arrivée pour aller chercher la victoire 🏆.
Preuve qu’un vélo versatile, ça existe !
Mon avis sur ce Stajvelo Rocchetta
Si sur le papier ce cadre paraît simple, sans artifice et sans innovation technologique majeure, son comportement m’a toutefois bluffé. Cela faisait longtemps que j’avais pris autant de plaisir avec un gravel / allroad. Et c’est personnellement un vélo qui correspond à ma pratique actuelle du gravel. C’est-à-dire des chemins relativement propres, roulants, et sur lesquels je n’hésite pas à appuyer fort sur les pédales. Je l’ai même trouvé plus réactif que les derniers gravel race testés comme le Rose Backroad ou le Canyon Grail. Mais surtout plus maniable et joueur.
Attention, je ne dis pas qu’il est meilleur, je le trouve juste parfaitement adapté à cette pratique naissante du allroad.


Si vous aimez rouler fort, et que vous recherchez un gravel pour alterner entre la facilité des sections sur bitume et des chemins alors ce vélo pourrait bien vous convenir. Sans oublier qu’il reste plutôt bien équipé avec ses quatre points de fixation supplémentaires et que son confort est bien supérieur à certains gravel trop racés que j’ai pu tester.
Certes, son dégagement de 42 mm pourrait limiter certaines pratiques, mais si cela peut vous rassurer, le Rocchetta a été testé lors du ROC d’Azur 2024 et s’en est sorti avec brio.
Et le prix ?
Mais Stajvelo le sait bien : la marque monégasque n’a pas encore la notoriété d’une grande firme comme Cannondale, Specialized ou Trek. Elle ne s’est donc pas amusée à proposer un vélo à des tarifs élevés comme ces dernières peuvent se permettre de le faire.
Ici, ce modèle est proposé à moins de 6 000 euros, avec une configuration haut de gamme et une peinture personnalisable.
Et vous commencez à me connaître : dès que j’apprécie fortement un produit, j’essaye toujours de négocier auprès de la marque une remise pour vous en faire bénéficier. Ici, j’ai réussi ma mission et avec le code GP5, vous pouvez bénéficier d’une remise de 5% sur l’achat de ce Rocchetta, que ce soit directement via le site internet de la marque ou les contactant !
C’est le type de surprise qui fait plaisir quand on teste régulièrement des vélos. À l’approche de la réception de ce modèle, je n’attendais rien et j’en ressors avec la banane et la folle envie de réaliser encore plusieurs centaines de kilomètres à son guidon.
Bien entendu, ce ressenti reste très subjectif et il est à mettre en corrélation avec le terrain de jeu auquel je fais face.





















2 réponses
Excellent essai, comme d’hab, il est vrai que je l’ai lu avec d’autant plus d’attention qu’il correspond à ma pratique, gravel/allroad… 👍
Merci beaucoup Loïc !