Test Origine Graxx GTR : on l’a transformé en gravel race !

Il y a quelques mois, Origine m’a proposé un projet assez simple, mais très intéressant éditorialement : partir du très connu Graxx et le configurer dans une version orientée race, avec un objectif concret derrière, un 200 km gravel.

Le sujet m’a tout de suite parlé. D’abord parce que le Graxx est un vélo que je connais bien. Ensuite parce qu’il a toujours eu cette particularité assez rare : derrière une silhouette de gravel polyvalent, il peut prendre des orientations très différentes selon le montage choisi.

🕊️ Avant-propos : 

Avant d’entrer dans le sujet de ce vélo, difficile de ne pas avoir une pensée pour Stéphane, disparu lors de cette édition du Nature is Bike.

Cet article était prévu avant l’épreuve. L’idée était de revenir sur le montage Origine Graxx que j’ai utilisé sur le 200 km, dans une configuration très orientée performance. Mais forcément, les mots n’ont plus tout à fait la même portée aujourd’hui.

Stéphane aimait profondément le gravel, les vélos, le matériel et ces longues discussions de passionnés autour d’un montage, d’un choix de pneus ou d’une sensation sur le terrain. D’une certaine manière, continuer à parler de vélo avec exigence et sincérité, c’est aussi lui rendre hommage.

Cet article lui est dédié.

Notre avis (en bref) sur 👇
2023
✔︎ EN STOCK
GP - Graxx GTR M7 AXS
Origine Graxx GTR
⭐️ 4.6/5
« Un Graxx GTR transformé en gravel race très crédible ! »
Plage de prix : 3730€ à 8033€
VOIR L'OFFRE →

Les points forts :

À améliorer

Chez Origine, ce n’est pas forcément la gamme la plus spectaculaire du marché. Peu de cadres, des déclinaisons relativement lisibles, un configurateur en ligne très poussé. Mais dans les faits, c’est précisément ce qui rend l’approche pertinente : le cadre sert de base, le montage fait le caractère.

Jusqu’ici, Origine était rarement associé à l’image purement compétition. Les choses ont commencé à bouger avec l’Origine Racing Team (VTT – équipe UCI Pro) en 2025, puis avec la première victoire de l’équipe Team Nice Métropole Côte d’Azur sur une course professionnelle sur route en 2026. Cette configuration Graxx Race arrive donc dans un moment où la marque nordiste assume davantage cette lecture performance.

Nous avions déjà détaillé les évolutions du Origine Graxx III lors de son test. Ici, l’idée est différente : voir jusqu’où on peut pousser ce châssis dans une configuration rapide, légère et cohérente pour rouler fort, longtemps.

Une base Graxx GTR, la fibre la plus dynamique de la gamme

Le vélo testé repose sur un Origine Graxx GTR, soit la version la plus dynamique de la gamme gravel Origine. Le cadre est annoncé à 944 g, avec une construction carbone UHM, un boîtier BSA 68 mm, un routage interne et une compatibilité officielle jusqu’à 700 x 45 mm ou 650 x 47 mm.

Le Graxx GTR ne cherche pas à devenir un gravel aéro extrême, ni un vélo d’aventure bardé de solutions de stockage. C’est plutôt un châssis léger, filtrant, suffisamment nerveux, qui laisse beaucoup de place au choix des périphériques.

C’est exactement ce qui m’intéressait ici. Plutôt que de juger le Graxx comme un gravel polyvalent de plus, cette configuration permettait de voir s’il pouvait réellement tenir son rang face aux gravel race modernes.

SRAM RED XPLR 13 vitesses : le bon compromis, mais pas le choix facile

La transmission retenue est une SRAM RED XPLR 13 vitesses, avec une cassette 10-46 et un monoplateau de 44 dents. C’est un montage haut de gamme, évidemment, mais surtout très cohérent pour une pratique gravel rapide.

Je suis un grand adepte du monoplateau en gravel. Mais quand on commence à parler performance, le choix de la denture devient vite cornélien. Trop petit, on mouline sur la route et les faux plats descendants. Trop gros, on finit par se faire piéger dans les murs courts, raides, souvent cachés au milieu d’un parcours qui semblait roulant.

Sur ce 200 km, le 44 dents m’a légèrement limité dans les portions très rapides, notamment sur route ou sur les faux plats descendants. Mais il m’a aussi permis de passer les coups de cul les plus pentus sans poser pied à terre. Et c’est exactement ça, le gravel : un compromis permanent entre rendement, braquet, sécurité et lucidité après plusieurs heures d’effort.

Des Prymahl Vega C45X qui collent parfaitement à l’ADN du cadre

Côté roues, le vélo était monté avec les Prymahl Vega C45X, que j’avais déjà eu l’occasion de rouler quelques mois auparavant. Ce sont des roues avec une belle hauteur de jante, des rayons carbone, un poids contenu et un comportement sain.

Elles correspondent très bien à l’ADN de ce Graxx GTR. Elles renforcent le côté rapide du vélo sans le rendre brutal. Sur un gravel race, c’est une nuance importante : on cherche de la tenue, de la vitesse, de la précision, mais pas un ensemble qui vous renvoie chaque vibration dans les lombaires au bout de quatre heures.

Les pneus montés étaient des Hutchinson Touareg en 45 mm. Dommage, je n’ai pas pu essayer ici la nouvelle version Touareg Race, qui aurait probablement mieux collé à l’objectif rendement. Mais les Touareg classiques restent une valeur sûre : pas les plus rapides sur les portions très roulantes, mais suffisamment polyvalents pour partir en confiance.

Pourquoi je ne descendrais pas sous 45 mm en gravel rapide

La section de 45 mm était suffisante pour le parcours, et elle correspond au dégagement officiel du cadre en 700c. Dans les faits, il restait encore un peu de marge visuelle, mais Origine annonce 700 x 45 mm : c’est donc cette limite qu’il faut retenir, avec les précautions habituelles selon la largeur réelle du pneu, la jante et la pression.

Je ne serais pas parti avec plus étroit. Même sur un parcours roulant, il y avait des portions sableuses et des passages où la largeur apporte une vraie sécurité. Aujourd’hui, pour rouler vite en gravel, je considère que 45 mm devient presque un minimum.

Ce n’est pas seulement une question de confort. Quand on roule dans la roue, parfois à l’aveugle, le moindre trou ou piège de trajectoire peut coûter cher. Une section plus large gomme mieux les défauts, stabilise le vélo et permet de garder de la vitesse sans rouler crispé.

Le nouveau combo Prymahl PR01 donne une vraie lecture route au vélo

Autre nouveauté intéressante sur ce montage : le cockpit Prymahl PR01. C’est un modèle plutôt pensé pour la route, avec un drop de 125 mm, un reach de 75 mm, une inclinaison équivalente à -10° et un poids de 320 g.

Sur un gravel d’aventure, ce ne serait pas forcément mon premier choix. Mais sur un gravel race, il a beaucoup de sens. On retrouve une position naturelle, proche de celle d’un vélo de route, avec des mains en bas faciles à tenir et une largeur contenue.

Le modèle monté ici était en 40 cm. Cela correspond bien à ma manière de rouler en gravel, avec des cintres relativement étroits. Pour une pratique race, c’est cohérent : on gagne en compacité, en position, en sensation de pilotage direct. Les pratiquants qui viennent de la route s’y retrouveront immédiatement.

La tige de selle Prymahl Adapt apporte aussi quelque chose. Elle est annoncée à 190 g, avec un chariot réversible permettant une plage de recul très large, de -30 mm à +10 mm par rapport à l’axe du tube de selle.

Au-delà du réglage, j’ai surtout retenu sa filtration. L’arrière du vélo s’est montré confortable, même avec des composants globalement orientés performance. Sur une sortie de 200 km, ce genre de détail n’est pas secondaire : c’est souvent ce qui permet de rester propre dans le geste quand la fatigue commence à peser.

Taille M, poste bas et position très engagée

Le vélo mis à disposition était en taille M. Dans les faits, une taille L m’aurait peut-être offert un peu plus de confort au niveau des épaules, notamment grâce à un top tube plus long. Le stack de la taille M me convenait, mais le poste était coupé très bas, avec une position vraiment agressive.

Visuellement, j’aime ce type de montage. Et sur le terrain, j’ai pu tenir cette position pendant les 8 heures d’effort. Mais il faut être clair : ce n’est pas une configuration neutre.

Avec une potence de 100 mm, le vélo restait légèrement court pour moi. Pour une pratique très compétitive, si vous êtes entre deux tailles, il peut malgré tout être intéressant d’opter pour la taille inférieure afin de conserver un vélo plus maniable et un poste plus bas. Mais ce choix doit être assumé, surtout si vous avez besoin d’ouverture au niveau du haut du corps.

Moins de 7,5 kg : le chiffre qui change vraiment le comportement

Dans cette configuration, le vélo est annoncé à moins de 7,5 kg. Pour un gravel race, c’est franchement impressionnant. Peu de marques arrivent à proposer un vélo aussi léger, même avec des montages très haut de gamme.

Et contrairement à ce qu’on entend parfois, le poids se ressent. Pas uniquement dans les bosses. Il se ressent dans les relances, dans la facilité à remettre de la vitesse, dans cette impression que le vélo ne s’oppose jamais à l’effort.

À 9 000 €, cette configuration reste évidemment un très gros budget. Mais dans le contexte actuel du haut de gamme, elle est aussi moins délirante que beaucoup de vélos concurrents. 

L’intérêt du configurateur Origine, c’est qu’il permet aussi de redescendre fortement la facture. En remplaçant le SRAM RED par du Force, et les C45X par des C45 Pro, on peut passer sous les 7 000 € tout en restant sous les 8 kg. Et là, le rapport composants / poids / prix devient vraiment intéressant sur le marché.

Sur 200 km, un vélo rapide mais pas difficile

Sur le terrain, ce Graxx Race s’est comporté de très belle manière. Ce qui m’a le plus marqué, ce n’est pas seulement sa vitesse. C’est son équilibre.

Le cadre n’est pas excessivement rigide. Et pour moi, c’est une qualité sur un gravel longue distance. On n’est pas sur une course route de deux heures autour d’un clocher, où l’on cherche uniquement un boîtier de pédalier ultra verrouillé et des relances sèches.

En gravel, surtout sur plusieurs heures, je préfère un vélo un peu moins brutal, mais capable de filtrer, de rester stable et de préserver le pilote. Ici, le cadre est largement assez réactif pour le terrain, et les roues ou le cockpit permettent déjà de renforcer la sensation de rigidité.

Le Graxx GTR m’a semblé confortable, malgré les composants rigides. La fibre GTR reste permissive, un peu dans l’esprit de ce que j’avais pu ressentir sur l’Axxome côté route : un vélo qui avance, mais qui ne vous détruit pas.

Dans les parties plus techniques ou les singles, j’ai aussi apprécié sa maniabilité. La direction est fluide, l’empattement contenu en taille M aide à placer le vélo, et les bases de 430 mm donnent une bonne réactivité. Ce n’est pas un VTT déguisé, mais pour un gravel orienté performance, il reste très agréable dès que le chemin devient moins lisse.

28 km/h de moyenne, mais attention aux conclusions faciles

Sur ce 200 km, j’ai terminé à 28 km/h de moyenne, dans des conditions loin d’être idéales puisque le Maine-et-Loire traversait la première canicule de la saison. Les deux premières heures ont été menées tambour battant, et le vélo a clairement permis de maintenir des vitesses de croisière élevées sur les portions roulantes.

Un mois auparavant, j’avais bouclé un autre 200 km gravel, avec un dénivelé assez comparable, à environ 25 km/h de moyenne pour 210 watts avec mon Propain Terrel. Ici, j’ai roulé avec 10 watts de plus, mais aussi 3 km/h de moyenne supplémentaires malgré la chaleur.

Est-ce que tout vient du vélo ? Non, évidemment. Les parcours, les groupes, les conditions et l’état de forme ne permettent pas une comparaison scientifique. Mais ce que je peux dire, c’est que cette configuration Graxx GTR donne une véritable sensation de facilité à haute vitesse. Et sur un 200 km, cette facilité finit par compter.

Ce qui manque encore au Graxx pour viser la perfection

Mon principal regret concerne le stockage. Sur cette configuration, j’aurais aimé un rangement interne, ou au minimum des inserts pour fixer proprement une sacoche top tube.

C’est d’autant plus visible sur un vélo pensé pour rouler vite longtemps. Sur 200 km, on veut emporter de quoi s’alimenter, réparer, gérer la chaleur, sans forcément ajouter une sacoche qui bouge ou qui casse la ligne du vélo.

Le Graxx dispose bien de trois emplacements porte-bidons et de fixations sous le tube diagonal. Mais dans une lecture race moderne, l’absence de rangement interne et d’inserts sur le top tube se remarque. À mes yeux, c’est le vrai point qui l’empêche de cocher toutes les cases.

Une configuration qui résume très bien la force d’Origine

On va finir par croire qu’on encense constamment la marque nordiste. Mais dans les faits, Origine fait partie des rares marques capables de proposer des vélos très cohérents pour beaucoup de cyclistes avec peu de plateformes, plusieurs layups et une vraie personnalisation.

Ce Graxx GTR Race n’est ni trop mou, ni trop raide, ni trop exclusif, ni trop sage. Il accepte une lecture sportive sans perdre ce qui fait l’intérêt du Graxx : son confort, sa facilité et sa capacité à s’adapter à l’usage.

Origine Graxx GTR
⭐️ 4.6/5
« Un Graxx GTR transformé en gravel race très crédible ! »
Plage de prix : 3730€ à 8033€

Les cyclistes aux attentes très extrêmes chercheront peut-être ailleurs : plus d’aéro, plus de stockage, plus de dégagement, ou une géométrie encore plus radicale. Mais pour une grande majorité des pratiquants qui veulent un gravel rapide, léger, confortable et vraiment configurable, cette base est redoutablement pertinente.

Ce montage prouve surtout une chose : le Graxx n’est pas seulement un bon gravel polyvalent. Bien configuré, c’est aussi un vrai gravel race longue distance.

Vous avez apprécié ce contenu ?
4.8/5 - 19 ♥️
Ce qu'en pensent nos lecteurs (4 commentaires)
💬 Lire ou réagir →
Ce contenu vous a aidé ?

Faites-le découvrir à d’autres cyclistes !

Hugo
HugoFondateur & testeur passionné
Véritable passionné de vélo depuis qu'il a 11 ans, Hugo est l'auteur du livre "C'est Gravel" et du média Gravel Passion qu'il a fondé en 2021. Depuis, il transmet avec expertise, sa passion à plus de 2 millions de cyclistes chaque année.
Soyez les premiers informés

Suivez Gravelpassion.fr et ne ratez aucune info vélo !

L'essentiel chaque samedi

L’actu des 7 derniers jours, directement par email.

Poursuivez votre lecture 100% vélo

Test Deuter Rogla 5 : très stable, pratique, mais pas sans compromis

Test Canyon Endurace CFR : l’endurance version course, sans le côté brutal

Zipp 454 NSW : des roues carbone d’exception

Test Hutchinson Touareg Race : un pneu gravel rapide, précis et très facile à monter

Test Q36.5 femme : cuissard, jersey et Base Layer

Lokki : mon avis sur cette plateforme qui simplifie la location de vélo

Les meilleurs codes promos en juillet 2026

Strava

🤑 -20%
🏷️ Code GP20
🟢 Actif

Rouvy

🤑 1 mois offert
🏷️ Code GRAVELPASSION
🟢 Actif

Elite Wheels

🤑 -15%
🏷️ Code GP15
🟢 Actif

4 réponses

  1. Test très précis ! Bravo
    C’est malin ! J’ai envie de changer de vélo !! Franchement, le seul « détail » qui m’a fait pencher pour un autre cadre et en plus au profit d’un passage de pneu plus restreint, c’est le stockage cadre. C’est quand même hyper pratique, plus d’oubli, et surtout des poches vides qui donne l’impression d’être léger. Il ne manque que ça sur ce vélo mais est-ce que l’ADN du cadre dont parle tous processeurs d’un origine va changer avec la modification du cadre…à suivre dans le prochain test de Gravelpassion.fr car forcément origine va suivre cette tendance avec un stockage cadre.

  2. Je suis à 45min de route de Origine et ils organisent régulièrement des visites…je vais être « obligé » d’aller voir. J’avais recolté plus ou moins la même info sur le salon velofolies…mais pour quand ce stockage.

  3. J’ai un Graxx GTR et j’en suis super content, c’est vraiment ça; rigide mais pas trop, confortable avec un excellent rendement et à mon sens plus gratifiant à emmener que le GTO que j’avais essayé aussi avant achat.
    Pour le stockage, j’utilise l’emplacement du 3ème porte bidon pour tout le matériel de réparation. Quand je fais du long sans ravitaillement par contre pas le choix, il faut revenir à la bonne vieille sacoche, mais le plus souvent 2 bidons d’un litre suffisent.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée.

Rejoignez la Tribu Gravel !

1re communauté WhatsApp 🇫🇷 | 10k+ membres

✔︎ En validant ce formulaire, vous acceptez de recevoir nos e-mails. Désinscription en 1 clic.

⭐️ 4.6/5
« Un Graxx GTR transformé en gravel race très crédible ! »

🍪 Nous utilisons des cookies afin de vous accompagner pendant votre visite (mais aussi pour éviter toute fringale !)